L'Avenir Agricole et Rural 15 avril 2010 à 10h30 | Par Estelle DAUPHIN

GROUPEMENT DE DEFENSE SANITAIRE - Check-up au GAEC de la CHANTRERIE

A l’heure de la mise à l’herbe, le GDS organise une série de réunions à l’étable, afin de rappeler les précautions d’usage aux adhérents et de faire le point sur l’état sanitaire des élevages visités. Retour sur l’une de ces rencontres au GAEC de la Chantrerie à Saint Urbain, entre vallons et sources, aux portes des Hauts Pays.

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Thomas et Bernard Girardot, du GAEC de la Chantrerie à Saint-Urbain. (© Estelle DAUPHIN) Lot de génisses d’un an, prêtes à être mises à l’herbe Les vaccins et la terramycine doivent être conservés au frais.

 

Conduite du troupeau

Les associés du GAEC ont choisi la simplicité au niveau de l’alimentation du troupeau laitier composé d’une centaine de VL ; brisure de maïs, tourteaux de colza et minéraux. Ils ont abandonné la transformation des céréales. Le troupeau étant assaini au niveau des cellules, l’insémination sexée sert essentiellement au renouvellement du troupeau avec des vêlages à trente mois, ou plus rarement à vingt quatre mois. Les génisses d’un an rentreront au 15 août pour être inséminées. Un taureau couvre celles qui n’ont pas été prises. Les veaux mâles sont vendus à huit jours.

Prévention des zones humides en pâture

Les zones humides sont les principales zones à risque dans les prairies. Elles sont propices au développement de la limnée, hôte intermédiaire de la douve et du paramphistome. Deux parasites qui affectent souvent les bovins de façon concomitante.
Dans le pré destiné aux génisses d’un an, une source voit le jour, alimentant la Marne. Les associés ont effectué un aménagement subventionnable par les agences de l’eau et la DRAAF afin d’assainir le terrain. Ils ont réalisé un puits où les bêtes peuvent s’abreuver par un système de pompe à balancier qu’elles actionnent en poussant de la tête. La zone humide est protégée par des grillages, de sorte que les bêtes n’ont plus accès à la zone à risque, évitant de contaminer l’eau et de se contaminer par des parasites.
Les vaches taries sont mises en pâture sur terrain sain en bordure de Marne et Rognon où des digues ont été creusées. Les éleveurs ne rapportent pas la présence de zones humides.

Mise à l’herbe

Sur le plan alimentaire, la ration d’hiver est divisée par deux avec du foin à volonté afin de préparer la mise à l’herbe.
Du 10 avril au premier juin, elles reçoivent un complément de foin car l’herbe jeune est pauvre en énergie (riche en sucre soluble mais pas d’amidon ni de cellulose). En outre, les bêtes sont plus exposées au froid.
Les exploitants ne réalisent aucun traitement parasitaire avant la rentrée, arguant le prix des bolus. Etant donné que les génisses ne sortent pas avant d’avoir atteint l’âge d’un an, elles sont déjà bien conformées. De plus, elles sont lâchées dans une pâture où elles disposent de plus de 50 ares/UGB, la contamination liée au surpâturage par les strongles est donc limitée. L’immunité s’installe progressivement.

 

Puits réalisé afin de limiter l’accès des vaches à la source. La vache actionne elle-même un système de pompe à balancier avec sa tête.
Puits réalisé afin de limiter l’accès des vaches à la source. La vache actionne elle-même un système de pompe à balancier avec sa tête. - © Estelle DAUPHIN

 

Protocole de déparasitage

Le déparasitage est réalisé à la rentrée. Les génisses sont traitées à l’Iména qui contient deux molécules actives contre les strongles et les douves. Il n’est pas autorisé sur les vaches laitières en raison de la présence de léramisole.
Les vaches laitières sont également traitées à la rentrée au douvistome et au panacur anti-strongles.
Thierry Divay, technicien conseil au GDS, préconise de réaliser le traitement contre les douves en deux fois afin d’atteindre les douves adultes : une première dose de 100 ml au 15 octobre et un second drogage  huit semaines plus tard. Jusqu’à présent, les éleveurs ne faisaient qu’un drogage de 150 ml, d’autre part, l’abattoir de Mirecourt ne leur a jamais signalé la présence de douve dans le foie des animaux.
Le technicien conseil préconise d’apporter un échantillon de lait de mélange (au tank) au laboratoire afin de s’assurer que le troupeau est sain et éventuellement suspendre le traitement systématique contre les douves si celui-ci est inutile. Ce test n’est certes réactif qu’à partir de 30 % d’infestation, mais la contamination par la douve, liée aux conditions de pâturage, infeste généralement le lot complet.
Les vaches seront reprises au mois de mai afin de subir un traitement au butox, contre les mouches et les tiques. Elles seront également vaccinées contre la FCO pour la dernière année, au grand soulagement des éleveurs. Le vaccin de sérotype 1 favorise en effet le retour des chaleurs et enraye fréquemment des gestations.

Recommandations issues de la Charte des Bonnes Pratiques

• Les médicaments doivent être rangés dans une armoire fermée
• Les vaccins sont à conserver au réfrigérateur
• Les aiguilles et autres objets tranchants doivent être stockés dans une boîte prévue à cet effet. Si le vétérinaire ne les récupère pas, ils doivent être rapportés au laboratoire d’analyses départemental.

 

 

La trousse de «premiers secours»


En élevage bovin, en dehors de certains actes comme la prophylaxie, la plupart des gestes préventifs et curatifs sont réalisés par l’éleveur lors de la traite et de l’alimentation. Ci-après les produits de première nécessité du GAEC de la Chantrerie :

• Panacur : contre les strongles
• Iména : anti-parasitaire agissant contre les douves et les strongles, uniquement pour les génisses
• Le Synulox : antibiotique utilisé pour le traitement des mammites et de la diarrhée du veau 
• Halocur : médicament préventif et curatif de la cryptosporidiose chez le veau de moins de huit jours. Parallèlement, une désinfection du bâtiment est nécessaire pour enrayer la contamination.
• Cepravin lors du tarissement
• Le calcium : à donner dès l’apparition des premiers symptômes de fièvre vitulaire
• Chlorure de magnésium : pour renforcer l’immunité

 

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