L'Avenir Agricole et Rural 14 décembre 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

Jeunes Agriculteurs - Un parcours à l’installation au plus proche des préoccupations des jeunes

Le nouveau parcours à l’installation devrait être validé par le ministère de l’Agriculture en mars 2008. En attendant, à l’occasion de la journée à l’installation, les Jeunes Agriculteurs de Haute-Marne ont présenté les premières données connues.

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La mise en œuvre du nouveau parcours à l’installation est progressive, jusqu’au congrès de Jeunes Agriculteurs, en 2008 où il devrait être validé officiellement après un travail de réflexion approfondi et permanent sur 11 départements français.
Le nouveau schéma d’installation pour les personnes qui veulent s’installer se fait désormais en trois étapes :
- Information et émergence du projet avec, pour accompagner le jeune, le Point Info Installation et l’élaboration d’un autodiagnostic
- Elaboration du plan de professionnalisation personnalisé (PPP) avec l’entretien et l’analyse des compétences et du projet
- Réalisation du PPP avant et/ou après l’installation pour une validation en CDOA et une installation réussie.

Information et émergence du projet

Lors de la première phase, celle de l’information et de l’émergence du projet, les jeunes entrent en contact avec le Point Info Installation qui reçoit tout porteur de projet d’installation. Ils y sont accueillis, informés sur le nouveau dispositif et orientés pour la suite du parcours.
Ensuite, l’émergence du projet se fait à l’aide de l’autodiagnostic. Il permet de formaliser le projet et de recueillir les éléments nécessaires à l’étape suivante.
L’objectif de l’autodiagnostic est de présenter et organiser la réflexion autour du projet. Il comprend trois parties : l’état civil et le parcours, la présentation du préprojet et l’auto positionnement. Il est destiné aux organismes réalisant l’analyse de compétences.
Grâce à cet autodiagnostic, le futur installé est acteur de son installation. Il a l’occasion de mettre en avant ses lacunes et ses points forts.

Elaboration du Plan de Professionnalisation Personnalisé

Le plan de professionnalisation personnalisé permet d’analyser les compétences du porteur de projet. Il comprend un ou deux entretiens et est l’occasion d’analyser les compétences en lien avec le projet, au regard de l’autodiagnostic.
Le PPP se donne comme objectif de préconiser des actions de formation (modalités, durée, organisme de formation, exploitation….) au regard des capacités à approfondir. A l’issue du PPP, un contrat est passé avec le porteur de projet. A noter qu’avec ce nouveau parcours à l’installation, tous les freins sont levés et quel que soit le statut de la personne, une solution peut être trouvée. Par exemple, il est possible de préconiser un module d’accompagnement Validation des Acquis d’Expérience dans le PPP.
Pour cette seconde étape, l’outil principal utilisé est une grille d’analyse qui permet de synthétiser les résultats de l’entretien. Elle contient deux parties (l’analyse partagée des compétences et la contractualisation du PPP) et reçoit l’agrément du Préfet.

Réalisation du PPP

La troisième et dernière étape du nouveau parcours à l’installation permet de réaliser l’ensemble des actions du PPP pour l’obtention de la capacité professionnelle agricole. Durant cette étape, les porteurs de projet sont accompagnés dans leur démarche.
Sa mise en oeuvre passe par des formations et des stages. Il comprend :
- un module collectif de 20 heures qui remplace les 50 heures
- un module de formation complémentaire avant et/ou après l’installation d’environ 55 heures à l’image de ce qui se fait actuellement avec Vivea. Le tout, en fonction des besoins, du projet, en groupe ou individuel. Il sera peut-être même facultatif.
- un stage en entreprise (agricole ou non) de 0 à 9 mois, en fonction des besoins et des projets. Les objectifs restent les mêmes que pour le stage 6 mois actuel et les stages à l’étranger seront promus.

Frédéric Thévenin

Témoignages

A l’issue de la présentation du nouveau parcours, deux témoignages ont été présentés ; l’un de Julien Nicard avec l’ancien parcours et l’autre par Catherine Leboucher avec le nouveau parcours.

Après avoir suivi l’ancien parcours, Julien Nicard s’est installé, sans reprise de terre, au côté de son père et un salarié, à Prangey. Ils exploitent 240 ha (120 ha de Scop), 40 vaches allaitantes, 200 brebis et se sont diversifiés en se lançant dans la fabrication de plaquettes de bois.
Avant de s’installer, Julien Nicard est allé voir ailleurs… Il a travaillé dans la maçonnerie et dans une usine afin de «s’ouvrir l’esprit» et, en dépit, des 35 heures et d’un bon salaire, il est revenu à ses amours de jeunesse : l’agriculture.
Il a effectué son stage 6 mois à Bourbonne-les-Bains. Il le juge indispensable afin de découvrir la réalité des choses et de «se mettre dans le bain». Par contre, il juge plus sévèrement le stage préparatoire à l’installation de 50 heures : «les 20 personnes présentes étaient très différentes avec des envies très différentes». Même s’il est intéressant de rencontrer des banques, la MSA…, il n’était pas assez personnalisé, approfondi et ciblé sur les projets.
Quant à l’EPI, le plan prévisionnel financier du projet, Julien Nicard le juge très aléatoire voire inutile sachant que toutes les prévisions sont fausses du fait de l’évolution des cours. Cet EPI ne peut donner que des idées très générales. Il regrette également le manque d’implication des jeunes dans le projet et leur absence lors de la CDOA.
Autre critique : il déplore la paperasserie inutile et les lourdeurs de l’administration (DDAF) ainsi que des délais d’attente interminables…

Nouveau parcours


A Meurville, dans l’Aube, Catherine Leboucher est en cours d’installation sur une exploitation viticole. Elle teste le nouveau parcours.
Après différentes expériences professionnelles et non agricoles, elle retourne à l’école, en CFPPA, à Saint-Pouanges, afin d’acquérir le niveau IV nécessaire à l’installation. Ensuite, elle entame son stage 6 mois qui ne durera que deux mois en faisant valoir d’autres expériences professionnelles. Son parcours devrait être finalisé et présenté début 2008 afin de reprendre l’exploitation familiale.
Durant cette expérience, elle a multiplié les contacts (Point Info, Adasea…) et a choisi d’effectuer son stage autour de sujets qu’elle ne maîtrisait pas entièrement comme la vinification et la champagnisation.
Elle se félicite de la prise en compte des lacunes des jeunes et de leur responsabilisation mais déplore toujours les longueurs et le caractère fastidieux du parcours : «il faut du courage et des nerfs solides…». 

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