L'Avenir Agricole et Rural 26 novembre 2009 à 16h09 | Par E. DAUPHIN

Haute-Marne - Portes ouvertes de l’ADCL

L’ADCL organise une série de portes ouvertes dans des exploitations agricoles sur le thème de l’organisation du travail, avec un éclairage différent en fonction des exploitations, en collaboration avec les techniciens du service élevage de la Chambre d’Agriculture. Le coup d’envoi a été lancé au GAEC GUYOT à Pont la Ville sur l’aspect « Gérer le temps de travail avec les salariés ».

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L’étude de la CAIAC

L’étude menée par la CAIAC concernait les conditions de travail en élevage laitier. Elle est présentée en matinée. Chaque étape du travail d’astreinte est analysée : traite, alimentation des vaches laitières, soins aux veaux, paillage raclage. (voir graphique ci contre)

Voici quelques-unes des conclusions de l’étude :

• L’augmentation de l’effectif en élevage laitier permet de diminuer la charge de travail par UMO, mais pas forcément par EVL, d’où l’importance de bien raisonner l’organisation du travail

• La modernisation des équipements de traite ne diminue pas forcément le temps de traite mais améliore l’efficacité par vache, condition essentielle pour accompagner l’évolution des troupeaux laitiers.

• Certains équipements répandus permettent un gain de temps avéré (décrochage automatique, lavage automatique), d’autres comme les « chiens » pour pousser les vaches dans l’aire d’attente ont une efficacité identique mais sont encore peu répandus

• En terme d’alimentation, il existe une grande hétérogénéité au sein de chaque type de ration ; individuelle, semi-complète ou complète ; le temps d’alimentation est le résultat de la combinaison d’un équipement et d’une organisation.

• L’efficacité du matériel de distribution dépend de l’effectif du troupeau ; au-delà de 50 vaches, le godet et la dessileuse, doublé de la présence d’un DAC impact plus fortement le temps passé par EVL

• Pour les veaux, une nurserie adaptée reste déterminante.

L’étude est disponible dans son intégralité auprès de l’ADCL.

 

Situation du GAEC GUYOT

Cheptel de 160 UGB 

5 UMO dont un salarié

Le point faible au GAEC Guyot est actuellement le temps de traite, plus long que la moyenne, avec 6 heures contre 3,5 en moyenne  malgré une salle de traite spacieuse en 2 X9 en épi. Certes la race Simmental offre un débit de traite moins élevé que la prim’holstein. Néanmoins, le taux de décrochage automatique n’est que d’un tiers. C’est l’une des pistes d’amélioration à exploiter avec les nouvelles générations de vaches.

En terme d’alimentation, l’exploitation est bien positionnée avec un repas par jour. Ils utilisent un bol mélangeur. Avec un rendement de 15 tonnes de matière sèche/ha de maïs, il est en effet cohérent d’utiliser au maximum les ressources de l’exploitation. Le concentré est réalisé en proportion variable avec du tourteau de colza, de la drèche de brasserie et du maïs ensilage, selon l’époque de l’année. Il est complété par l’apport d’enrubanné en hiver. Le foin est placé en dehors du bol afin de garder l’effet « matière sèche » bénéfique au processus de rumination. En période estivale, la gestion rigoureuse du pâturage tournant, en avançant un fil afin que le troupeau bénéficie d’une qualité d’herbe constante, contribue à l’augmentation du temps de travail. L’exploitation ne réalise aucun apport d’azote sur prairies permanentes.  La ration hivernale de concentré est divisée par 2 afin de fournir une complémentation en pâture. Eleveurs dans l’âme, les associés ne comptent pas leurs heures au bénéfice de la surveillance du troupeau.

Estelle DAUPHIN

Portrait de Michel Galton

Polyculteur éleveur à Pierrefontaines, membre du GAEC Saint Hubert (4 associés et un salarié)

Exploitation familiale 500 ha,  544 000 litres de quota, 280 ha scop

Administrateur au contrôle laitier  depuis 20 ans

Secrétaire Général de la FDSEA  depuis 2001

Installé en GAEC en 1976 avec un associé

Elu à la tête de la structure lors du dernier Conseil d’Administration de l’ADCL, les portes ouvertes sont la première occasion officielle pour le nouveau président d’affirmer son rôle à la tête du contrôle laitier.

Quelle complémentarité entre contrôleurs laitiers et techniciens ?

Comme le montre cette série de portes ouvertes, la présence des contrôleurs et des techniciens est indissociable. C’est un bel exemple de la collaboration qu’il doit y avoir entre ces deux corps de métier proches et à la fois complémentaires ; le contrôleur intervient quotidiennement auprès de l’éleveur, ce qui lui permet d’être réactif en cas de problème de qualité du lait où de problème détecté sur l’animal ; le technicien intervient plus ponctuellement, avec plus de recul et analyse la pertinence de l’organisation de l’atelier, notamment en terme de charges. Dans le contexte de crise actuelle, la profession attend plus que jamais une synergie optimum entre ces deux niveaux d’intervention. Les agriculteurs n’ont que faire des rivalités de clocher dont ils sont à la fois les financeurs et les perdants. Le malaise est également palpable auprès des salariés. Ma mission est d’inviter les administratifs à travailler ensemble. Beaucoup d’éleveurs haut-marnais ont franchi le pas du travail collaboratif à travers leur adhésion massive aux CUMA et aux structures sociétaires, et ont compris que c’est en s’alliant et non en se divisant qu’on gagne en efficacité. Le Contrôle laitier a certes un coût mais l’arrivée du système de peseur a permis aux laitiers de dégager de la valeur ajoutée sur leur exploitation.

Quelle sera votre méthode ?

Il n’y a pas de recette miracle, néanmoins, je privilégierai la concertation avec les responsables professionnels, le personnel et bien entendu le conseil d’administration de l’ADCL qui est là pour faire remonter les attentes de terrain. Je ne suis pas là pour gérer la boutique, c’est le travail du directeur, mais pour faire en sorte que les services soient les mieux perçus par les agriculteurs afin qu’ils se développent. C’est le meilleur moyen de pérenniser le service.

Il n’y a pas de sujets tabous, néanmoins, ma préférence ira d’abord vers des synergies départementales.

Constatez-vous  de nouvelles attentes face à la crise ?

Pas pour l’instant mais on reste vigilants.

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