L'Avenir Agricole et Rural 18 avril 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

HAUTE-MARNE - CUMA DE LA HAUTE MARNE , une évolution permanente

Avec Dominique Guenat aux commandes, l’assemblée générale des Cuma de Haute-Marne, à Neuilly-L’Evêque, a été l’occasion de dresser un bilan exhaustif de l’année 2006. Constat : la structure évolue et s’adapte aux réalités économiques.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Le budget global de la FD Cuma avoisine les 88 000 euros dont 68 % sont financés par les Cuma sous forme de cotisation et de prestations facturées pour la préparation de la comptabilité et le montage de projets. Les comptes 2006 sont en léger déficit de 907 euros. L’équilibre financier est fragile et les actions extérieures et interventions restent indispensables.
Le budget global de la FD Cuma avoisine les 88 000 euros dont 68 % sont financés par les Cuma sous forme de cotisation et de prestations facturées pour la préparation de la comptabilité et le montage de projets. Les comptes 2006 sont en léger déficit de 907 euros. L’équilibre financier est fragile et les actions extérieures et interventions restent indispensables. - © FREDERIC THEVENIN
Les exploitations de Haute-Marne nécessitent de plus en plus d’efficacité dans le travail et l’évolution progressive de la main-d’œuvre conduit à réaliser des chantiers de plus en plus performants. Du coup, partant de ce constat, la taille moyenne des Cuma progresse régulièrement et conduit à avoir des structures bien gérées avec des règles de fonctionnement toujours plus précises.
Depuis plus d’un an, un travail de rencontre dans les Cuma de faible activité a donc permis de recadrer ces groupes avec, soit  un maintien d’activité lié à un meilleur suivi administratif, soit  un arrêt d’activité volontaire. En 2006, 4 Cuma ont choisi de se dissoudre : la Cuma du Janin à Cusey, la Cuma Valpérienne à Vaux-sur-Blaise, la Cuma des Pierres à Essey-les-Ponts et la Cuma des Fays à Fays. Aucune création n’ayant été effectuée, le nombre total de Cuma s’élève à 78 !
Il est à noter qu’un travail de prospection et de relance a permis de maintenir la Cuma de la Vallée de la Dhuys sur le canton de Chateauvillain. Plusieurs réunions d’information dont une avec le CER France Haute-Marne a été réalisée pour identifier des besoins en investissements collectifs. Les effets ont été immédiats : l’adhésion d’une quinzaine d’exploitations et l’achat de 6 matériels.
 
Investissements

En matière d’investissements, les Cuma ont des exigences de qualité de travail et d’adaptation à la demande des adhérents. Le contexte agricole subit des évolutions constantes et le prix des machines est régulièrement en augmentation.
2006, au même titre que 2005, est une année de forts investissements collectifs. 95 machines d’une valeur moyenne de 32 600 euros ont été achetées et pour une somme totale de 3,1 millions d’euros. Globalement, le renouvellement représente 60,7 % des achats.
Près de 40 machines nouvelles ont fait leur apparition : 3 tracteurs, 5 déchaumeurs rapides, 6 semoirs rapides, 3 pulvérisateurs, 4 épandeurs, 3 broyeurs végétaux multirotors, 2 distributeurs d’engrais, 1 moissonneuse-batteuse…
Cette année, les nouveaux équipements concernent plutôt les cultures avec des outils de sol et des semoirs. Les outils de récolte qui représentent habituellement 50 % des achats passent à 35 % en 2006.
Les Cuma ayant investi sont au nombre de 38 soit une sur deux. Certaines ont réalisé de gros investissements axés sur la logique de chantier avec tracteur, outil de sol, semis… Le financement s’articule entre les prêts normaux et des « Agilor » sachant que les prêts MTS qui ne sont pas assez attractifs ne sont plus utilisés.

Soutiens financiers

Régulièrement, depuis plusieurs années, la FD Cuma et son réseau Champagne-Ardenne rencontrent les instances départementales et régionales afin de parler aides et subventions. Une à deux réunions de concertation permettent de cadrer les orientations et adapter les mesures aux besoins actuels et futurs des Cuma.
Au niveau du Conseil Régional, depuis 2005, les conditions d’octroi des aides ont été revues avec un taux d’aide de 30 % sur le matériel et un plafond de 15 000 euros par projet. Le tout est conditionné à des règles de calcul et des obligations, notamment en matière d’implication dans l’agriculture raisonnée.
Ce nouveau système a incité de nombreuses Cuma à s’engager dans des projets « sensibles » comme le semis ou la pulvérisation. Au total, 17 dossiers ont été ouverts en 2006 représentant un montant de 144 700 euros de soutien régional. Cette somme est en forte hausse avec la moyenne des dossiers qui passent de 5 000 à 8 500 euros. Ces mesures incitatives ont permis la mise en place de plusieurs chantiers organisés, efficaces et économiques.
Au niveau du Conseil Général, 8 dossiers d’aide à la mécanisation ont été déposés ainsi que 4 dossiers d’aide à la comptabilité pour un montant de 34 248 euros. Ce type d’aide en vigueur depuis assez longtemps reste d’actualité et est venu soutenir des achats d’automoteurs dans la majorité des cas.
Si une réforme de ces aides devait être négociée, elle devra tenir compte de l’évolution des Cumas vers des chantiers organisés et conserver l’attrait qui est le sien.

Réseau régional et national

Le réseau national a entrepris une restructuration de ses échelons. Ce travail s’est poursuivi en 2006 afin d’aboutir à des propositions lors du prochain congrès national. La FD Cuma, par le biais de son conseil d’administration, réfléchit donc à son positionnement dans le futur réseau.
Etant en phase de réflexion, le réseau régional Nord Bassin Parisien a eu une activité modérée en 2006. Par contre, des rencontres régulières ont eu lieu entre les quatre départements de Champagne Ardenne.
Une initiative régionale nommée Pulv-innovation a d’ailleurs été conduite dans l’Aube sur le sujet de la pulvérisation en commun et des rencontres assez régulières entre animateurs permettent d’échanger certaines compétences.
Afin de pouvoir tenir une position objective sur le souhait des Cuma haut-marnaises, une réflexion s’est engagée fin 2006. Elle s’est traduite par la journée des présidents qui a eu lieu en janvier 2007. Il en ressort un certain attachement à une fédération départementale capable d’être disponible et réactive à toutes les demandes du terrain.
A l’échelon national, la question du rôle des FD Cuma est en débat et chacun va essayer de trouver le type de réseau qui lui convient le mieux.

L'avenir des Cuma par Dominique Guenat

“Les Cuma de notre département ont une évolution régulière et sont demandeuses d’un accompagnement efficace et réactif. La rigueur dans le fonctionnement des groupes est un gage de réussite et la FD Cuma doit répondre et proposer des outils adaptés.
Ce travail est déjà entrepris avec des visites et participations régulières aux conseils d’administration et aux assemblées générales. Tenue rigoureuse des engagements, refonte des règlements intérieurs, mise en place de commissions « casse », apports de références régionales, voilà autant d’axes de travail à pérenniser.
Mais, d’autres axes apparaissent avec, notamment, la communication entre adhérents ou l’animation interne du groupe. Depuis deux ans, de nombreux responsables de Cuma ont changé et l’agriculture elle-même est en mouvement. Il est donc important d’enclencher des réflexions sur le profil de nos Cuma d’ici quelques années quant à la manière dont elles devront être gérées et animées.
D’autres projets sont aussi à creuser comme le problème de disponibilité de main-d’œuvre sur les exploitations qui complique l’organisation des chantiers.
La recherche de complémentarité, l’organisation en inter-Cuma, la main-d’œuvre partagée sont autant de sujets cruciaux pour le maintien et le développement de certaines Cuma. Cette réflexion vaut aussi pour notre réseau qui est en restructuration.
La FD Cuma va également continuer ses collaborations inter-OPA sur divers sujets. Des réponses précises sont attendues pour améliorer encore la gestion des exploitations”.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2522 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 2522 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui