L'Avenir Agricole et Rural 29 novembre 2018 à 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

L'ABATTOIR DÉPARTEMENTAL A BESOIN DE LA MOBILISATION DES ÉLEVEURS

Pour la première fois, les Chambres d’Agricultures de l’Aube et de la Haute-Marne proposent une offre de formation commune. Afin de s’adapter à toutes les agricultures et coller aux attentes des exploitants, 121 formations sont disponibles, avec plus de 40 % de nouveautés.

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Jean Jacques Bailly, Président de la SEAC et Romain Graillot, du groupe technique « Abattoir », des éleveurs décidés à maintenir un outil de proximité.
Jean Jacques Bailly, Président de la SEAC et Romain Graillot, du groupe technique « Abattoir », des éleveurs décidés à maintenir un outil de proximité. - © T MORILLON

«La profession agricole doit se mobiliser, montrer ses besoins et sa motivation à garder un abattoir sur le département » prévient Jean-Jacques Bailly, président de la Société d’Exploitation des Abattoirs de Chaumont (SEAC). La situation est tendue depuis la diminution du tonnage en juillet, puis du dépôt de bilan de Viandes 52 mi-octobre. L’abattoir produisait 2 500 t de viande par an, mais aujourd’hui le volume abattu se situe entre 800 et 1 000 t : 200 t pour la grande distribution, 200 t pour les magasins de producteurs, 150 t d’abattages familiaux et entre 50 et 100 t pour les boucheries et circuits courts.

Maintenir l’abattoir existant

Viandes 52 avait pour mission la découpe et la négoce de la viande, ainsi que la livraison aux détaillants, boucheries, grandes surfaces et collectivités. Son activité rayonnait sur toute la Haute-Marne, mais aussi sur une partie de l’Est de la France et représentait plus de 60 % de la production de l’abattoir, soit environ 6 millions Ä de chiffre d’affaires par an.

Cette baisse d’activité de 60 % a entraîné une restructuration de l’entreprise pour lui éviter la faillite. Chômage partiel, licenciement économique et non renouvellement de CDD : l’équipe de 14 personnes (administratif compris) perd la moitié de son effectif. Une réorganisation de l’équipe salariés est assurée en modifiant le planning d’abattage. L’activité « livraison » a été reprise afin de rassurer les boucheries et les grandes surfaces. À titre d’exemple, le magasin Leclerc à Langres achète 200 tonnes de viande par an, un marché qu’il ne faut pas perdre car la concurrence n’est jamais loin.

Pour augmenter la production, la SEAC veut reprendre l’activité « découpe », en visant l’abattage familial et la vente directe (rappelons que l’abattoir a la certification bio). Elle a envoyé un courrier à 1 800 éleveurs (Haute-Marne et départements limitrophes utilisant les services de l’abattoir) afin de connaître précisément leurs besoins : volume et période d’abattage, transport, stockage, découpe, hachage/saucisserie, surgélation… L’atelier de découpe a commencé à être réhabilité, un dossier auprès de la DDCSPP a été déposé. En cas de réponse positive, l’atelier sera vite opérationnel.

 

Projet à proximité de Chaumont

Maintenir l’abattoir existant est primordial pour le futur projet car il permet de maintenir des débouchés. En cas de fermeture, il faudra à nouveau rechercher des marchés pour le nouvel abattoir.

L’équipe de 15 éleveurs travaille le dossier du nouvel abattoir depuis 6 mois. « On sent qu’il y a un besoin, c’est un outil de proximité indispensable pour demain » explique Romain Graillot, éleveur référent sur ce dossier. D’ailleurs tous les acteurs locaux soutiennent le projet et participent à son élaboration : Chambre d’agriculture, Conseil Départemental, Préfecture, communautés d’agglomération et Conseil Régional.

« Le nouvel abattoir doit rester central, le lieu n’est pas décidé, mais il sera près de Chaumont » ajoute Romain Graillot. « Il sera basé sur le modèle de l’abattoir de Rambervillers dans les Vosges. Il s’adaptera aux besoins, il sera le couteau Suisse des éleveurs ». Ce nouvel outil développera des services de découpe et de transformation (découpe à la demande, colis sous vide, préparation hachée, surgelé, saucisses). La possibilité de venir chercher les bêtes en ferme est également à l’étude.

Le projet est toujours en phase d’étude, mais le coût se situerait entre 3 et 4 millions Ä, pour une production annuelle entre 1 000 et 1 500 t de viande.

La forme juridique privilégiée serait une Société coopérative (SCIC).

 

Plusieurs réunions sont organisées afin de recueillir les besoins et les suggestions des éleveurs.

Vous pouvez consulter notre édition de cette semaine afin de connaître les dates et les lieux

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