L'Avenir Agricole et Rural 19 octobre 2006 à 00h00 | Par JL BLONDEL

HAUTE-MARNE - FCO : La situation n’est pas tenable !

La commission élevage FDSEA - JA avait invité le mercredi 18 octobre les acheteurs et l'APAL pour faire le point sur les difficultés de terrain et rechercher les issues possibles.

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Il faut des dérogations pour les abattoirs extérieurs

Les flux commerciaux sont ainsi faits que la bonne valorisation de la viande passe par des circuits bien précis. Il est urgent que des dérogations puissent être données pour les animaux partant à la boucherie. Cette demande unanime de la Profession paraît parfaitement réaliste et conforme à la réglementation européenne. Il est nécessaire que les départements d'accueil aient une position ouverte sur cette demande, ce qui ne semble pas être le cas pour le moment.

Le problème crucial des broutards

En Haute Marne 4 animaux sur 10 quittent les exploitations vers un élevage ou l'exportation.
Or ces mouvements sont pour le moment interdits du moins vers la zone indemne. Les broutards sont les premiers visés par cette restriction et la moins value constatée aujourd'hui est au moins de 250 E par animal... quand le vendeur trouve un acheteur ! Les éleveurs et les marchands s'inquiètent du retour des pâtures des animaux. L'espoir de pouvoir vendre les animaux d'élevage en dehors de la zone réglementée s'amoindrit. Des dérogations seront probablement mises en place en période hivernale, mais il sera difficile de trouver des acheteurs en dehors de la zone réglementée. Même si cela est compliqué et même a priori irréaliste, il faut envisager un engraissement intra-zone.
Les mesures actuelles ne sont pas à la hauteur des difficultés. Les aides au stockage qui se heurtent à la clause dite de minimis (3 000 E minimum par exploitation pendant 3 ans y compris les aides à l'affouragement de 2003) sont tout simplement dérisoires. Il faut faire sauter cette clause et mettre en place un véritable plan de soutien à l'engraissement. La commission élevage va recenser de mobiliser toutes les capacités d'engraissement possibles dans les élevages.

Le conflit d'intérêts naisseurs - engraisseurs

L'engraisseur réalise ses marges en fonction du prix d'achat de l'animal, du coût des aliments et évidemment du prix de vente. Le prix de vente des animaux mis aujourd'hui à l'engraissement est incertain. Quant au prix d'achat, il était élevé du fait de la demande à l'export avant le zonage. Enfin le prix de l'aliment et particulièrement celui des céréales est peu propice à la mise en place d'animaux actuellement. Il y a donc d'un côté une offre de broutards importante de l’autre et une demande qui est pour le moins timide. Il convient de mettre en place des incitations et des garanties pour que les engraisseurs puissent à la fois dégager leurs ateliers actuels dans de bonnes conditions et les remplir à nouveau. Les naisseurs subissent et continueront de subir une décote importante. Là encore des aides substantielles doivent être accordées dans le cadre de la solidarité nationale car les zones actuelles sont faites pour protéger les élevages en zones indemnes. Alotis a, de son côté, mis en place une caisse de péréquation.

Un problème de financement

Le stockage des animaux pose aussi un problème de trésorerie. La Profession va solliciter les banques pour qu'un accompagnement financier soit fait à la hauteur des problèmes rencontrés.
En conclusion, la commission va demander au Préfet de réunir à nouveau le Comité Départemental de Suivi afin que la communication soit la plus lisible possible et que des solutions pratiques soient proposées par la DSV pour faciliter les mouvements d’animaux.
La DDAF doit aussi faire preuve de discernement pour le contrôle des règles de chargement qui s'imposent au titre de la PAC et des mesures agro-environnementales.
Enfin un zonage plus fin permettrait probablement d'exclure du zonage un certain nombre de cantons ou de communes extérieur au rayon de 150 km.
Au total, 16 départements  sont aujourd'hui en zone réglementée
Au total, 16 départements sont aujourd'hui en zone réglementée - © GDS-52
UN CINQUIEME CAS DETECTÉ DANS LA MEUSE
 
Pour l’arrondissement de Saint-Dizier
Quelles sont les règles de circulation ?

Vous êtes en zone de protection :
Vos animaux ne peuvent pas sortir de la zone sous risque de sanctions financières lourdes,
A l’intérieur de la zone, la circulation de vos animaux est libre,
Vous pouvez introduire des animaux dans votre exploitation, qu’ils viennent de la zone ou de l’extérieur

Respectez ces règles : elles visent à garantir votre sécurité sanitaire et celles de vos collègues.

Que faut-il faire sur l’exploitation ?
Votre G.D.S. vous recommande de prendre les mesures de précautions suivantes :
 Traiter régulièrement vos animaux avec un insecticide autorisé à cet usage,
Nettoyer les abords des locaux d’élevage de façon à éviter la prolifération des insectes,
Si possible, rentrer vos animaux à l’intérieur de bâtiment une heure avant le coucher du soleil et ne les sortir qu’une heure après le lever du soleil,
Traiter éventuellement les bâtiments d’élevage avec un insecticide autorisé à cet usage.
 
La découverte de ce 5ème cas est intervenue dans le cadre du contrôle systématique des bovins issus des périmètres interdits de 20 km autour des foyers français. Cette vache avait quitté le 5 septembre matin  son exploitation d'origine pour une autre exploitation située dans le même département avant que la commune d'origine ne soit classée zone Interdite le soir même. Les autres bovins testés dans les cheptels de provenance et de destination sont séronégatifs. Aucun signe clinique de FCO n'a été observé dans ces cheptels.
Ce cinquième cas a conduit le Ministère de l'agriculture à modifier le zonage déjà mis en place. Ainsi, le périmètre interdit de 20 km autour des foyers a été étendu dans le département de la Meuse. Par ailleurs, les zones de protection (100 km de rayon autour du foyer) et de surveillance (50 km supplémentaires) ont été également revues.
Désormais, l'arrondissement de Saint Dizier est en zone de protection. A ce titre, les éleveurs de ces communes ne peuvent plus vendre de ruminants dans les zones de surveillance. Ils subissent désormais de nouvelles restrictions
Seul l'arrondissement de Langres n’est pas concerné à ce jour par les mesures de restriction de mouvement.
Il convient de souligner que l'extension des zones réglementées tient compte également de la récente confirmation d'un foyer belge à proximité du département du Nord.
Au total, 16 départements  sont aujourd'hui en zone réglementée (voir carte ) . Conformément au droit communautaire, les mouvements des ruminants vivants (bovins, ovins, caprins...) et de leurs semences et embryons sont limités, voire interdits dans ces zones.
Cette maladie ne touche que les ruminants. Elle n'affecte pas l'homme et n'a strictement aucune incidence sur la qualité des denrées.
Si la situation sanitaire demeure relativement stable en France il n'en est pas de même dans les 3 autres pays européens touchés par cette épizootie. Au 16 octobre, ce sont plus de 350 cas qui ont été déclarés en Belgique et plus de 150 en Allemagne et 150 aux Pays Bas.
Les services vétérinaires et les GDS restent très vigilants et maintiennent une surveillance renforcée dans l'ensemble des zones.
POUR LE GDS 52 CAROLINE POINSOT
 

 DERNIERE MINUTE

Dans une note diffusée mercredi après midi et attendue depuis près de 15 jours, la DGAL vient enfin de dévoiler la stratégie de lutte et les perspectives de sorite de crise.
En résumé, le Ministère considère qu'il y a une réelle perspective de sortie de crise … à l'automne 2008, si l'épizootie reste en l'état.
En attendant de retrouver éventuellement ce statut indemne, les Pouvoirs Publics ont prévu des dérogations et des aménagements.

Ils sont de trois types :


1) vaccination, mais celle-ci n'existe toujours pas pour le sérotype 8 qui nous concerne.

2) zone saisonnièrement indemne : le début de la période d'inactivité des culicoïdes est prévisible fin novembre début décembre. 40 jours après cette inactivité et jusqu'au printemps, autrement dit probablement de mi-janvier 07 à début avril 07, la zone  peut être considérée comme saisonnièrement indemne. La sortie des  animaux peut être autorisée après un test sérologique. Pour les veaux et agneaux, ce test ne sera pas nécessaire s'ils sont nés après le début de la période d'inactivité.

3) protection contre les moustiques et sérologie.
La DGAL va proposer plusieurs  protocoles à Bruxelles reposant sur le principe d'une non exposition des animaux aux moustiques et d'un dépistage sérologique voire virologique.
Dans tous les cas ces dérogations ne permettront pas l'export.
Notons enfin qu'aucune date certaine n'a été avancée sur l'inactivité hivernale du «vecteur» qui n'a pas encore été formellement identifié. On reste encore dans le flou !



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