L'Avenir Agricole et Rural 06 novembre 2008 à 10h32 | Par F.Thevenin

Habitat - La maison “éconologique” des décennies à venir

En décembre, Luc Cron et son épouse seront les propriétaires d’une maison «économique» et «écologique». Avec l’entreprise Vitrey, tout a été réfléchi et pensé afin de limiter la consommation d’énergies. Présentation.

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La maison est pensée pour des dépenses énergétiques limitées. Au premier plan, l’ouverture du puits canadien.
La maison est pensée pour des dépenses énergétiques limitées. Au premier plan, l’ouverture du puits canadien. - © F.T.

Luc Cron, marié, trois enfants, a acheté et rénové une maison sur Langres de juillet 2002 à janvier 2003. Etant dans l’impossibilité d’effectuer une extension, il a choisi d’en construire une nouvelle, route Buzon. Mais, cette nouvelle n’est pas une maison comme les autres…
La première démarche de cet homme à la pointe des innovations en matière de technologies et de matériaux a été de trouver un terrain qui pourrait accueillir son projet. Deuxième complication : trouver un constructeur local orienté dans les constructions «efficace énergétiquement». En tant que maître d’ouvrage, Luc Cron voulait travailler avec une structure qui pourrait réunir toutes les technologies désirées. Elle devait avoir une vision globale et être particulièrement compétente pour suivre ses idées et ses solutions.
Dans un premier temps, Luc Cron s’est tourné vers des architectes langrois mais, problème, ils n’effectuaient pas de suivis de travaux. En décembre 2006, trois mois après l’acquisition du terrain, il se tourne alors vers l’entreprise Vitrey qui remplit pleinement ses conditions.

Premiers choix

Pour Vitrey et Luc Cron, le premier choix fut l’orientation de la maison sur le terrain et la définition des besoins par rapport au nombre de personnes vivant dans cette habitation. L’idée était de construire une maison qui consomme le moins possible d’énergie sans pour autant mettre en avant une technologie par rapport à une autre. Luc Cron était ouvert à toutes les idées avec un seul objectif : une rentabilité sur 10 ans.
De son côté, l’entreprise Vitrey a apporté ses conseils en matière de conception et de coût. A noter que, désormais, elle effectue, sur demande, des diagnostics de performance énergétique pour savoir si une future habitation est énergivore (ou pas !). Tout est passé en revue : l’épaisseur des murs, l’ensoleillement, les pièces froides, l’isolation, les matériaux, les données météo…
Pour le chauffage, étant donné l’emplacement du terrain qui est excentré par rapport à la ville, le choix du gaz de ville était impossible. Luc Cron pense alors à l’électricité puis le fuel. Il se renseigne sur les pompes à chaleur, les granulats de bois et écarte définitivement la solution «bûche de bois» sachant qu’il n’a plus envie d’aller «faire son bois en forêt».
Après réflexion et renseignements pris, il s’oriente, en définitive, vers un système solaire combiné (SSC) associé à une chaudière condensation au gaz pour l’appoint. Le chauffage se fait au sol et la citerne de gaz est enterrée pour une consommation prévue de 200 à 300 kg par an soit une consommation très limitée.

Le solaire thermique

Cette consommation très limitée de gaz pour l’appoint s’explique par le choix du solaire thermique et les 17 m2 de panneaux fixés sur la toiture. Une eau glycolée (antigel) circule dans les 8 panneaux, chauffe les ballons tampons et est envoyée dans le plancher chauffant à basse température sachant que les planchers chauffants, grâce aux surfaces d’échange, sont parfaits pour la basse température.
Toujours en matière de solaire, Luc Cron a tenu à orienter sa maison afin de profiter au maximum du soleil. Les plus grandes surfaces vitrées des pièces de vie (salon, salle à manger…) sont tournées vers le sud et l’ouest permettant ainsi l’économie d’un tiers de chauffage sur un an.

Une VMC double flux

Luc Cron s’est ensuite penché sur le renouvellement de l’air. Il ne s’est pas contenté d’une VMC (ventilation mécanique contrôlée) traditionnelle qui permet d’obtenir un air sain et sans humidité. Comme la norme actuelle de ces VMC est de renouveler un volume par heure, il déplore une perte réelle de calories qui partent dans l’air. Il s’est donc tourné vers une VMC à double flux et l’utilisation d’un échangeur thermique. En fait, la VMC prend la chaleur de l’air. Elle est stockée et elle sert à préchauffer l’air sain qui entre dans la maison.
Cette technique permet de contrôler le volume d’air entrant et permet de renouveler un demi volume par heure. De plus, le système est encore amélioré grâce à la mise en place d’un puits canadien. L’air passe dans le sol, à 1,80 m, pour être préchauffé afin de mettre l’air hors gel. La technique est réversible en été pour fournir de la fraîcheur et évacuer la chaleur de la maison.

Une isolation réfléchie

En matière d’isolation, là encore, rien n’est laissé au hasard. Sous les tuiles, des fibres de bois compressées sont particulièrement isolantes. Elle ont des propriétés de pare pluie et de coupe vent. Sous les combles, à la place de la traditionnelle laine de verre, Luc Cron a opté pour de la ouate de cellulose. Ce matériau écologique protège contre le froid et le chaud grâce au «déphasage thermique» qui permet à la chaleur de passer plus lentement dans les fibres. La ouate est traitée contre les champignons et les insectes.
Du côté des murs, les briques ont été préférées aux parpaings de ciment et le polyuréthane à la laine de verre. Avec 10 cm de polyuréthane, l’efficacité isolante est maximale et 60 % supérieure aux autres techniques.
Enfin, toujours afin d’effectuer des économies, Luc Cron a décidé de récupérer les eaux de pluies qui servent à alimenter le lave linge et les toilettes. La cuve de 6 500 litres sera amortie sur 15 ans.

Economies

Au bout du compte, la maison qui sera terminée en décembre sera une maison de classe A soit une habitation très peu énergivore. Sa consommation par m2 sera de 50 kW alors que les maisons actuelles, avec la norme 2005, sont en classe E et consomme 250 kW.
Il est prévu que la maison de 210 m2 de Luc Cron consomme 2 800 kWh par an, à savoir 2 100 en énergie gaz et 700 en électrique (moteur de la VMC) ; ce qui revient à un ratio de 13 kWh/m2/an. Avec l’ensemble de ces techniques, une maison de 100 m2 peut tabler sur une consommation de 25 euros par mois au lieu des 150 euros habituel avec des techniques moins recherchées.
Reste à savoir que ce genre de maison éconologique coûte 25 % de plus qu’une «traditionnelle» mais, elle ne font que devancer les standards qui seront mis en place en 2012. Avec les aides à venir (Grenelle de l’environnement) et les aides existantes (Conseil Régional), tout futur propriétaire se doit d’effectuer une réflexion à long terme, sur 15/20 ans, avant de se lancer dans une construction. Avec les choix de Luc Cron et l’entreprise Vitrey, il devrait rapidement s’y retrouver économiquement et écologiquement.

Frédéric Thévenin

La semaine prochaine, nous reviendrons, dans le détail, sur les techniques et les matériaux choisis.

Portes Ouvertes
Pour les personnes intéressées, Luc Cron et l’entreprise Vitrey ouvrent les portes de cette maison «éconologique» les :

21 et 22 novembre
De 14 h 00 à 19 h 00
Rendez-vous route Buzon à LANGRES

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