L'Avenir Agricole et Rural 28 septembre 2006 à 00h00 | Par F.Thevenin

HAUTE-MARNE - VISITE : TOUR D'HORIZON DE L'ACTUALITE

La visite de Luc Chatel, député sud Haute-Marne et porte-parole de l'UMP, au Gaec des Barraques, à Genevrières, a été l'occasion de faire un tour de l'horizon de l'actualité, entre inquiétudes et espoirs.

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Luc Chatel est revenu sur les subventions régionales pour les bâtiments bois. Il juge ce choix absurde sachant que certaines exploitations qui ont construit un bâtiment entièrement en bois à l'exception des supports se sont vues octroyer les aides minimales.
Luc Chatel est revenu sur les subventions régionales pour les bâtiments bois. Il juge ce choix absurde sachant que certaines exploitations qui ont construit un bâtiment entièrement en bois à l'exception des supports se sont vues octroyer les aides minimales. - © F THEVENIN "Avenir Agricole 52"
Comme il se doit, dès l'arrivée de Luc Chatel au Gaec des Barraques, à Genevrières, le premier sujet abordé avec la dizaine d'agriculteurs présents est la météo… Après un mois de juillet particulièrement sec et chaud, les craintes étaient nombreuses. Certains avaient même commencé d'alimenter leurs animaux dans les prés. Heureusement, le mois d'août a été particulièrement pluvieux et a permis de « soigner » les stocks de fourrage même si les maïs ensilage sont d'une qualité très hétérogène, d'une parcelle à une autre. Le Gaec des Barraques compte 5 associés qui produisent et transforment du lait, élèvent des bœufs issus du troupeau laitier pour la viande et cultivent des céréales essentiellement pour l'autoconsommation. L'autonomie alimentaire maximale est l'un des choix des membres du Gaec. Ils achètent seulement la matière azotée et les protéines avec, par exemple, l'emploi de tourteaux de colza plutôt que du soja pour le bien de la filière française. D'ailleurs, les éleveurs haut-marnais qui utilisent du soja sont de plus en plus rares… PRIX DU LAIT La visite du député s'effectue de bâtiment en bâtiment, du stockage aux stabulations en passant par la nursery, la salle de traite et la laiterie. Rapidement, les sujets d'actualité viennent au centre des discussions. Luc Chatel est à l'écoute et prend des notes. Premier sujet : la baisse du prix du lait qui n'est plus compensée par l'aide laitière. Jean-Yves Remillet explique que ce produit n'est plus payé à sa juste valeur compte tenu du travail qu'il demande. A « dégoûter » les éleveurs, ils seront de moins en moins à produire du lait et comme pour la viande, l'Europe sera bientôt déficitaire… Afin de consolider les trésoreries, il demande, en son nom et celui de tous les agriculteurs, une avance, dès octobre, sur les DPU qui seront versés en décembre. Luc Chatel apporte son soutien et remontera l'idée à Dominique Bussereau, le ministre de l'Agriculture. Ces DPU posent un autre problème à de nombreux agriculteurs et surtout les plus jeunes… Ils ne connaissent même pas le montant auxquels ils ont droit. Des écarts de 30 % peuvent apparaître entre la réalité du terrain et la somme versée ! Simon Bockstall, pour la FDSEA, demande des éclaircissements sur l'accès à la réserve et sur les techniques pour réduire cet écart. Néanmoins, dans l'attribution des DPU, Jean-Yves Remillet reconnaît que d'importants efforts ont été réalisés par l'Administration afin de coller à la réalité du terrain et à la situation de chacun en ne restant pas figé sur les trois années de référence 2000/2001/2 002. CONDITIONNALITE Autre problème : la conditionnalité qui se rendurcit et devient plus restrictive avec la mise en place d'une nouvelle grille de critères à suivre. Ces nouvelles exigences européennes pourraient faire « sauter » des aides. Luc Chatel promet d'en parler à Dominique Bussereau d'autant plus que le ministre en a fait l'un de ces chevaux de bataille. En fait, il apparaît que les agriculteurs payent l'assouplissement acquis avant le référendum de l'an dernier. Par exemple, les contrôles sur l'identification étaient plus « cool ». Il se pourrait que cela ne soit plus le cas dans les mois à venir… Justement, en matière d'identification, Jean-Yves Remillet reprend sa casquette de président de l'EDE et évoque les restrictions budgétaires de l'Etat. A l'EDE, les aides publiques ont diminué de moitié alors qu'elles avoisinaient les 230 000 euros. Pour lui, la profession va devoir s'assumer seul sans avoir recours systématiquement aux subventions. Par contre, certaines aides aux agriculteurs paraissent indispensables et justifiées d'un point de vue économique et environnemental. Les agriculteurs présents donnent en exemple la PHAE au moment où les premiers CTE disparaissent. Problème : la nouvelle PHAE va suivre des règles françaises pour des financements français. Tous les départements, quelles que soit leurs particularités, seront soumis aux mêmes critères. La Haute-Marne avait demandé, pour avoir droit à cette PHAE, que la spécialisation en herbe soit de 50 % et le taux de chargement soit de 1,6 UGB. En fait, les critères nationaux retenus seront 75 % de spécialisation et 1,4 UGB. Du coup, de nombreux polyculteurs éleveurs haut-marnais n'y auront pas droit ! Les représentants syndicaux regrettent que ces critères ne soient pas départementaux… En matière de mesures rotationnelles, les mêmes représentants sont satisfaits de voir qu'elles perdurent avec, en plus, de mettre un couvert végétal sur les terres qui accueilleront des cultures de printemps. ENVIRONNEMENT Enfin, les agriculteurs alertent leur député sur la hausse du prix du pétrole qui se répercute sur le fuel, l'azote, les phytos et donc sur les trésoreries des exploitations. Ils en appellent à une législation plus souple pour développer les énergies renouvelables, à l'image de celle qui existe en Allemagne où les agriculteurs peuvent transformer leur matière première et la vendre aux particuliers pour les voitures, les chaudières… Si la France ne fait pas la même chose, les plus values qui résulteront des biocarburants passeront sous le nez des agriculteurs et iront engraisser les entreprises et les intermédiaires. Luc Chatel en convient et confirme qu'il voit dans les biocarburants « des perspectives de développement économique important ».

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