L'Avenir Agricole et Rural 15 octobre 2008 à 16h12 | Par F.Thevenin

INAUGURATIN DU MÉMORIAL CHARLES DE GAULLE - Un mémorial à la dimension d’un homme

Samedi dernier, le mémorial Charles-de-Gaulle, à Colombey-les-Deux-Eglises, a été inauguré par le président de la République Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel.

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Le mémorial est intégré au paysage. (© FREDERIC THEVENIN)

La Fondation Charles-de-Gaulle et le Conseil Général de la Haute-Marne ont commandé la réalisation d’un nouveau mémorial dédié à la vie et à l'œuvre de Charles de Gaulle. Lancé officiellement par le président Chirac le 9 novembre 2006, le mémorial a été inauguré ce 11 octobre par Nicolas Sarkozy et Angeal Merkel, cinquante ans après la rencontre historique à la Boisserie entre le général de Gaulle et le chancelier Konrad Adenauer.
Situé au pied de la Croix de Lorraine, le mémorial est voué à devenir le pivot des parcours de mémoire à Colombey-les-Deux-Eglises. L’inscrire dans le paysage sans le perturber, tel était l’enjeu pour les architectes Jacques Millet et Jean-Côme Chilou. L’agence Le Conte-Noirot a imaginé pour des volumes exceptionnels une scénographie spectaculaire, immersive et émouvante. Une nouvelle lecture de l’épopée gaullienne y est proposée. Le visiteur revit la grande Histoire au travers de l’intimité d’un homme d’exception, père de famille et écrivain à ses heures.
Avec une fréquentation attendue de 125 000 visiteurs par an, l’ambition du mémorial Charles-de-Gaulle est de s’inscrire parmi les grands équipements culturels historiques de France et d’Europe. L’investissement total est de 22 millions d’euros répartis entre le Conseil Général de la Haute-Marne, la Fondation Charles-de-Gaulle, l’Etat, l’Europe, la Région et le GIP de Haute-Marne.

De l’extérieur

Le mémorial trouve sa place au pied de la Croix de Lorraine, à moins de 500 m de la tombe du général de Gaulle et de sa maison de famille de la Boisserie. L’intimité du lieu constitue l’enjeu principal du projet qui s’inscrit dans ce paysage sans le perturber.
La Croix de Lorraine pose sa verticalité sur la colline boisée dite de « la montagne ». Cette colline constitue le socle monumental où s’inscrit le projet. L’écrin de verdure dessine les limites d’implantation du mémorial. En franchissant la lisière, le visiteur passe le seuil du nouvel équipement. Un escalier majestueux joignant le pied de la croix magnifie l’ascension et inscrit le visiteur dans un parcours de découverte. Le volume dominant du musée s’adresse à cet escalier qui définit l’axe d’implantation. Il s’ancre profondément dans la colline pour inscrire le parcours muséal dans l’ascension. Son fronton s’aligne avec la lisière, constituant une fenêtre sur le paysage. Sa proportion est précisément déterminée par la pente.

Une succession de séquences

Développé sur trois niveaux, le musée s’imagine comme une succession de séquences. Le rez-de-chaussée est un vaste hall qui accompagne le visiteur vers l’intérieur. Cette invitation est accentuée au fond du rez-de-chaussée par un large volume sous verrière, constituant un appel de lumière.
Baigné dans cette lumière, un ascenseur panoramique conduit alternativement vers le départ de l’exposition ou vers le pied de la croix. Les deux étages supérieurs hébergent les espaces muséographiques. Les volumes scénographiques s’inscrivent dans un rapport permanent aux paysages qui ont tant inspiré le général de Gaulle.
Le bâtiment d’accompagnement est perpendiculaire à cet axe de vue. Alors que le bâtiment muséal attaque la pente, le bâtiment d’accueil l’épouse. Il suit les courbes de niveau de la colline et abrite les services d’accompagnement : accueil de groupes, buvette, syndicat d’initiative, logistique et amphithéâtre. L’étage, implanté dans la pente, héberge la structure de gestion de l’équipement.

A l’intérieur

Homme d’action et de pensée, le général de Gaulle a émaillé son parcours politique de signes et de gestes forts qui ont déclenché division et adhésion populaires. Cette faculté à forger l’Histoire du XXe siècle méritait un écrin au diapason. Les scénographes Christian Le Conte et Geneviève Noirot ont donc tenu à donner du souffle et de la noblesse aux espaces d’exposition.
Dès l’entrée, trois grands arbres accueillent les visiteurs. Imprimés sur de grands plans inclinés, ils s’imposent et renforcent la sensation aérienne de bascule. Deux passerelles traversent les feuillages de ces chênes longeant à distance le grand défilement ample et lent des paysages de la Haute-Marne cher à de Gaulle.

Le parcours offre 4 expériences spatiales principales :

- la traversée d’un sas offrant une expérience spectaculaire faite d’un cheminement au travers de l’écriture manuscrite du Général
- l’affrontement spatial de deux réactions diamétralement opposées face à l’invasion allemande (Appel du 18 juin et demande d’Armistice par Pétain)
- le cheminement hérissé de multiples difficultés de la France Combattante. L’espace se coude à de nombreuses reprises. Il s’enroule autour d’une France symbolique qui ne sera retrouvée qu’au terme du parcours

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