L'Avenir Agricole et Rural 29 janvier 2015 à 08h00 | Par JLB

Grandes Cultures Une année à oublier

La règlementation environnementale et la réforme de la PAC se sont de nouveau imposés dans les débats, mais la filière oléo-protéagineuse portée par la profession se donne aussi les moyens de garantir des débouchés d’avenir pour les agriculteurs.

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Les membres de la commission Grandes Cultures restent très perplexes sur la mise en œuvre des nouvelles MAEC qui reposent sur des références IFT désuètes et éloignées du terrain.
Les membres de la commission Grandes Cultures restent très perplexes sur la mise en œuvre des nouvelles MAEC qui reposent sur des références IFT désuètes et éloignées du terrain. - © JLB

130 euros/ha

Stéphane CRIJNS, Président de la Commission Grandes Cultures, a commencé par présenter la conjoncture économique qui a été particulièrement mauvaise pour les céréaliers haut-marnais même si les indicateurs de moisson se sont heureusement un peu améliorés.

Impactée par la sécheresse des mois de mai et juin, puis par une pluviométrie anormale au moment de la moisson, la récolte 2014 est un des plus mauvais millésimes depuis les dernières grandes calamités de la décennie précédente. Le CER France estime la perte à 130 Ä/ha dans les exploitations spécialisées en productions végétales alors que la moyenne départementale est de l’ordre de 0 euros. Les charges de structures restent élevées, notamment les charges de mécanisation. L’inertie de ce poste laisse peu d’espoir d’amélioration pour l’année 2015 même si les marchands de matériel constatent un effondrement des commandes.

 

Le prix de l’azote

Les membres de la commission ne comprennent pas le haut niveau actuel de l’azote qui devrait suivre le cours du pétrole ; mais cette situation n’est-elle pas liée au contexte national qui est bien meilleur que celui de la Haute-Marne en raison de la qualité et de la quantité récoltée ?

Dans ce contexte morose les agriculteurs qui ont vendu à prix ferme leur blé au moment de la moisson sont moins bien lotis. En effet, aujourd’hui il est possible de vendre du blé fourrager autour de 145 euros. La réfaction avec un blé panifiable» n’est plus» que de 15 à 25 euros selon les OS.

La parité euros/dollars est favorable à l’exportation, c’est ainsi que la France à récemment vendu 240 000 tonnes en Egypte. Les marchés semblent avoir aujourd’hui intégré tous les aléas (calamités, conflits militaires...) mais il y en aura sans nul doute de nouveaux d’ici la moisson. En ce qui concerne le colza, le marché est toujours aussi dépendant du biodiesel qui absorbe deux tiers des volumes. La baisse du prix du pétrole génère un gap important avec les biocarburants, ce qui entraîne une diminution des cours de l’huile. Les tourteaux sont un élément de plus en plus rémunérateur et les cours sont liés à ceux du soja, que les éleveurs estiment trop élevés.

Sans la filière biocarburants mise en place par Sofiprotéol, le marché du colza serait saturé. La vigilance de la filière reste très forte sur les taux d’incorporation obligatoires. Car le lobby anti-biocarburant est très actif notamment à Bruxelles (cf. article page 9). Nous avons obtenu que ce taux soit porté de 7 % à 8 %. Cela permet de stabiliser le marché tout en améliorant notre autonomie en protéines qui est passé entre 2002 et 2013 de 24 % à 30 % en Europe, et même 65 % en France (cf. graphique). C’est un acquis professionnel et syndical essentiel pour l’ensemble des agriculteurs et des éleveurs.

100 à 200 euros pour les légumineuses

Nathalie GOSSELET, responsable des études économiques et environnementales à la FOP, a rappelé le travail de lobby réalisé par la profession pour mettre en place un plan protéine ambitieux. 2 % des aides du premier pilier y sont affectés, soit une enveloppe de 150 millions d’euros contre 40 millions l’an dernier. Le ministre de l’Agriculture a insisté pour flécher ce budget vers l’élevage. L’arbitrage final est d’un tiers, deux tiers, soit 49 millions pour les protéagineux dont 6 millions pour le soja et environ 100 millions pour les légumineuses utilisées par les polyculteurs éleveurs dans la limite d’un hectare primé pour 1 UGB. Les céréaliers auront la possibilité de contractualiser avec les éleveurs s’ils souhaitent développer la culture de légumineuses fourragères. En revanche, il n’y a pas de contraintes de débouchés -donc pas de contractualisation obligatoire- pour les graines protéagineuses. La FOP aurait souhaité que le partage budgétaire soit 50/50, mais le ministre rassure en précisant que les enveloppes sont fongibles...

L’aide à l’hectare est comprise entre 100 et 200 euros dans la limite des enveloppes disponibles.En cas de dépassement, l’écrêtement se fera sur les hectares. L’aide sera versée aux nouvelles surfaces nouvellement implantées en 2015 et pour une durée de 3 années maximum pour les légumineuses fourragères.

Pour le moment, la culture dominante est définie en fonction du poids des semences mises en place mais il faudra probablement tenir compte de la récolte principale faite sur ces cultures associées. De même la question reste posée sur le remplacement des prairies temporaires actuelles avec des légumineuses.

Enfin, le ministre n’a toujours pas précisé les modalités de contractualisation entre éleveurs et cultivateurs pour percevoir l’aide légumineuse fourragères.

Vous pouvez lire la suite de cet article dans notre édition du 30 janvier 2015.

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