L'Avenir Agricole et Rural 20 février 2020 à 09h00 | Par T. MORILLON

L’agriculture est devenue une cible

La FDSEA 52 a évoqué les différents dossiers défendus au cours de l’année lors de son assemblée générale le 14 février au lycée agricole de Choignes. Agribashing, aléas climatiques, aides PAC, le syndicat accompagne toutes les agricultures et tous les les agriculteurs.

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Sébastien RIOTTOT a évoqué sa rencontre avec la ministre de l’Écologie. Il lui a décrit la situation économique difficile du département.
Sébastien RIOTTOT a évoqué sa rencontre avec la ministre de l’Écologie. Il lui a décrit la situation économique difficile du département. - © T.M.

La FDSEA de Haute-Marne compte 677 adhérents en 2019. Le syndicat s’efforce de réduire leurs charges en développant des groupements d’achats comme le GNR (1,4 million de litres en 2019) qui a permis une économie de 30000 €. Le partenariat avec Lucia a fait économiser 5000 € aux adhérents.

Le syndicat en action
La météo a eu des conséquences défavorables sur la bonne implantation et la pousse des cultures intermédiaires. La FDSEA a alerté l’Administration afin d’adapter rapidement les contraintes réglementaires. Après plusieurs semaines un arrêté départemental est venu fin août pour autoriser à laisser le couvert pendant un mois, contre deux habituellement. « L’autorisation permettant de récolter les jachères est arrivée début août, bien trop tard pour agir » explique Bruno Didier, secrétaire général. La reconnaissance du département en calamité sécheresse a été actée en fin d’année.

Rétablir la vérité

« L’agriculture est devenue une cible » explique Sébastien Riottot qui évoque le récent drame qui s’est produit sur une exploitation marnaise. L’agribashing est un sujet qui est revenu régulièrement lors des Ag cantonales du syndicat et qui devient insupportable pour la profession. Les accusations sont multiples et touchent toutes les productions. Face à cette situation, la FDSEA organisera dans chaque canton au moins une ferme ouverte avec des écoles, des élus, des voisins. « Luttons contre cette ignorance, ces clichés caricaturaux et rétablissons la vérité » souligne le président qui prend l’exemple d’un professeur qui a refusé d’emmener ses élèves dans une exploitation, sous prétexte que les agriculteurs sont des empoisonneurs.
L’agribashing aboutit à l’interdiction « de ce qui n’est pas joli, ce qui fait peur, ce qui est montré du doigt », une référence au glyphosate. « Un outil de moins à notre disposition et surtout une hausse des charges pour les exploitations ». Un rapport parlementaire estime le surcoût entre 50 et 150 €/ha, soit environ 15 000 € pour une ferme moyenne haut-marnaise qui devra bruler des dizaines de litres de fuel pour remplacer un litre de glyphosate.

Avoir une PAC ambitieuse

Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA en charge des dossiers climatiques et sanitaires, a exposé différents dossiers travaillés par le syndicat au niveau national. Premier sujet, la prochaine PAC qui est actuellement en phase de discussion pour une mise en œuvre en 2022 ou 2023. Elle serait davantage orientée sur la transition écologique. « Notre priorité est d’avoir un budget ambitieux, nous voulons que le volet économique ne soit pas oublié, avec des aides à l’investissement qui englobent tous les systèmes de production ».

Le syndicat est très déçu des États généraux de l’alimentation. « On avait une vraie opportunité de construire le prix en partant du producteur. Une loi a été votée, mais les règles peinent à s’appliquer. Heureusement la repression des fraudes commence à agir ».

Une réglementation trop lourde

La réglementation française fait aussi débat, notamment le sujet du glyphosate. Pour Joël Limouzin il faut « revenir au pragmatisme ». Pour lui, ne faire que du zéro phyto serait une « terrible erreur ». Sur le dossier des ZNT, il déplore que le Gouvernement ait stoppé le travail qu’avait commencé la FNSEA. « Nous avons discuté pendant 6 mois, puis l’arrêté est tombé alors que nous voulions cette charte sur le bien vivre ensemble ». Il reste encore des points à définir : parle-t-on de distance à partir de la limite de propriété ou de la maison ? La FNSEA continue les négociations. «Il ne faut pas oublier qu’il y a eu des avancées. En élevage, nous avons diminué de 40 % l’utilisation des antibiotiques par exemple».

Vous pourrez retrouver l'intégralité de cet article dans les pages 04 et 05 de notre édition du 21 Février 2020.

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