L'Avenir Agricole et Rural 22 juin 2017 à 08h00 | Par T.M.

L’APAB : réussite d’un collectif

Antonio Pereira, technicien au service productions végétales de la Chambre d’Agriculture de la Haute-Marne et animateur du GIEE, a retracé l’historique de l’APAB.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
5 exploitants de l’APAB ont fait un retour d’expérience et ont échangé avec le public.
5 exploitants de l’APAB ont fait un retour d’expérience et ont échangé avec le public. - © T.M.

APAB

Suite à un appel à projet de l’État, le dossier du GIEE APAB a été retenu et officialisé lors du SIAL en 2015, donnant naissance au 3e GIEE de France. Ce projet a bénéficié de fonds CasDAR, d’un financement de la Chambre d’Agriculture, ainsi que d’une participation des exploitants. Le groupe a reçu l’appui de la Fdcuma, de Terres Inovia, d’Arvalis, de l’INRA, du CFPPA et de Symbiose. Les exploitants ont bénéficié de formations agronomiques avec leur conseiller de la Chambre d’Agriculture autour de 3 thèmes : les couverts végétaux, les traitements bas volume et l’agriculture de conservation des sols.

Les agriculteurs travaillaient déjà ensemble avant la création du GIEE, ils sont 15 exploitants, dont 3 polyculteurs éleveurs, le lycée agricole de Choignes et 2 exploitants travaillant totalement en semis direct, soit une surface totale de 3 600 ha. «Je suis rentré dans le groupe APAB en 2013 car je faisais des essais tout seul, travailler et échanger sur ses pratiques à plusieurs permet de progresser plus vite,….» explique Hervé. Les exploitants avaient des caractéristiques communes : un parcellaire moyen important, l’abandon du labour depuis 10 ans, des semoirs en 6 m TCS (4) ou semis direct (2) et des tracteurs de 190 à 280 chevaux dont ils ne voulaient plus accroître la puissance.

De nouveaux matériels apparaissent dans les exploitations : «il fallait une machine qui puisse travailler un sol caillouteux au minimum, sur davantage de surface et qui permette de travailler rapidement, sans changer de tracteur» explique l’animateur de la Fdcuma de Haute-Marne, Eric Aubry. Le choix s’est porté sur un semoir à dents de 15 m, pour un coût de revient de 9,7 Ä/ha en moyenne pour un total de 5 237 ha. «Cela signifie qu’on peut utiliser des machines importantes dans le Barrois, le matériel devient économique si on optimise son utilisation» conclut Eric Aubry qui précise que le travail sol/semis n’est pas le poste majeur des charges mécanisation (25 % du total des charges).

Fruit d’un long travail

Après 3 ans de travail commun, le groupe tire quelques conclusions. Pour Antonio Pereira, «plus on travaille la terre, moins on est gagnant. En travaillant différemment, on peut être productif et rentable». Le semis direct (de couverts végétaux ou de cultures dans le couvert végétal) et le colza associé présentent un réel avantage dans le prolongement des techniques culturales simplifiées.

On constate actuellement peu d’écart sur les charges opérationnelles et le niveau de production  des exploitations par rapport aux moyennes régionales. Le groupe utilise moins d’un litre de glyphosate par hectare et par an et les agriculteurs affirment qu’ils ne peuvent s’en passer car c’est un excellent anti-graminées et qu’il n’y a pas de produit de substitution disponible.

La productivité du groupe reste comparable aux moyennes régionales. Des comparaisons de prix de revient (à coût unitaire forfaitaire) démontrent que le semis direct sous couvert maîtrisé permet un gain de 150 à 200 /ha.

Parmi le groupe, 10 exploitants (regroupés en 4 «entités» collectives) réussissent à baisser leur coût de mécanisation à 230 /ha et dégagent ainsi 230 /ha de résultat en 2015. Ces résultats sont obtenus grâce à une combinaison harmonieuse des techniques d’implantation des cultures, à une politique de renouvellement raisonnée du matériel et aussi à l’effet regroupement entre exploitants pour baisser les charges.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 23 juin 2017.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2453 | juillet 2017

Dernier numéro
N° 2453 | juillet 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui