L'Avenir Agricole et Rural 19 juin 2014 à 10h13 | Par Jean-Louis BLONDEL

GRANDES CULTURES - Les calamités se suivent

La réforme de la PAC et les calamités agricoles ont été au cœur des discussions de la Commission Grandes Cultures FDSEA-JA qui s’est réunie le 11 juin dernier. Une fois de plus, la Haute Marne est dans une situation très délicate.

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La commission Grandes Cultures espère que la MAEC Zone Intermédiaire sera applicable sur tout le département.
La commission Grandes Cultures espère que la MAEC Zone Intermédiaire sera applicable sur tout le département. - © JLB

Une plus value de 30 E/t grâce au biodiesel

Stéphane CRIJNS a résumé la conjoncture économique qui est plutôt moyenne dans un environnement climatique de plus en plus préoccupant.

Au jour de la réunion de la Commission le potentiel des cultures d’hiver et de printemps n’était pas encore sérieusement entamé sauf pour les orges d’hiver qui ont subi des gels dans la période critique de méiose. L’état végétatif des colzas était plutôt satisfaisant de même pour les blés. Aucun pronostic n’a été toutefois avancé et il aurait été, en toute hypothèse, sérieusement contredit par la canicule et la sécheresse qui viennent de s’abattre sur le département. La situation ne semble toutefois pas générale en France, ni dans le Monde. Les récoltes s’annoncent satisfaisantes, ce qui engendre un effritement des marchés. Une sécheresse semble sévir en Russie et seuls 30 % des blés américains sont bons ou excellents. Néanmoins, la production européenne s’annonce correcte et les cours restent bloqués. Quant aux colzas, le Canada liquide ses stocks en grande partie vers les usines de trituration européennes qui sont d’ailleurs dans une situation économique difficile. Les marges de ces industries restent très faibles et ce ne sont pas les prévisions d’incorporation dans les biocarburants qui vont redresser la situation. En effet, nous sommes passés d’un objectif de 10 % à 6 % selon les propositions de la Commission. Un compromis à 7 % semble envisageable ce qui pourrait tout juste maintenir le débouché actuel. Les tourteaux, qui autrefois étaient un coproduit de l’huile, constituent aujourd’hui la matière noble qui valorise la graine.

Le biodiesel reste un débouché essentiel pour le colza et SOFIPROTEOL estime que la plus value apportée au cours de ces dernières années est de l’ordre de 30 Ä/tonne. Il est important que la profession agricole et les Pouvoirs Publics défendent avec conviction ce débouché. Les discours accusateurs de certains groupes de pression, notamment ceux étayés par le changement d’affectation des sols, doivent être contrecarrés vigoureusement, d’autant plus que la France et l’Europe sont fortement déficitaires en protéines.

 


Une aide couplée aux protéagineux intéressante

Les arbitrages du Ministre lors du CSO du 27 mai permettent d’espérer le maintien de l’aide actuelle aux protéagineux pour un montant compris entre 100 E et 200 E/ha, ainsi qu’un nouveau soutien aux légumineuses fourragères (ex : luzerne ou trèfle) ou méteils (ex : vesce-seigle). L’enveloppe réservée à ce deuxième axe représente les 2/3 des 151 MÄ (2% du 1er pilier) attribués à la production de protéines végétales. Pour y prétendre, il faudra être polyculteur-éleveur avec 5 UGB (herbivore et monogastrique) minimum et les surfaces fourragères prises en compte seront plafonnée à 1 ha/UGB. L’aide sera versée pendant 3 ans. Un céréalier pourra aussi contractualiser avec un éleveur voisin pour émarger à ce dispositif.

Remarque importante : les surfaces bénéficiant de cette aide sont également éligibles aux MAEC et peuvent être comptabilisées dans les Surfaces d’Intérêt Ecologique (SIE).

La Commission Grandes Cultures est intéressée par ce nouveau plan protéines qui peut aussi s’intégrer dans la MAEC Zone Intermédiaire. En effet, celle-ci prévoit l’incorporation de 3 % en année 2 et 5 % en année 3.

La MAEC Zone Intermédiaire doit porter sur tout le département

Les MAEC sont gérées par les Conseils Régionaux, nouvelles «autorités de gestion», dans le cadre d’un cahier des charges qui impose un enjeu de biodiversité. Le Conseil Régional de Champagne Ardenne a prévu de rattacher la MAE Zone Intermédiaire principalement à l’enjeu «eau». Or, le Sud haut-marnais est exclu de cette problématique. La Commission Grandes Cultures estime qu’il est inacceptable de découper ainsi le département, lequel est par ailleurs entièrement classé en zone vulnérable. Un dossier sera remis à cet effet lors d’un échange avec les Elus régionaux. Des explications sont aussi demandées au Ministère de l’Agriculture et à l’Administration sur la détermination du zonage et des modalités de rattachement des différents enjeux environnementaux. La Commission s’inquiète par ailleurs des modalités de calcul des IFT, notamment des herbicides qui sont particulièrement élevés en raison de l’importance de la sole de colza.

Suite de cet article dans notre édition du 20 Juin 2014.

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