L'Avenir Agricole et Rural 23 juillet 2020 à 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

L’art de cultiver des anciennes variétés

Rencontre avec Antoine Marmorat, un maraîcher qui a commencé son activité depuis quelques mois à Villemervry au Sud d’Auberive. Tourné vers l’agriculture biologique, le jeune exploitant regorge d’idées, mais se donne le temps de les mettre en place.

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Antoine Marmarat expérimente plusieurs méthodes pour en retenir les meilleures.
Antoine Marmarat expérimente plusieurs méthodes pour en retenir les meilleures. - © T MORILLON

Originaire de Chassigny, Antoine Marmorat a toujours été attiré par la nature. « Je me posais pleins de questions sur l’écologie, sur l’environnement. Je m’intéressais aux modes de vie alternatifs, comment réussir à devenir auto-suffisant. De fil en aiguille je me suis intéressé aux plantes et ça m’est apparu comme une évidence de me lancer dans cette voie » explique le jeune homme dont la réflexion se base sur l’autonomie et la satisfaction de « nourrir les gens avec des produits sains et qui respectent la Terre ».

 

Phase d’observation des plantes

Après l’obtention de son Brevet Professionnel Responsable d’entreprise agricole en agrobiologie à Château-Chinon dans la Nièvre, Antoine Marmorat repère un lieu qui lui plaît, à Villemervry. Installé en avril dernier, il dispose d’un ancien pré de 6 000 m² et d’une deuxième parcelle de 1,5 ha. Pour sa première saison, il fait essentiellement des essais. « La terre n’a jamais été cultivée, je n’ai mis ni amendement, ni fumure. Je me suis installé à la dernière minute, normalement il faut préparer le terrain dès l’hiver, mais cette année c’est un entrainement. Je n’ai que deux ou trois ans d’expérience au contact de l’agriculture, j’ai tout à apprendre ».

Un travail du sol était nécessaire : griffage et passage du motoculteur à certains endroits. Antoine mise beaucoup sur son paillage. Composé de paille et de fourrage, il permet de nourrir la terre (apport de matières organiques : carbone, azote…), de protéger le sol, d’éviter la pousse des adventices et de limiter l’évaporation de l’eau. « Ce qui est important c’est que le sol ne soit pas nu car le soleil tue la vie bactérienne de la terre, alors que ces micro-organismes sont des fertilisants ». Pour l’engrais, Antoine expérimente plusieurs sortes de purins : à base de consoude, d’ortie ou de prèle. En stimulant les défenses immunitaires des plantes, les purins favorisent la lutte contre les champignons, notamment le mildiou. Mais cette année l’exploitant ne décèle pas de dégâts sanitaires importants.

Plus d’une dizaine
de variétés
Certains légumes ont été implantés en semis direct. «  Ça permet de gagner du temps, sinon il faut les mettre en godet, les repiquer, les rempoter, les mettre en terre » explique le maraîcher. Les légumes sont cultivés en plein champ. On trouve des fèves, de la roquette, des courgettes, des concombres, des poivrons, des piments… mais surtout beaucoup de tomates : une bonne dizaine de variétés sur plus de 500 pieds. Ce sont uniquement des anciennes variétés de tomates, provenant de semences reproductibles. Des semences récupérées lors d’un stage chez un agriculteur en biodynamie. Celui-ci possédait des graines originaires du « conservatoire de la tomate » situé à Lodève (34). Ces variétés ont la réputation de pousser sans eau (en réalité il y a tout de même un arrosage au moment de la plantation). Antoine reçoit ces fameuses graines et se constitue petit à petit une banque de semences. « La tomate c’est un produit sûr. Tout le monde adore, même les enfants ».

Le terrain est à la chance d’être entouré de sources. La parcelle se situant dans le creux de la vallée, la terre reste toujours humide. Les tomates n’ont pas été arrosées depuis leur plantation le 17 mai. Mais il faut dire qu’avec l’alternance soleil/pluie de ces dernières semaines, les conditions météo sont favorables.

 

 

Suite de l'article en page 03 dans notre hebdomadaire de cette semaine.

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