L'Avenir Agricole et Rural 21 juillet 2016 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

L’ehrlichiose bovine : une maladie transmise par les tiques

L’ehrlichiose a été progressivement mise en évidence dans de nombreux départements de France dont le département de la Haute-Marne. Maladie transmise par les tiques, sa gestion nécessite une connaissance approfondie et une approche raisonnée.

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Un signe caractéristique de la maladie, l’oedème des paturons, peut se manifester dans certains cas.
Un signe caractéristique de la maladie, l’oedème des paturons, peut se manifester dans certains cas. - © GDS

Une maladie bactérienne transmise par des tiques

Encore inconnue en France il y a une dizaine d’années, l’ehrlichiose bovine est responsable d’un syndrome grippal, ainsi que de chutes de production laitière et d’avortements chez les bovins atteints. La maladie est également diagnostiquée chez l’homme chez qui elle porte le nom d’anaplasmose humaine. Elle se traduit chez lui par un «syndrome grippal estival».

L’ehrlichiose bovine est une maladie bactérienne. Normalement, le portage est asymptomatique.

Mais si les animaux sont contaminés pour leur première fois, à une période plus «sensible» ou «fragile» de leur vie, les effets sont conséquents ; fièvre, chute de lactation et pneumonie en sont les principales manifestations. Sur quelques animaux, il peut aussi être observé de gros paturons entraînant une démarche ébrieuse.

Cependant, ce signe caractéristique de la maladie ne se manifeste que rarement. Elle porte également le nom de «fièvre des pâturages» puisqu’elle se traduit par une forte fièvre d’allure contagieuse, souvent associée à un «syndrome grippal» de l’été sur des animaux en pâture.

Des modifications des écosystèmes comme révélateur

C’est une maladie de modification- des écosystèmes (achats, recompositions, introductions d’animaux non-protégés dans des biotopes-réservoirs). Ainsi, la présence antérieure dans le troupeau d’autres maladies liées aux tiques (piroplasmose, fièvre Q…) permet de suspecter la présence d’ehrlichiose. Ses périodes d’observation sont en rapport avec la biologie des tiques : d’avril à septembre. L’inoculation de la bactérie se fait plus de 24 heures après la morsure et la durée d’incubation est de l’ordre de 48 à 72 heures. La maladie évolue en cinq à dix jours. Elle peut rester présente durant quatre ans en fonction de la conduite du troupeau et de la virulence de la souche infectante. On peut constater des rechutes au sein d’un même foyer d’une année sur l’autre. Toutefois, il existe une immunité de prémunition par primo-infection. Les génisses seraient moins sensibles que les vaches adultes, tout comme c’est le cas pour la piroplasmose.

Des symptômes variables

La maladie se manifeste le plus souvent initialement par une forte baisse de la production laitière, voire une agalaxie complète, d’où son identification plus facile et courante en élevage laitier qu’en élevage allaitant.

Une fièvre généralement supérieure à 40°C est observable sur plusieurs individus du troupeau donnant une allure «pseudocontagieuse» à la maladie. Les animaux perdent progressivement l’appétit, leur état général se dégrade. Une toux sèche puis grasse accompagnée de difficultés respiratoires se manifeste (syndrome grippal estival). Des avortements d’allure «pseudocontagieuse» peuvent être observés.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 22 juillet 2016.

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