L'Avenir Agricole et Rural 10 novembre 2011 à 10h27 | Par L'Avenir Agricole et Rural

GROUFOR - L’année des résineux

A Semoutiers, le conifère a la cote. Un précieux cadeau de fin d’année pour les propriétaires forestiers haut-marnais et pour leur nouveau Président, M.Bernard Naegel.

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Le résineux a augmenté de 30% en volume par rapport à 2010 (ventes de Semoutiers).
Le résineux a augmenté de 30% en volume par rapport à 2010 (ventes de Semoutiers). - © REUSSIR

La vocation du GROUFOR, syndicat créé en 1974, est de proposer un service équivalent à celui de l’ONF aux propriétaires forestiers privés à un coût abordable. Il rassemble 250 adhérents et couvre 10 % du massif haut-marnais, soit 15 000 ha.

Le dynamisme des ventes par soumission

 

Tendances :
Le volume des ventes a progressé de 30% par rapport à 2010, grâce à la vente de printemps. La demande sur les résineux reste forte: les prix en hausse de 30% en avril se sont maintenus à la vente d’automne. Le chêne est toujours prisé avec une croissance des prix de 10% sur le bois de qualité. Le marché est calme sur le hêtre, mais on note une demande soutenue en frêne. Les observateurs rapportent également un regain d’intérêt sur bois de trituration feuillue.
Une soixantaine d’acheteurs étaient présents. Un chiffre en hausse de 10% par rapport à l’année dernière, qui traduit le dynamisme du marché. Les lots ont été soumissionnés quatre fois en moyenne.

Chiffres clé de la vente de Semoutiers :
- Volumes concernés : 23 429 m3*, vendu à 76%
Chêne : 4901 m3
Frêne : 1710 m3
Hêtre : 1907 m3
Résineux : 6395 m3
*dont 43% du volume total certifié PEFC
- Chiffre d’affaire global : 1 011 279 €

- © ESTELLE DAUPHIN

Entretien avec Bernard Naegel, Président du Groufor

 

L’enfance de Bernard Naegel en pays vannier est ponctuée de souvenirs des ventes de bois auxquelles il accompagnait ses parents. Il dirige actuellement une société spécialisée dans des épuipements de sonorisation mobile pour prise de parole en public sur la région parisienne. Lorsqu’il hérite d’un massif forestier de trente deux hectares d’un seul tenant en indivision sur la commune de Pressigny, il n’hésite pas à racheter l’ensemble de la parcelle, qui compte de très beaux feuillus, dont plusieurs specimens centenaires. « J’aurais pu placer mon argent ailleurs, mais mon objectif était d’éviter le démantèlement d’un bien de famille, géré avec exemplarité par mon grand-père.» explique Bernard Neagel.
Entré au conseil d’administration du Groufor il y a trois ans, il succède à Alain Doré à la présidence du Groufor en 2011, tandis que ce dernier prend la tête de la récente coopérative sylvicole CPF52.

Quelle est votre perception de la conjoncture actuelle du marché du bois ?

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on navigue à vue. Autrefois le prix du hêtre rivalisait avec celui du chêne. Qui aurait pu prédire qu’un jour les résineux dépasseraient le hêtre en valeur ? De son coté, le chêne se maintient, mais pour combien de temps ?
La technique évolue ainsi que les modes de consommation ; aujourd’hui, on est capable de travailler les résineux aussi bien que les essences feuillues. De même, nos jeunes préfèrent se meubler dans une célèbre enseigne nordique low cost qu’avec des meubles en chêne.

Quelle est la priorité du Groufor ?

Incontestablement, il s’agit de faire avancer les plans de massification, afin de viabiliser l’exploitation forestière, y compris pour les petits propriétaires forestiers. Nous luttons au niveau national pour une réduction des frais de mutation (droits notariaux) pour les biens de faible valeur, comme c’est le cas dans les remembrements agricoles.

Quelles relations entre le Groufor et la coopérative forestière CPF52 ?

Nous avons créé la coopérative forestière pour répondre à des impératifs commerciaux, afin de regrouper l’offre de petits propriétaires en constituant une plateforme de commercialisation, interlocuteur unique en mesure de contractualiser de gros volumes de bois d’industrie et de bois énergie. Ce type de transactions commerciales est proscrit pour le Groufor en raison de son statut associatif.

La coopérative répondra à terme aux besoins des trois quart des adhérents pour l’ensemble des produits forestiers.

Actuellement la CPF52 constitue déjà un acteur important dans la vente de bois, puisqu’il elle apporte la moitié des lots aux ventes groupées de bois sur pied par soumissions cachetées conjointement organisées avec le groufor 52

Le bois énergie a-t-il sa place sur un marché déjà tendu ?

Aujourd’hui, on exploite à peine la moitié de l’accroissement annuel naturel de notre forêt, c’est dire si le potentiel ne manque pas. Inexorablement, le bois énergie est une piste d’avenir ; auparavant, les houppiers n’intéressaient personne, aujourd’hui ils sont valorisés.

Certes les prix de la trituration sont plus rémunérateurs et elle absorbe une grande partie du bois d’éclaircie, en revanche, elle ne s’intéresse qu’aux grands volumes. Le bois énergie peut venir en complément et permet de valoriser les taillis des petits propriétaires. Certaines coopératives du sud ouest ont créé des plateformes de commercialisation en bois énergie et ont investit dans des déchiqueteuses au profit des coopérateurs.

La Haute-Marne dispose d’un potentiel boisé parmi les plus importants de France, mais les bassins de consommation sont ailleurs. Il faut raisonner à l’échelle du Grand Est, voir du Bénélux, d’où l’intérêt de la granulation et de la mise en place d’une industrie de transformation.

Craignez-vous l’arrivée du Parc National de Forêt Feuillue ?

Certains considèrent que couper un arbre, c’est tuer la forêt, alors qu’au contraire, un massif inexploité se ferme et devient inaccessible. L’exploiter c’est le faire vivre. Mais je pense que dès lors qu’un plan de gestion sera en place, il ne pourra être remis en cause par l’existence d’un parc. Les propriétaires forestiers seront de toute façon peu concernés, s’agissant majoritairement de forêts soumises domaniales.

Croyez-vous au potentiel trufficole de notre département ?

Une relation formalisée doit être établie avec les caveurs, comme c’est le cas avec les sociétés de chasse.  Même si ce potentiel existe, il ne sera que très accessoire dans le revenu des propriétaires forestiers.

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