L'Avenir Agricole et Rural 15 septembre 2016 à 08h00 | Par Didier PETIT

L’atelier laitier

Ce type d’activité qui associe le végétal et l’animal (l’un valorisant l’autre) génère de la complexité qui multiplie les facteurs de risque. Les leviers assurantiels sont quasi inexistants et l’épargne peu réaliste surtout en période de fort investissement (sauf à considérer que le stock animal notamment en viande est une forme d’épargne). La réponse renvoie donc à l’efficacité économique de l’atelier mais aussi aux possibilités de diversifier les sources de revenus en ajoutant de la valeur ajoutée.

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En 2015, les différents assureurs ont expérimenté des assurances contre la sécheresse sur prairies.
En 2015, les différents assureurs ont expérimenté des assurances contre la sécheresse sur prairies. - © Reussir

L’anticipation du risque : c’est au moment de l’étude du projet d’investissement que cela doit être fait

En production laitière, (mais c’est aussi le cas des productions animales en général) la marge de sécurité économique est beaucoup plus faible que dans les productions céréalières. L’analyse du risque se complexifie du fait d’investissements très lourds consentis et des spécificités liées aux cycles de production animaux. Cela s’aggrave lorsque les investissements concernent des mises aux normes non productives dont le seul but économique est de conserver le droit d’exercer son activité.

 

Reprenons le cas de l’éleveur qui subit -sur un prix moyen de 330/1 000 1 de lait- une baisse de prix de 30 cts/ Litre- qui représente 10 % de son produit moyen sur plusieurs années. Cette baisse est « faible » par rapport à l’année 2014 qui a vu des prix du lait élevé et la différence perçue par un exploitant sera donc une baisse comprise entre 20 à 25 % entre 2014 et 2015. Dès lors, si l’on compare sur deux années successives, on est dans la zone sensible ou la gravité du risque devient importante. Si on ajoute à cela une fréquence rapprochée entre deux baisses sensibles, on doit accepter de prendre en compte cet aléa comme important (rappelons-nous de 2009 qui était déjà une année de faible prix,).

 

L’assurantiel et l’épargne : des limites liées à la rentabilité des activités d’élevage

Il n’existe pas de système assurantiel pour les aléas économiques liés aux fluctuations des marchés pour l’élevage En 2015, les différents assureurs ont expérimenté des assurances contre la sécheresse sur prairies. Il faudrait donc qu’elles viennent compléter l’assurance récolte pour le maïs ensilage.

En conclusion, la réponse par l’assurance reste à confirmer pour l’élevage sur les aléas climatiques.

Envisager l’épargne de précaution, mais avec de telles pertes économiques (plus de 100 000 en deux ans), on ne peut pas compter sur ce seul levier. Rare, sont les exploitants qui -de surcroît en période d’investissement ont une capacité d’épargne permettant de couvrir des pertes aussi élevées.

La limitation du risque : une solution complexe à mettre en œuvre pour assurer la robustesse du système

Il faut donc s’attaquer aux moyens de limiter les effets (limitation du risque). Ça passe par une analyse du système d’exploitation et des mesures progressives d’adaptation. Pour cela, les éleveurs n’échapperont pas à l’évaluation des coûts de production. Par ailleurs, parmi les adaptations, il en est une qui a été mise en œuvre par beaucoup d’éleveur, c’est l’augmentation de la production permise par la fin des quotas. Aussi paradoxal que cela paraisse, il semble bien que c’est la réponse la plus pertinente apportée en 2015 par les éleveurs. Toutefois, pour que l’opération soit efficace au plan économique, il faut suivre de très près le fonctionnement de son troupeau.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 16 septembre 2016.

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