L'Avenir Agricole et Rural 24 juin 2010 à 10h45 | Par F.Thevenin

Haute-Marne - La SEPAC conforte ses positions

La journée SEPAC s’est déroulée à Bologne en présence de Christian Rousseau, Président du groupe Nouricia, chargé de clôturer la matinée d’échanges qui portait sur le bilan de campagne, les perspectives du marché des céréales et sur l’agriculture durable.

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Un bilan d’activité satisfaisant

Philippe Chouffeur, responsable opérationnel à la SEPAC, a présenté le bilan de la collecte de céréales marqué par une forte progression de la collecte en volume, ce qui, explique-t-il permet de réduire les coûts de structure et de renforcer la compétitivité de l’entreprise. Reconnu par Agrimer comme le premier collecteur sur le département, la SEPAC, appartenant au groupe Nouricia, affiche une politique de croissance externe. Elle a ainsi acquis en 2009 un important réseau de collecte de céréales en Franche-Comté. A partir de 2010, elle augmentera ainsi sa collecte de 60 000 t. Cette reprise concerne 280 producteurs et 12 salariés répartis sur neuf points de collecte.

Une campagne 2009 2010 donc logiquement marquée par un accroissement de 27% en volume par rapport à 2008 2009, pour atteindre 324 000 t au 31 mai 2010, tous produits confondus.

La plus forte progression est attribuée au maïs, qui augmente de 56% en volume par rapport à juin 2009 pour atteindre 9310 tonnes. Le colza progresse de 50 % pour atteindre 62000 tonnes (19 % en ACE et 81 % alimentaire), le blé progresse de 29 % pour atteindre 149 000 tonnes, quant aux orges, on observe une croissance de 13 % au 31 mai 2010 contre 23 % lors de la campagne précédente.

Une grande partie des producteurs va vers le prix d’acompte : 50% du volume est au prix du volume de collecte est concerné. Un complément de prix global de 320 000 euros a été versé sur les colzas oléiques et industriels, payés 255 euros, le tournesol oléique, payé 250 euros, le tournesol ACE payé 230 euros et le maïs payé 102 euros.

Côté approvisionnement, on observe un net repli de la consommation en raison de la montée des prix avec un recul de 9 % de chiffre d’affaires. La plus forte baisse est attribuée aux engrais (30 %). Michel Ménétrier, responsable approvisionnement, met en garde cependant contre les impasses afin d’éviter de décapitaliser les sols.

Les tendances du marché mondial

On constate des hausses de production, parallèlement à une consommation ralentie sur les pays émergeants, notamment en Asie. La dévaluation de 20% de l’euro par rapport au dollar pour s’établir à 1,19$ pour 1 euro, rend l’Europe plus compétitive à l’export mais pénalise les achats d’intrants, notamment les fertilisants, plus coûteux.

En blé, les reports de stock s’accumulent depuis 2007 malgré une consommation qui continue à croître et qui a franchi les 650Mt en 2010. L’année dernière, les prévisions de récoltes ont fait chuter les prix à partir du mois de mai pour atteindre 100€/t, départ aube Haute-Marne pour ne remonter que depuis le mois d’avril avec un niveau actuel de 120€, grâce à la parité euro dollar qui tire le marché.

Le marché des Orges, quant à lui est véritablement en souffrance. La production a augmenté en 2009-2010 alors que la consommation est en panne. Le prix d’intervention de 98 € au départ des OS est atteint depuis déjà septembre dernier. Les envolées de 2007 laissaient croire qu’on ne reverrait jamais des niveaux de prix aussi bas, ce qui a fait envisager le démantèlement des mécanismes d’interventions européens, qui ont tout de même permis de sortir du marché 5,6Mt d’orges. Des volumes qui se retrouveront sur le marché des orges fourragères principalement à destination de bassin méditerranéen. Le recul d’emblavement en Europe de l’ouest devrait assainir le marché en faisant reculer de trois quarts le niveau de stock mondial, évalué actuellement à 4,7Mt et redynamiser les prix sur ce marché.

Le marché du colza est fortement corrélé à celui du pétrole. Malgré un produit en forte hausse sur la campagne 2009-2010, on assiste, avec la montée en puissance des différentes usines de trituration qui tirent les prix à la hausse, à un marché extrêmement dynamique. Les niveaux de prix n’ont certes rien à voir avec la flambée qu’on a pu connaître en 2007. Ils sont néanmoins compris entre 240 et 310 euros. Un prix qui reste satisfaisant dans la construction des marges brutes des agriculteurs.

Le niveau de consommation toutes utilisations confondues a atteint 25,4Mt au niveau mondial et devrait se maintenir au cours de la prochaine campagne.

Le défi de l’agriculture durable

Les agriculteurs sont invités à produire des volumes de plus en plus importants, avec une pression environnementale de plus en plus forte, ce qui constitue un véritable défi. Christian Rousseau, dans son discours de clôture, invite les agriculteurs à ne pas céder à l’idée de décroissance. Demain, grâce à l’évolution technologique, on produira plus avec moins.

A l’attention d’un jeune agriculteur qui s’interroge sur le sens de l’équité et aimerait que ses orges lui soient payées 20 € de plus à la tonne, le Président, lui-même agriculteur, rappelle le contexte de libéralisation mondiale dans lequel évolue à présent l’agriculture et qui oblige organismes stockeurs et industries agro-alimentaires à s’aligner sur les prix du marché mondial pour être compétitifs dans leurs domaines respectifs. L’Europe a abaissé les garde-fous, il va donc falloir se protéger avec les outils que la profession va créer avec les pouvoirs publics.

Deux options s’offrent aujourd’hui aux agriculteurs, explique le responsable : se laisser dépasser par la règlementation ou se mettre en ordre de marche afin de proposer à la société la contribution environnementale que l’agriculture peut apporter en termes de biodiversité, de piégeage du carbone, de production d’énergies renouvelables. Pour cela, une série d’indicateurs objectifs répondant à des critères quantifiables et démontrables sont en cours d’élaboration. Nouricia y travaille à travers le pôle Agro-Ressources ARD, dont il est actionnaire.

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