L'Avenir Agricole et Rural 11 décembre 2008 à 11h42 | Par F.Thevenin

JOURNÉE INSTALLATION - LA FORMATION AVANT TOUT

La Journée Installation organisée par les Jeunes Agriculteurs de Haute-Marne a attiré de nombreux étudiants qui sont appelés à s’installer sur une exploitation agricole. L’idée de se former sur la longueur a été fortement développée.

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Le niveau scolaire des jeunes agriculteurs qui s’installent a beaucoup changé depuis 10 ans. En 1994, 21 % avait un BTS en poche. 44 % avait un diplôme de niveau 4  (Bac Pro, BTA, CCTAR…) et 32 % avait un diplôme de niveau 5 (Bepa, BPA).
Depuis ce milieu des années 90 et après plusieurs réformes, ce sont 65 % des jeunes exploitants qui ont le niveau 4, 29 % au niveau BTS et seulement 4 % au niveau 5. Autrement dit, les nouveaux exploitants sont davantage formés ; du moins, ils vont plus longtemps à l’école…

Parcours à l’installation

Dans le même ordre d’idée que les études, le parcours à l’installation a également beaucoup changé avec une dernière mouture qui sera mise en place au 1er janvier prochain.
Ce nouveau dispositif est constitué de trois étapes :
- le Point Info Installation pour obtenir les informations relatives à l’installation et réaliser un autodiagnostic
- l’élaboration du plan de professionnalisation personnalisé avec la préconisation de stages et de formations. Les engagements de ce PPP sont signés par le jeune et les conseillers et agréés par le Préfet.
- la réalisation du PPP (avant l’installation pour l’obtention des aides) avec des stages en exploitation (entre un et six mois) et en entreprise (entre une semaine et trois mois), un stage collectif obligatoire (21 heures) et des formations individuelles et spécifiques en fonction du profil.
A l’issue de ce parcours, la CDOA valide sa réalisation et permet l’installation. A noter que pour décliner ce parcours, il faut compter plus ou moins 18 mois.

Pour tous renseignements, une seule adresse :

Point Info Installation
Maison de l’Agriculture
Bât B au RDC
26 avenue du 109ème RI
52011 Chaumont Cedex
Tél : 03 25 35 03 06
Mail :
point-info-installation-52@orange.fr

Toujours se former…

Après la présentation du nouveau parcours, Franck Thiéblemont, à son tour, a insisté sur la nécessité de se former avant et après l’installation. Il explique qu’il n’est pas toujours aisé de le faire mais qu’il est bon, de temps en temps, de sortir la tête du guidon.
Deux exemples servent à illustrer cette idée. Serge Nicard, pour EMC2, a expliqué que la valorisation des productions agricoles a totalement changé depuis quelques années avec la fin des prix d’intervention. Pour cette raison, il est plus que conseillé de prendre connaissance des nouveautés et de faire la différence entre le marché à terme, le prix ferme, le prix acompte… Hugues Fischer, nouveau céréalier depuis quelques années, en a témoigné
Franck Thiéblemont insiste : «il est important de comprendre le mécanisme autour d’un revenu. Il faut savoir le moduler, le travailler afin de gagner au mieux sa vie. Pour cela, la formation est essentielle. Elle permet d’analyser, de comprendre et d’évoluer».
Une autre idée est sortie de ces rencontres entre les JA et les futurs exploitants : l’importance de s’engager dans les instances et dans les filières de transformation afin de maîtriser, le plus possible, le devenir de son métier. Etre administrateur à EMC2 ou élu aux JA permet de peser sur les orientations politiques des entreprises et des pouvoirs publics.

Les débats étaient dirigés par Franck Thiéblemont.
Les débats étaient dirigés par Franck Thiéblemont. - © Frédéric THEVENIN

Le grand écart des revenu

Pour le CER France Haute-Marne, Gérard Degeorge a, avec chiffre à l’appui, démontrer que le revenu par exploitation peut varier de un à deux alors que les productions sont identiques. Il a ainsi montré l’importance de se former afin de maîtriser toutes les données.

Pour les céréaliers (140 ha /expl), en 2006, le revenu moyen est de 170 euros l’hectare mais lorsque l’on sort des moyennes, l’écart va de 0 à 330 euros l’hectare. Le produit brut est, en moyenne, de 1 013 euros l’hectare avec plus ou moins de 341 euros. Cet écart est du aux charges proportionnelles qui sont dans une fourchette de 230 à 430 euros l’hectare et les frais d’équipements dans une fourchette de 190 à 400 euros. Du coup, l’EBE de ces exploitations céréalières va de 22 % à 47 % pour une moyenne de 35 %. Au bout du compte, il apparaît que plus le revenu augmente, moins les charges de mécanisation à l’hectare sont élevées. Autrement dit, en céréales, la maîtrise de l’équipement est importante pour les revenus.

Lait-Viande-Céréales

Autre exemple : sur les exploitations 50 % céréales, 50 % viande et lait (215 ha), le revenu moyen, en 2006, est de 200 euros par hectare dans une fourchette de 50 à 400 euros par hectare. Le produit brut moyen est de 1 239 euros par hectare avec plus ou moins 316 euros. Les charges proportionnelles sont autour de 380 euros avec plus ou moins 100 euros et les frais d’équipements sont dans une fourchette de plus ou moins 180 euros par hectare. L’EBE est donc très variable en allant de 21 à 51 % pour une moyenne à 36 % prouvant ainsi la grande performance de certaines exploitations et les difficultés d’autres. Contrairement aux céréaliers, lorsque le revenu augmente, les frais d’équipements augmentent également. Il apparaît que les exploitations ayant de bons revenus ont des quotas importants. De par leur modernité, elles ont des frais d’équipements supérieurs aux autres à l’hectare. Mais, ramené au litre de lait, ces frais sont faibles.

Viande-Céréales

En viande-céréales (2/3 herbe et 1/3 céréales pour 60 VA), le revenu moyen est de 180 euros l’hectare avec un produit brut moyen de 975 euros par hectare avec plus ou moins 239 euros. Les charges proportionnelles vont de 160 à 340 euros pour une moyenne à 250. L’équipement va de 19 à 36 % et l’EBE va de 300 à 500 euros par hectare.
Il apparaît que plus le revenu augmente, moins les frais d’équipements sont élevés. En fait, pour faire du revenu en viande bovine, il faut travailler sans frais.

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