L'Avenir Agricole et Rural 14 juin 2012 à 16h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

GRANDES CULTURES - SEPAC - Faire partie d'un groupe "agri - industriel"

La SEPAC a organisé ses visites d’essais à Bologne vendredi dernier et présenté son bilan de la campagne 2011, marqué par les aléas climatiques et l’entrée du négociant dans le groupe coopératif Vivescia (lire nos pages 8 et 9 de ce numéro).

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Christian Rousseau,
Président délégué «aux métiers de l’agriculture et à l’innovation»
Christian Rousseau, Président délégué «aux métiers de l’agriculture et à l’innovation» - © Estelle Dauphin

Christian Rousseau, Président délégué «aux métiers de l’agriculture et à l’innovation»

La SEPAC poursuit sa progression avec 1% de plus en 2011 en terme de volume de collecte, qui plus est dans un environnement en baisse, pour atteindre 400000 tonnes à l’horizon 2015, avec une anticipation permanente des besoins. Lors du réensemencement massif au printemps, rappelle Christian Rousseau, Président-délégué de la SEPAC, nous avons été réactifs sur l’approvisionnement en semences. Une performance atteinte grâce à la dimension du groupe Vivescia, qui figure parmi les 20 premières coopératives européennes et des 100 premières entreprises françaises.

L’intégration de la SEPAC au sein de Vivescia depuis le 3 avril constitue en effet une opportunité d’accès au marché et à l’innovation. La SEPAC fait désormais partie de la branche «négoce» de la coopérative en matière de céréales, aux côtés de COMPA, négoce de raisin pour les vignerons de la Marne atteignant un volume de 100 000 tonnes. Le négoce contribue à capter un maximum de revenus au profit des adhérents. Pour autant, «nous ne sommes pas des traders» rappelle Jérémy Jaquet, responsable Marchés chez Vivescia, qui a notamment évoqué la gestion du risque «en bon père de famille» en matière de commercialisation des denrées agricoles.

Suite aux aléas climatiques qui ont sévi en Europe et plus particulièrement dans l’Est de la France, un niveau de production jamais atteint en orges de brasserie va arriver sur le marché. Vivescia, premier malteur européen, aura pour priorité d’assurer des débouchés à ses producteurs adhérents. La force du groupe agri-industriel réside dans la maîtrise de la filière : de la fourniture de la semence au produit final délivré au consommateur.

Christian Rousseau est revenu sur le durcissement de la réglementation environnementale avec l’échéance Eco’phyto 2018, la mise en œuvre du cinquième programme Directive Nitrates et les négociations actuelles sur le verdissement de la PAC. La position du Groupe Vivescia en la matière est d’éviter une SET* mise hors culture de 7 %. Une obligation atteignable en zone de forêt, grâce aux lisières, mais pas dans les zones de plaine. L’objectif de la coopérative est de faire valoir les pratiques existantes favorables à la biodiversité : semis simplifiés, couverts végétaux et allongement des rotations. Deux motivations soutendent cette position. La première étant la tendance lourde à l’augmentation de la consommation avec le «réveil de la Chine» sur les produits carnés. La deuxième étant l’engloutissement dramatique du foncier sous l’effet de l’urbanisation, en particulier dans le bassin parisien où les meilleures terres de France disparaissent. Le responsable rappelle l’avantage compétitif que détient le nord Est de la France en terme de desserte, malgré l’insuffisance de canaux, par rapport aux pays de la Mer noire, ainsi que l’avantage au niveau sanitaire (mycotoxines) lié aux conditions de stockage.

*Surface en Elements Topographiques

Bilan orge de brasserie France
Bilan orge de brasserie France - © source sepac

En direct des marchés : Analyse du bilan des graines

Deux données préalables sont à prendre en compte dans l’analyse des tendances du marché agricole. A court terme, la parité euro/dollar, descendue à un niveau historiquement bas de 1,25Ä/$, joue en faveur de nos exportations de céréales. A plus long terme elle est le signe d’une récession durable et surenchérit nos importations de protéines végétales, le marché du soja étant quoté en $. Le deuxième facteur a prendre en compte est le cours du pétrole, qui s’inscrit sur une tendance baissière à 100 USDollar le baril, indicateur d’un ralentissement de l’économie mondiale. Celui-ci, s’il est favorable au cours des engrais minéraux, impacte directement le prix du diester et donc la compétitivité de l’activité de trituration des graines de colza.

Maïs

Le maïs est la céréale la plus échangée au monde. Le stock est très tendu depuis trois ans avec 120 millions de tonnes. Il contribue au maintien des cours du complexe fourrager. La Chine produit 150 millions de tonnes, soit environ 20% de la production mondiale, mais reste importatrice. Les États-Unis à eux seuls réalisent 50% de la production mondiale et surtout 40% des échanges internationaux, qui déterminent le prix du maïs produit.

Les prévisions de récolte pour l’année 2012 sont en hausse en raison de l’engagement de 36 millions d’hectares aux États-Unis, une surface jusqu’à présent jamais atteinte, pour un rendement tendanciel estimé à 104 qx/ha.

Blé

La situation est tendue dans les pays de la Mer noire et en Europe. Le gel hivernal a pour conséquence une baisse de sept millions de tonnes de production prévue cette année. Le stock mondial est estimé à un mois à peine, ce qui sécurise les débouchés pour cette production.

Oléagineux

Le premier marché des oléagineux est celui du soja avec 275 MT de production prévue en 2012. Le marché du colza est déficitaire en Europe et de taille moindre, avec 20 MT de production. Il est corrélé au marché du soja et du complexe fourrager concernant la graine qui sert à la fabrication du tourteau, avec toutefois un antagonisme concernant l’huile de trituration destinée à la production de diester, corrélée au marché du pétrole. Cette année, le niveau de production en Europe est estimé à 16 MT et sera donc fortement déficitaire.

Orge de brasserie

La situation est tendue dans les pays de la Mer noire et en Europe. Le gel hivernal a pour conséquence une baisse de sept millions de tonnes de production prévue cette année. Le stock mondial est estimé à un mois à peine, ce qui sécurise les débouchés pour cette production.


 

 

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