L'Avenir Agricole et Rural 06 juin 2019 à 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

GRAINES BIOLOGIQUES, UNE FILIÈRE FLORISSANTE

AGRICULTURE BIO : L’appétit grandissant en farines bio encourage les exploitations céréalières à l’agrobiologie. En 2018, le secteur des grandes cultures, longtemps parent pauvre, est devenu la locomotive des conversions des fermes françaises comme l’a indiqué l’Agence Bio à l’A.F.P

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Les années 2015, 2 016 et 2 017 ont été très riches de conversions et 2 018 dépasse ces trois années-là qui étaient déjà des années records. Sur toute la France, en 2007, 80 fermes en grandes cultures étaient passées en bio. En 2018, elles étaient 1 360 à devenir bio soit plus de 20 % des conversions toutes productions confondues.

Outre la demande très forte, la multiplication des outils dédiés au stockage et à la transformation de grains sans pesticides a permis de lever les dernières réticences. « Le renforcement du maillage du territoire par de nouveaux silos de stockage dédiés explique en grande partie la conversion en bio, les agrobiologistes ne sont désormais plus face à un désert aval » explique Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio qui ajoute « Quand vous faites des céréales, vous transformez rarement à la ferme. La plupart du temps, il faut un circuit de valorisation, du stockage et des moulins, qui plus est, pas trop loin de chez vous ».

De plus en plus d’agriculteurs envisagent l’agrobiologie pour améliorer leur marge, dans un monde où les cours sont plus volatils que jamais. « Début avril, le prix du blé conventionnel au port de Rouen atteignait 184,50 Ä/T, le prix du blé bio est de 350 à 500 Ä/T selon les contrats », explique à l’AFP Franck Bluteau, agriculteur responsable de la commission bio de l’AGPB (syndicat des producteurs de blé) qui précise « Le prix est alléchant, mais, là où le blé conventionnel atteint les 70 q/ha, le rendement en bio oscille de 20 à 50 q/ha selon les aléas climatiques ».

 

Encore une offre insuffisante

Si le blé tendre est presque exclusivement utilisé en meunerie, les autres céréales bio (orge, triticale, maïs) sont destinées principalement à l’alimentation du bétail, autre maillon d’entraînement des conversions grâce à la demande croissante de viande bio. « On produit à peu près deux tiers de nos besoins en blé tendre bio, on en importe un tiers », indique Franck Bluteau. Ce constat ne décourage pas les grandes coopératives : Vivescia et les Grands Moulins de Paris envisagent de spécialiser un à deux moulins en bio à l’horizon 2 020. Le groupe Soufflet l’a déjà fait et la coopérative Axéréal espère quant à elle doubler d’ici trois ans sa collecte actuelle de graines bio (environ 39 000 tonnes).

De quoi atteindre peut-être le vœu de la filière :

l’autosuffisance de la France en farine bio d’ici à 2 022.

- © CA

PAROLE D’ÉLUE


Aude Cathelat, jeune agrobiologiste installée en 2015 vient d’accepter la succession d’Eric Gruot à la présidence du GAB2 « J’avais envie de poursuivre les actions menées par le GAB52 et je suis ravie de pouvoir maintenir le partenariat engagé avec la Chambre d’agriculture depuis plus de 12 ans. Nos 37 adhérents sont toujours prêts à partager leurs savoir faire et les conseillers de la Chambre apportent leur expertise pour favoriser les conversions. Nos adhérents assurent un parrainage des néoagrobiologiques et ils recherchent des solutions logistiques collectives pour faciliter le stockage et la commercialisation, les conseillers de la Chambre accompagnent les projets, produisent des références.

 

 

Ensemble, et avec le réseau BioGrand Est, nous œuvrons à la promotion et à la mise en relation des acteurs des filières bio régionales et locales. Ce nouveau Déclic Bio sera, je l’espère, une nouvelle occasion de démontrer que l’union fait la force et qu’ensemble nous pouvons mobiliser.»

 

 

Declic bio : innover du champ au client

La 2ème édition du Déclic bio mettra l’accent sur l’innovation en proposant des solutions pour diversifier son assolement et pour bien conserver et bien valoriser ses récoltes.

Il faut garantir une offre des graines de qualité pour répondre durablement à une demande grandissante ainsi selon Olivier Deseine, meunier francilien « Près de 40 % des boulangers parisiens avaient au moins un produit bio en 2018. Il y a cinq ans, il y en avait peut-être 10 % » et selon le groupe Soufflet « En 2017 un Français sur quatre a consommé du pain bio, parmi lesquels 18 % sont de nouveaux consommateurs ».

 

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