L'Avenir Agricole et Rural 04 octobre 2006 à 00h00 | Par F.Thevenin

HAUTE MARNE - AGRICULTURE RAISONNEE, le traitement, c'est pas automatique

Le Gaec de la Grivée, à Colombey-les-Choiseul, a ouvert ses portes aux différents établissements agricoles de Haute-Marne afin de présenter le principe de l'agriculture raisonnée et du réseau Farre.

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Avec l'UIPP, une plate forme a permis de présenter les outils qui permettent d'appliquer les justes doses.
Avec l'UIPP, une plate forme a permis de présenter les outils qui permettent d'appliquer les justes doses. - © F THEVENIN "Avenir Agricole 52"
Le Gaec de la Grivée, à Colombey-les-Choiseul, est la seule exploitation haut-marnaise à appartenir au réseau Farre qui a pour but de promouvoir et de développer l'agriculture raisonnée sur l'ensemble du territoire nationale. Cette promotion passe, évidemment, par la présentation des fondements de l'agriculture raisonnée aux plus jeunes, à ceux qui reprendront des exploitations, à ceux qui sont actuellement en formation. Du coup, la famille Collin a ouvert les portes de leur ferme, durant un après-midi, aux établissements agricoles du département. Etaient présents : des classes du lycée agricole de Choignes, une classe de la MFR de Saint-Broingt et quelques élèves de la toute nouvelle MFR de Buxières-les-Villiers. PRESENTATION DE L'AGRICULTURE RAISONNEE Au total, en France, 400 exploitations adhèrent à la démarche Farre et donc, à un référentiel avec 90 exigences à suivre dans des secteurs aussi variés que l'élevage, le maraîchage, la culture, la viticulture… Pour appartenir au réseau, les structures doivent être qualifiées et, par conséquent, reconnues par le ministère de l'Agriculture. Important : la démarche « agriculture raisonnée » n'est pas une marque même s'il est possible de la mentionner sur les produits mis en vente. A la différence du Label Rouge, l'agriculture raisonnée s'intéresse à la totalité de l'exploitation, à toutes les productions présentes sur la ferme. Par exemple, les notifications et enregistrements concernent les animaux, les cultures, les rations, les phytos, l'eau… Pour les agriculteurs, l'intérêt est d'exploiter ces notes afin de progresser, de trouver les points forts et de recenser les points faibles. Autre intérêt : dans certains domaines, les démarches sont volontaires. Les agriculteurs ont le choix et ne travaillent pas sous la contrainte. Au Gaec de la Grivée, les membres ont choisi de développer les rotations et de pratiquer du préventif plutôt que du curatif. D'autres exploitations Farre peuvent choisir d'autres options en fonction des contrats passés. Par exemple, le Gaec a un contrat avec un meunier qui désire des céréales d'un type précis. L'exploitation va pouvoir s'y adapter ! Enfin, l'agriculture raisonnée présente un autre avantage par rapport aux labels ou autres démarches : les techniques peuvent être complémentaires et les agriculteurs ne s'enferment pas dans une seule technique comme, par exemple, avec le « bio ». Par exemple, il est possible de se diriger vers l'agriculture biologique mais lorsqu'un traitement paraît indispensable, il est possible de le faire. Le tout est basé sur l'observation et l'environnement reste néanmoins le leitmotiv de la démarche. PRESENTATION DU GAEC DE LA GRIVEE Le Gaec de la Grivée est une exploitation en polyculture élevage sur 300 hectares. Moitié de la surface est consacrée aux cultures et l'autre moitié aux animaux. Côté cultures, la gamme est particulièrement large : 4 variétés de blé (59 ha) dont du blé améliorant, de l'escourgeon (12 ha), de l'orge de printemps multiplicateur de semences (3 ha), du maïs ensilage (37 ha), du pois multiplicateur de semences (16 ha), du colza (7 ha), du trèfle violet (8 ha) pour oisellerie ou en multiplicateur de semences et 12 hectares en gel permanent. Sur les 60 hectares des cultures de printemps, des végétaux pièges à nitrate sont mis en place. Evidemment, avec une telle rotation, le Gaec perçoit l'aide rotationnelle mais l'intérêt est surtout d'obtenir des effets précédents intéressants et de pouvoir étaler les travaux sur l'année. A noter que la valorisation des effluents d'élevage se fait sur 150 hectares avec des analyses systématiques et annuelles sur le purin, le lisier, les eaux bleues et les eaux vertes. En matière de protection phytosanitaire, après trois ans de recul est d'enregistrements, le raisonnement a évolué vers des étapes précises : observation des symptômes, diagnostic, prescription et traitement (ou pas). Cette technique évite la « systématique » sachant que l'objectif prioritaire est de ne pas traiter. L'exploitation vient d'ailleurs de passer en semis simplifié et pulvérisation bas volume. COTE ELEVAGE Le Gaec dénombre 230 UGB dont 80 vaches laitières à 9 000 kg de moyenne pour un quota de 620 000 litres. 35 génisses sont élevées pour le renouvellement et les 40 veaux mâles (+ 30 achetés) étaient, jusqu'en 2006, transformés en taurillon pour le Liban en vivant. Depuis le découplage, une cinquantaine de mâles feront des bœufs et les autres partiront en taurillon. L'atelier viande comprend également des vaches de réforme en race à viande qui sont achetées maigres et revendues à 100 jours. La particularité de ce cheptel est la « rapidité » : les génisses vêlent à 2 ans, les taurillons sont peu de temps sur l'exploitation et les vaches de réforme, en hors-sol, ne restent que 100 jours. Le chargement est donc extensif, sous la barre des 1,4 UGB En matière sanitaire, là encore, l'exploitation préfère le préventif au curatif. Les éleveurs ont recours aux vaccinations avec des enregistrements précis qui permettent d'améliorer la qualité sanitaire du troupeau. Par exemple, à la nursery, ils utilisent des huiles essentielles en préventif et pour éloigner les maladies pulmonaires et gastriques.
AVENIR Pour l'avenir, après la sortie de deux membres, le Gaec qui compte désormais deux associés et deux salariés, cherche à optimiser leur temps de travail ; d'où l'emploi de caillebotis logette, du semis simplifié, de la pulvérisation rapide et d'où un projet de salle de traite roto 22 postes. Pour conclure, la famille Collin rappelle que l'agriculture raisonnée ne donne pas l'assurance d'un meilleur produit mais la traçabilité est parfaite afin de satisfaire et de rassurer les consommateurs.

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