L'Avenir Agricole et Rural 24 mai 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

L’agroforesterie, un intérêt grandissant pour une agriculture viable dans les zones à enjeux eau

Retour sur la ferme bio ouverte à l’EARL Bienvenue à Nijon la semaine dernière où l’association d’arbres aux prairies pâturées permet de produire tout en protégeant la ressource en eau. Une ferme qui a toujours été visionnaire et qui devrait en inspirer bien d’autres, preuve en sont ses pratiques agroécologiques et ses résultats économiques.

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Un aménagement spécifique a été réalisé pour protéger les arbres à l’aide de fil électrique déporté et de protection contre le gibier
Un aménagement spécifique a été réalisé pour protéger les arbres à l’aide de fil électrique déporté et de protection contre le gibier - © CHAMBRE D'AGRICULTURE

•Définition :

L’agroforesterie désigne les pratiques associant volontairement les arbres aux cultures et/ou aux animaux sur la même parcelle.

 

•Un exemple à suivre :

Après la présentation des résultats économiques qui en feraient pâlir d’envie plus d’un (taux de rentabilité de plus de 40 % et revenu disponible de plus de 50 000 Ä), la visite de la ferme s’est poursuivie sur le terrain (voir photo ci-contre). Un exemple de plantation moderne d’arbres a été présenté et a permis de faire le point sur l’intérêt de l’agroforesterie, de l’herbe et de l’agriculture biologique sur les zones à enjeux eau. un meilleur fonctionnement de l’agroécosystème : régulation hydrique des parcelles, protection des animaux, limitation du lessivage des nitrates, réduction d’utilisation de produits phytosanitaires, réduction du risque de transfert de pesticides dans la ressource en eau, stockage de carbone, limitation de l’érosion des sols, augmentation du taux de matière organique des sols, biodiversité, paysage.

La plantation visitée est située sur le Bassin-Versant de la Meuse Amont, un territoire à enjeu DCE (Directive Cadre sur l’Eau) classé prioritaire dans le Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion de l’Eau (SDAGE) Rhin-Meuse afin de répondre à l’objectif d’obtention du bon état écologique des cours d’eau pour 2 027. Ceci fait suite à la présence d’un nombre important de matières actives retrouvées dans la Meuse.

De plus, la parcelle est située dans le périmètre de protection éloigné (PPE) d’un captage d’eau potable de la commune de Vaudrécourt.

 

• Le point technique :

La plantation visitée est située sur une parcelle en forte pente pâturée par un troupeau de vaches laitière. Un aménagement spécifique a été réalisé pour protéger les arbres à l’aide de fils électriques déportés et de protections contre le gibier (voir photo ci-dessous). La bonne préparation du sol (potets de 70 cm de profondeur) réalisée cet automne avant la plantation garantira une bonne reprise des plants. La plantation d’une densité de 50 arbres/ha ne comporte pas moins d’une dizaine d’essences, à la fois des fruitiers (cerisiers, noyers greffés, pommiers, poiriers, mirabelliers, quetschers, pêchers) mais aussi des essences forestières (robinier faux-acacia, alisier torminal, chêne, merisier, érable sycomore, hêtre, noyer commun). Bien sûr aucun souci pour venir faucher et récolter le fourrage puisque Clément a prévu un écartement entre les lignes d’arbres de 25 m bien adapté à son matériel. De plus, le fil électrique déporté à 1,5 m des arbres est positionné à environ 90 cm de hauteur laissant la place pour le passage de la faucheuse et le pâturage des vaches.

L’intérêt de cette plantation agroforestière n’est pas seulement environnemental mais également pour l’éleveur qui bénéficiera des avantages de la présence d’arbres sur sa parcelle. En effet, le microclimat créé va permettre d’avoir une pousse d’herbe plus longue, les vaches vont pouvoir mieux explorer la prairie par forte chaleur au lieu de rester au bâtiment, les lignes d’arbres servent de délimitation pour le pâturage tournant.

De plus, les productions de fruits et de bois d’œuvre seront de la valeur ajoutée à la ferme.

 

•Agroforesterie et réglementation agricole :

Les réglementations agricoles sont de plus en plus favorables aux pratiques d’agroforesterie puisque l’emprise des haies permet depuis 2015 de bénéficier des aides du premier pilier de la PAC sur ces surfaces (DPB, SIE). Aussi, l’implantation d’arbres alignés à l’intérieur des parcelles, comme celle réalisée ici à Nijon, est éligible aux DPB car la densité est inférieure à 100 arbres/ha sachant que les arbres fruitiers n’entrent pas en compte dans cette limite.

•Agroforesterie et aide à la plantation :

Devant le flou actuel sur les aides possibles, et afin de limiter les contraintes, Clément a préféré financer les coûts de plantation tout seul. Cependant, un accompagnement de la MAPE (Mission Agronomique de Protection des Eaux) à la chambre d’agriculture a été réalisé et une étude de station du CRPF (Centre Régional de la Propriété Forestière) a permis de voir quelles essences étaient les mieux adaptées.

Un certain nombre d’aides existe et mérite qu’on s’y intéresse.

Des aides à l’implantation de système agroforestiers cofinancées par les fonds FEADER sont théoriquement possibles via la mesure 8.2 qui permet de financer jusqu’à 80 % du coût d’installation. Cependant, cette mesure, dont l’ancienne version du programme d’aide précédent avait été activée en Champagne-Ardenne, n’a pour l’instant pas été activée dans la région Grand Est.

 

L’implantation de haies et d’éléments arborés peut être financée dans l’appel à candidatures « Reconquête de la Qualité de l’Eau » (RQE) lancé par le Conseil Régional Grand Est et les Agences de l’Eau ouvert du 15/06/2017 au 08/09/2017 avec un taux d’aide de 60 %. Une majoration de 20 % est accordée pour les projets collectifs. Toutes les communes situées sur le bassin Seine-Normandie en Haute-Marne sont éligibles. Sur le bassin Rhin-Meuse, toutes les communes sont également éligibles sauf la commune de Soulaucourt-sur-Mouzon. Pour plus de renseignement sur cet appel à candidature, vous

Retrouvez la suite de notre article dans notre édition papier de cette semaine page 23
Bonne lecture.

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