L'Avenir Agricole et Rural 26 février 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

JEUNES AGRICULTEURS : LES SILLONS DE L'ENGAGEMENT

L’assemblée Générale du syndicat des Jeunes Agriculteurs s’est déroulée au lycée agricole de Choignes avec pour thème l’engagement syndical.

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LES "ANCIENS JEUNES" SONT VENUS TÉMOIGNER SUR LEUR ENGAGEMENT SYNDICAL.
LES "ANCIENS JEUNES" SONT VENUS TÉMOIGNER SUR LEUR ENGAGEMENT SYNDICAL. - © ESTELLE DAUPHIN

L’engagement syndical au cœur du débat

D’anciens responsables du syndicat Jeunes Agriculteurs sont venus témoigner de leur expérience. Parmi eux, Sébastien Riottot, qui a occupé la présidence des Jeunes Agriculteurs, Cyril Moussu et Anthony Masselot, qui ont été vice-présidents. Siégeait également à la tribune Paul Henri Lahaye, qui a témoigné sur « l’envers du décor » en tant qu’associé d’un responsable syndical, Cédric Jappiot, actuel président départemental des Jeunes Agriculteurs, Anthony Barbier, président du canton de Montigny-le-Roi et Jérémie Decerle, vice-président national en charge du dossier Installation.

 

Ce qui les a motivés à adhérer aux JA

La plupart du temps l’adhésion d’un nouveau jeune au syndicat se fait par relation. Les membres actifs du canton, qui viennent proposer l’adhésion aux jeunes ruraux du secteur.

Parmi les motivations citées par les participants à la table ronde, sont revenues la convivialité, les racines syndicales au sein de l’environnement familial, la lutte contre l’isolement. Echanger entre jeunes professionnels permet en effet de ne pas rester « à bougonner contre le système au fond de sa ferme », et de devenir acteur du changement. Initier des idées nouvelles, en débattre et les voir aboutir, même si ça prend parfois du temps, est en effet valorisant et motivant.

Adhérer au syndicat Jeunes Agriculteurs, offre une ouverture d’esprit grâce à la découverte d’autres agricultures, que ce soit à l’échelle du canton, du département ou au niveau national.

 

La gestion du temps, un enjeu crucial

La gestion du temps est un enjeu crucial pour ceux qui prennent des responsabilités. L’équilibre est fragile entre vie familiale, vie professionnelle et engagement syndical. C’est pourtant la condition sine qua non pour s’épanouir durablement, selon Jérémie Decerle, vice-président national.

Sébastien Riottot le rejoint sur le fait qu’il ne faut pas négliger son exploitation, car c’est une question de crédibilité. De plus, il estime qu’il est essentiel d’être soutenu par ses associés quand on s’engage dans un mandat professionnel.

Au sujet du service de remplacement, les avis sont partagés. Il est vrai qu’on ne reçoit pas toujours le même agent de remplacement et qu’il faut refaire un effort de formation à chaque fois. D’un autre côté, dans les structures sociétaires, l’agent de remplacement n’est jamais seul. Il est encadré par les autres associés.

Pour Cédric Jappiot, c’est un cap à passer car le SDR reste un outil exceptionnel à la disposition des agriculteurs. Dans son exploitation, le service de remplacement est utilisé soixante-dix jours par an dans le cadre de son mandat syndical, et également pour les congés et les arrêts maladie. Idem pour Paul Henri Lahaye, qui a fait appel au SDR de façon régulière pour pallier aux absences de son frère Thierry, lors de ses responsabilités nationales au syndicat Jeunes Agriculteurs.

Anthony Masselot a fait appel au service de remplacement à l’occasion de congés paternité, mais pas dans le cadre de ses mandats syndicaux. Il a préféré faire appel à de la main-d’œuvre salariée.

Cyril Moussu quant à lui a préféré s’organiser avec de la main-d’œuvre familiale et réorganiser le travail car il était réticent de confier uniquement le travail ingrat à quelqu’un.

 

Quid des indemnités

L’argent peut paraître un sujet tabou, il a néanmoins été abordé. Avec un défraiement kilométrique et une vingtaine d’euros d’indemnités par demi-journée, on est loin de l’image d’Epinal selon laquelle la place de représentant syndical serait lucrative. Paul Henri Lahaye explique qu’il y a toujours eu transparence sur les indemnités perçues par ses frères au sein de la société et qu’elles ont toujours été partagées. « L’argent n’était pas ma motivation » explique Cyril Moussu, qui ajoute que ses absences n’ont pas eu de conséquences sur la répartition de la rémunération du travail au sein de son exploitation. Il conçoit cependant que hors cadre familial, cette répartition puisse être remise en question par les autres associés.

 

Un tremplin vers de nouvelles responsabilités

A l’issue de leur mandat au sein des Jeunes Agriculteurs, les agriculteurs appelés à témoigner ont pour la plupart évolué au sein d’autres organisations, confirmant le rôle de pépinière de responsables du syndicat Jeunes Agriculteurs.

C’est le cas de Sébastien Riottot, qui a reçu beaucoup de proposition suite à la présidence départementale. Il a finalement opté pour la vice-présidence de la MSA et d’EMC2. C’est également le cas d’Anthony Masselot, qui après une pause syndicale a repris son engagement au sein de la filière viande avec la présidence de l’abattoir de Chaumont. Il précise que cet engagement s’est fait en accord avec son associé.

Enfin, Cyril Moussu a témoigné sur son expérience à l’école des responsables, une formation qu’il a suivie à l’arrivée au syndicat des Jeunes Agriculteurs et qui lui est toujours utile dans le cadre de son mandat de maire de sa commune ; fluidité des relations avec ses administrés, conduite d’une réunion, prise de décisions... Il explique également que son expérience de responsable syndical lui a permis de se forger un carnet d’adresses au niveau départemental.

Jérémie Decerle a conclu le débat par un appel au don, en invitant les OPA à investir dans la jeunesse et à soutenir le syndicat Jeunes Agriculteurs.

 

En consultant notre page 03, vous pourrez lire l'intervention de MonsieurJAPPIOT, sur la vie du Syndicat.

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