L'Avenir Agricole et Rural 30 août 2018 à 10h00 | Par MR

Hulot, une démission aux accents agricoles

Le ministre de l’Écologie Nicolas Hulot a annoncé mardi sa démission en reniant largement le bilan agricole du gouvernement. Il regrette une absence de «complicité de vision» avec le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert et dénonce des «contraintes budgétaires». Son passage au ministère de l’Écologie aura été marqué par les dossiers du glyphosate, de Notre-Dame-des-Landes et des prédateurs (loups et ours). Ce déçu des États généraux de l’alimentation, dont le pilotage lui a échappé, n’aura peut-être pas eu l’influence qu’il souhaitait sur les questions agricoles.

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Toute la carrière du ministre a été construite autour du lobbying en utilisant notamment sa notoriété télévisuelle. Néanmoins, ce dernier a évoqué l’omniprésence des lobbyes comme l’une des raisons de sa démission.
Toute la carrière du ministre a été construite autour du lobbying en utilisant notamment sa notoriété télévisuelle. Néanmoins, ce dernier a évoqué l’omniprésence des lobbyes comme l’une des raisons de sa démission. - © J. Jacquemart/PE

Tant de fois annoncé depuis sa nomination, le départ de Nicolas Hulot a finalement réussi à créer la surprise. «Je prends la décision de quitter le gouvernement. Je ne veux plus me mentir, je ne veux plus donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie que l’on est à la hauteur sur ces enjeux-là», a annoncé le ministre de l’Écologie au micro de la matinale de France Inter, mardi matin, suscitant l’étonnement des journalistes qui l’interviewaient.

Cette démission surprise a pris de forts accents agricoles, d’abord par les propos qui ont précédé l’annonce: «Est-ce que nous avons commencé à réduire l’utilisation des pesticides? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à enrayer l’érosion de la biodiversité? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à se mettre en situation d’arrêter l’artificialisation des sols? La réponse est non».

Des divergences avec Stéphane Travert

Le ministre de l’Ecologie claque donc la porte en reniant largement le bilan agricole du gouvernement. Il a notamment dévoilé au grand jour ses divergences avec son ministre de l’Agriculture. «Je n’ai pas réussi à créer de complicité de vision avec le ministre de l’Agriculture alors que nous avons l’opportunité absolument exceptionnelle de transformer le modèle agricole !». Plus tard dans l’entretien, il réaffirme: «Je ne peux pas passer mon temps dans des querelles avec Stéphane Travert».

Il a d’abord semblé associer son échec à «transformer l’agriculture» aux contraintes budgétaires : «On se fixe des objectifs mais on n’en pas les moyens parce qu’avec les contraintes budgétaires, on sait très bien à l’avance que les objectifs que l’on se fixe, on ne pourra pas les réaliser. Voila ma vérité !»

Sans viser particulièrement l’agriculture, le ministre s’en est plus largement pris au «libéralisme» et aux «lobbys», pour expliquer sa démission. La veille, la présence à l’Elysée du conseiller politique de la Fédération nationale des  chasseurs (FNC) Thierry Coste, un «lobbyiste» qui «n’avait rien à faire là», a «achevé de me convaincre que ça ne fonctionne pas comme ça devrait fonctionner», a-t-il lancé, y voyant le symptôme «de la présence des lobbies dans les cercles du pouvoir»

Un bilan «agricole» difficile à évaluer

Hulot parti, difficile d’évaluer son bilan «agricole», c’est-à-dire sa capacité à faire basculer la position du gouvernement.  Lui qui n’avait pas battu la campagne avec le candidat Emmanuel Macron. Candidat dont le projet était d’ailleurs nébuleux sur les dossiers agricoles.

L’ex-ministre peut sûrement mettre à son actif le raccourcissement de la ré-homologation du glyphosate à 5 ans en Europe, au lieu de 10 ans comme cela était attendu. Et il n’est probablement pas pour rien dans ce désormais célèbre tweet du président de la République demandant au gouvernement «de prendre les dispositions nécessaires pour que l’utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans».

L’autre fait d’armes de l’ancien animateur de télévision est sûrement l’abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes - que le candidat Macron avait soutenu durant la campagne - et le maintien en lieu et place des projets agricoles des Zadistes.

Vous pourrez retrouver la suite de cet article dans notre édition du 31 Août 2018.

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