L'Avenir Agricole et Rural 30 novembre 2006 à 00h00 | Par F.Thevenin

HAUTE-MARNE - TOURISME : LE LAC DU DER-CHANTECOQ FAIT L'ACTUALITE

Une stèle a été inaugurée à la mémoire des villages recouverts lors de la construction du lac-réservoir du Der-Chantecoq et une exposition est à découvrir sur place.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
L'inauguration de la stèle à la mémoire des villages engloutis
L'inauguration de la stèle à la mémoire des villages engloutis - © MARNE AGRICOLE
Une stèle a été inaugurée, en présence des représentants de l’Association du Souvenir, le 12 octobre à sur le site de l’église de Champaubert, à la mémoire des villages de Chantecoq, Champaubert-aux-Bois et Nuisement-aux-Bois recouverts en 1974 lors de la mise en eau du lac-réservoir Marne.
Il est prévu de réhabiliter le témoignage lourd d’histoire que représente l’église de Champaubert afin que ce lieu puisse accueillir en toute sécurité tous ceux qui souhaite s’y recueillir et perpétuer le souvenir des villages disparus. Cette mission couvrira également la réfection du clocher, opération qui s’effectuera en 2008. Au total, plus de 70 000 euros supplémentaires seront ainsi consacrés à ce lieu.
Quel a été depuis les années 1970 le rôle de l’Institution Les Grands Lac-réservoirs de Seine dans l’histoire locale ? Quelle est plus largement la mission qui lui incombe ? Comment s’est-elle employée à prendre en compte et développer durablement son action environnementale en lien avec ses partenaires locaux ? L’exposition organisée par les Grands Lac-réservoirs de Seine a pour objectif de répondre à ces questions et de rendre toujours plus claire son action auprès du grand public.
Elle propose pour cela un parcours en quatre thèmes : la présentation des Grands Lacs de Seine et de leur double mission : écrêter les crues et soutenir les étiages ; la construction du lac-réservoir : de l’avant-projet (images d’archives à l’appui) à la gestion d’un site naturel remarquable qu’il faut entretenir et préserver et d’une zone touristique prisée ; la politique environnementale de l’Institution, de l’échelle globale à l’échelle locale ; la présentation du futur siège de la circonscription Marne : un projet d’actualité qui s’inscrit pleinement dans cette stratégie environnementale.
Saint-Dizier inondé le 20 janvier 1910.
Saint-Dizier inondé le 20 janvier 1910. - © MARNE AGRICOLE

LE PREMIER PLAN D'EAU ARTIFICIEL DE FRANCE

Le lac du Der-Chantecoq est le premier plan d’eau artificiel de France (superficie : 4 800 hectares) et l’un des plus grands d’Europe. Sa capacité de stockage (350 millions de m3) en fait la pièce maîtresse du dispositif des Grands Lacs de Seine, son principal ouvrage pour régulariser le bassin de la Seine (limiter les crues et soutenir l’étiage). Le site, retenu notamment en raison de ses caractéristiques géologiques et topographiques, a englobé le réservoir existant de Champaubert-aux-Bois.
Ce chantier de grande ampleur étendu sur deux départements (Marne et Haute-Marne) a nécessité la construction de 14 ponts, de 100 km de digues et de canaux d’amenée et de restitution. Il a duré 5 années, de 1970 à 1974.

Crus catastrophiques


L’exposition organisée à Giffaumont dans les locaux du Syndicat du Der reprend l’histoire du site. C’est à la suite des crues catastrophiques de 1910 et 1924 que l’idée de protéger Paris, sa banlieue et les agglomérations situées en amont, a progressé dans les esprits. Le lac-réservoir de Pannecière sur l’Yonne est mis en eau en 1949, suivi par le lac d’Orient (en dérivation de la Seine) en 1966. Dans la région de Saint-Dizier, depuis des siècles, la Marne en crue perturbait la région : des inondations comme celle de 1955 firent monter de 5 mètres le niveau de l’eau. Au-delà de leur impact régional, ses eaux venaient gonfler celles de la Seine, provoquant des catastrophes à Paris. Scénario inverse l’été : un étiage trop faible - et de plus en plus bas à partir de 1 880 - du fait de l’industrialisation et de l’urbanisation, engendrait des difficultés dans la production d’eau potable et un taux de pollution accru.
Une première retenue sur la Blaise est achevée à Champaubert-aux-Bois en 1938. Après la guerre, une gigantesque extension de ce lac est projetée en dérivation de la Marne.

Opposition au projet


De 1952 à 1974, le service des barrages-réservoirs de la Seine connaît une période d’intense activité, ponctuée par une opposition très vive au projet car la réalisation de cet ouvrage a nécessité de recouvrir des forêts, des fermes et des étangs, le village de Chantecoq en entier, la quasi-totalité des communes de Champaubert-aux-Bois et Nuisement-aux-Bois, 70 % du village de Giffaumont, le tiers de celui d’Eclaron et une plus faible part de Valcourt, Moëslains, Arrigny et Larzicourt. La notion d’intérêt général l’emporte en définitive, non sans susciter un traumatisme parmi les habitants des localités recouvertes.
Trente ans plus tard, le lac du Der-Chantecoq offre une multiplicité de facettes : le lieu du souvenir de l’ancien pays rural, un tourisme à la fois patrimonial et nautique et un site de prédilection pour les amoureux de la nature où migrent des dizaines de milliers d’oiseaux.

Les Grands Lacs de Seine

Cette Institution, créée en 1969, réunit 4 départements (Paris, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) qui ont décidé d’unir leurs efforts pour réguler les débits de la Seine et de ses affluents, poursuivant ainsi l’action menée précédemment par l’ancien département de la Seine.
Deux missions principales lui sont confiées : limiter grâce à ses quatre ouvrages les risques de crues dans le bassin de la Seine (écrêtement) et ceux de sécheresse (soutien des étiages). Son président est Pascal Popelin depuis mai 2001. Elle emploie 127 agents dont 34 sur le site du lac-réservoir du Der-Chantecoq.
 
Impact économique des ouvrages

Par rapport à la crue de 1910 : 3,8 milliards d’Euro d’économie sur les dommages en région Ile-de-France estimés à 12,2 milliards d’euros. Lors des périodes d’étiage : les ouvrages permettent d’améliorer et de sécuriser la ressource en eau en qualité et en quantité (les restitutions peuvent représenter jusqu’aux 3/4 du débit d’étiage relevé à Paris). Ils favorisent la production d’eau potable et la dilution des rejets des stations d’épuration.
Plus d’1,5 million de visiteurs par an profitent des infrastructures de loisirs : plages aménagées, ports et équipements nautiques, parcours équestres, chemins de randonnées, observatoires de la faune et de la flore locales.
Le port de GIFFAUMONT : une superbe réalisation de loisirs
Le port de GIFFAUMONT : une superbe réalisation de loisirs - © MARNE AGRICOLE
Le futur siège
de la circonscription Marne


C’est un projet emblématique de la démarche haute qualité environnementale (HQE®).
La construction des futurs bureaux de la circonscription Marne en bordure du lac-réservoir s’inscrit résolument dans le cadre d’une démarche HQE®, fondée sur les principes du développement durable. Implantée sur la presqu’île de Champaubert face au lac-réservoir du Der-Chantecoq, leur surface au sol sera de 668 m2. Il s’agit d’un projet architectural particulièrement mobilisateur, qui a nécessité d’associer les personnels en amont, de sensibiliser tous les intervenants aux enjeux de la qualité environnementale et d’instaurer un dialogue à tous les stades d’avancement. Il est soutenu financièrement par l’ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie)/ Délégation de Champagne –Ardenne et la région Champagne-Ardenne. La construction proprement dite doit durer 1 an (décembre 2006 à décembre 2007).

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2522 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 2522 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui