L'Avenir Agricole et Rural 20 juin 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

HAUTE - MARNE - LA SEPAC VERS DE NOUVEAUX RECORDS

La journée d’information de la Sepac est l’occasion d’aborder des thèmes techniques et conjoncturels tout en restant extrêmement convivial. Un moment fort : le point sur l’entreprise et le marché céréalier effectué par Jean-Olivier Lhuissier.

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Trois intervenants pour un thème commun : comment améliorer la performance économique des exploitations ?
Trois intervenants pour un thème commun : comment améliorer la performance économique des exploitations ? - © FREDERIC THEVENIN
Pour la Sepac - une entreprise du groupe Nouricia -, la collecte 2006/2007 s’est clôturée par une baisse de 3,9 % par rapport à l’année précédente pour atteindre les 238 682 tonnes. Cette tendance est celle connue pour l’ensemble des organismes stockeurs. La Sepac s’en sortirait même plutôt mieux que ses concurrents...   
En blé, la baisse est de 2,7 % pour atteindre 113 500 tonnes. Du fait de déclassements limités, la baisse en escourgeons est seulement de 0,8 %, à 32 402 tonnes et, en maïs, même si cette culture n’est pas une priorité dans la région, la chute est de 63 %, à 384 tonnes.
A l’inverse, la collecte de colza est en hausse de 3,4 % pour atteindre 40 781 tonnes et celle d’orges de printemps progresse fortement de 65 %, à 14 500 tonnes. Les cultures de pois et tournesol restent très limitées voire régressent encore.
Après cette nouvelle année de collecte, pour Olivier Lhuissier, la part de marché de la Sepac, sur la Haute-Marne, est confortée. A noter l’explosion du colza énergétique (grâce aux aides culturales à l’hectare) qui est passé de 1 800 en 2004 à 7 600 en 2007 ! Ces cultures énergétiques présentent un grand intérêt économique pour les agriculteurs à la veille de l’ouverture des grandes entreprises de biocarburants.

Belle année

Pour la saison 2006/2007, au niveau mondial, la campagne céréalière a été marquée, en blé, par des tensions sur les stocks mondiaux. En maïs, l’accroissement des utilisations industrielles a commencé à modifier les marchés.
Dans l’Union européenne, en blé, les marchés se sont tendus après des récoltes 2 006 décevantes. En orges de brasserie, ils ont explosé après des récoltes de mauvaises qualités. Enfin, en colza, ils sont restés soutenus grâce à la forte utilisation de cette matière première par la filière huile.
Du coup, les cours 2006/2007, pour le blé, ont été similaires à ceux de 2003-2004, année de sécheresse. En octobre, ils s’établissaient à 148 euros la tonne. La prochaine campagne s’annonce au mieux avec d’ores et déjà 150 euros.
En 2006-2007, les cours de colza ont connu une hausse régulière jusqu’en janvier pour subir, ensuite, un tassement dû, au dispositif fiscal allemand sur le diester.

Prochaine moisson

Pour 2007/2008, les perspectives céréalières sont uniques ! En blé, les surfaces ensemencées sont en forte hausse pour répondre à la demande. Aux Etats-Unis, la mise en place de maïs bat des records afin de répondre à la demande d’éthanol.
Une fois de plus, la situation climatique sera déterminante pour les cours. Par exemple, les Etats-Unis ont connu une phase de gel, en mars dernier, qui a altéré les rendements. En Russie, Ukraine et Roumanie, les inquiétudes sur les rendements sont tellement fortes que les exportations ne seront pas une priorité. En France, la sécheresse d’avril ne semble pas avoir altéré le potentiel à l’exception des sols superficiels comme en Haute-Marne.
Par contre, ce coup de sec d’avril semble avoir touché les rendements et la qualité des orges de printemps et certaines variétés d’orges d’hiver (Cervoise) ont connu des problèmes de fécondations dans certaines zones du département. Des analyses sont en cours afin d’en définir les causes et les responsabilités.
En oléagineux, la demande d’huiles végétales est soutenue par le développement du biodiesel. D’ailleurs, les cours d’huile de palme, en Amérique du Sud, n’ont jamais été aussi hauts !

Belles perspectives

A ces données agricoles, d’autres données techniques vont venir influencer le cours des céréales et oléagineux récoltés cette année. Par exemple, le coût du fret mondial connaît une spectaculaire hausse. Cette tendance modifie les flux mondiaux et les destinations en terme de marchés. Du coup, les marchandises européennes et plus particulièrement françaises sont compétitives et peuvent aller partout.
Autre donnée : le marché des matières premières connaît un engouement jamais vu au point que de nouveaux investisseurs hors agriculture viennent pour mettre de l’argent et pour saisir la balle au bond.
En d’autres termes, l’agriculture connaît actuellement de nombreuses opportunités et elle a des atouts à faire-valoir. Cette tendance haussière doit augmenter la rentabilité et solidifier les exploitations d’autant plus que la consommation mondiale ne cesse d’augmenter et que les stocks sont au plus bas. Fin 2007, il ne restait plus que deux mois de stocks… En cas de coup dur, il est possible de parler de pénuries !

Activités appros

L’activité approvisionnement de la Sepac progresse (+ 12 %) dans un marché qui recule pour atteindre 22 millions d’euros de chiffre d’affaires. La hausse en engrais est de 5 % et de 25 % en produits phytos. Avec ces chiffres auxquels il faut ajouter ceux de Vauthier Sepac pour l’alimentation animale, la Sepac reste le premier distributeur en Haute-Marne.
Jean-Olivier Lhuissier explique cette progression par une approche adaptive et cohérente avec des préconisations adaptées à chaque cas. L’entreprise va encore plus loin avec Seveal qui propose le rapprochement de plusieurs entreprises dans le domaine de l’appro. Le but est d’obtenir un poids de négociation accru et une réduction des coûts pour accroître la compétitivité. Le rapprochement avec des « concurrents » peut être intéressant économiquement pour la Sepac tout en gardant ses spécificités.
Sur une facture d’appros de 19 852 euros, les agriculteurs peuvent espérer, grâce à ces choix logistiques, à une réduction de plus de 1 100 euros.

Organisation

Pour la prochaine campagne, la Sepac souhaite développer l’accès à l’information via le développement du site Extranet sur lequel les agriculteurs retrouveront des informations générales, techniques, les situations comptables, les livraisons…
Enfin, en matière d’hommes, l’organigramme de la Sepac évolue un peu. Jean-Olivier Lhuissier se partage désormais entre Bologne et Troyes. Michel Ménétrier est devenu adjoint de direction et l’équipe a été renforcée par l’arrivée de Philippe Chouffeur comme responsable des opérations et Didier Scohy comme responsable exploitation exécution.

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