L'Avenir Agricole et Rural 19 juin 2009 à 12h04 | Par Jean-Louis BLONDEL

GMS - La transparence... d’abord

L’observatoire national des prix et des marges est à préalable pour faire le bilan de la LME (Loi de Modernisation de l’Economie) mais rien ne remplace les relevés de terrain qui sont très pédagogiques. Les JA et la FDSEA sont allés faire les courses dans les magasins Chaumontais, et ils ont découvert des marges assez exorbitantes.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Les agriculteurs se sont organisés à partir de la Maison de l’Agriculture pour rendre visite aux enseignes Chaumontaises.
Les agriculteurs se sont organisés à partir de la Maison de l’Agriculture pour rendre visite aux enseignes Chaumontaises. - © Avenir Agricole

 

La FDSEA, les JA et la FDPL avaient convoqué, le 12 juin  leurs adhérents à 13 H 30 à la Maison de l’Agriculture pour un dernier briefing avant de partir à l’assaut des grandes surfaces Chaumontaises.

350 manifestants

Compte tenu de la participation massive, il a été décidé de constituer 5 groupes encadrés par des responsables professionnels pour visiter toutes les enseignes dans le but de sticker les produits agricoles et d’expliquer le caractère abusif des marges aux consommateurs. Un rassemblement a été programmé à 16 Heures sur la place de l’hôtel de ville où une rencontre avec le ministre Luc Chatel était prévue. Quelques caddies devaient décorer la place mais c’était sans compter sur “l’efficacité” des manifestants qui ont réussi à transporter l’ensemble des caddies (2 200) en les remorquant derrière les tracteurs à l’aide de chaînes et de sangles. Respectant le mot d’ordre syndical, aucune dégradation volontaire n’a été comise.

Des produits vendus à prix coûtant

Pour rendre l’action sympathique et pédagogique, la FDSEA avait acheté à prix coûtant 50 kilos de bifteck et 50 kilos de grillades de porc respectivement au prix coûtant de 10,50 d/kg et 4,70 d/kg. Conditionnée sous vide par paquet de 1 kg, cette viande a été vendue forfaitement 10 et 5 d. Dans le même temps, ces produits étaient en vente dans les grandes surfaces au prix de 16 et 9 d le kilo. De l’emmental en morceaux avait aussi été acheté au prix de 5 d le kilo. En grande surface, ce produit était mis en vente 10 d le kilo. 200 litres de lait avaient enfin, été mis en bouteilles par un éleveur et ont été distribués gratuitement. Cette action a été fort appréciée par le grand public qui a très rapidement épuisé les stocks en souhaitant que cette opération soit souvent reconduite.

Intervention de Sébastien Riottot

Le Président des JA a rappelé que les agriculteurs n’étaient pas responsables de la vie chère et qu’ils voulaient le démontrer concrètement au grand public en distribuant des produits à prix coûtant. Il a interpellé Luc Chatel sur les effets négatifs, ou plutôt l’absence d’efficacité de la loi de modernisation de l’économie quant à la reconquête du pouvoir d’achat. Cette loi semble avoir conforté le rapport de forces en faveur des grandes surfaces. Il a souhaité un bilan rapide et des interventions fermes des Pouvoirs Publics pour que chaque acteur de la filière puisse vivre dignement de son travail avec des marges correctes. Il n’est pas question de demander plus aux consommateurs, affirme le Président des JA, qui estime qu’un meilleur partage des marges pourrait largement combler les producteurs. Françoise Henry a confirmé cette démarche en insistant sur la transparence indispensable et en déplorant “que plus on allait de l’amont vers l’aval, plus ça devenait trouble. En agriculture, nous sommes transparents, même nos aides sont aujourd’hui publiées alors que la distribution refuse de mettre ses contrats sur la table”. Luc Chatel n’a pas hésité à prendre le porte-voix pour préciser combien il comprenait l’attente des agriculteurs et qu’il avait bien pris conscience que quelque chose ne fonctionnait pas dans le dispositif actuel “lorsque les prix baissent d’un coté et augmentent de l’autre”. Le ministre a promis de passer au braquet supérieur sur l’observatoire des prix et des marges, il a réaffirmé qu’il était soucieux que chacun puisse vivre de son travail et que les prix soient justes et équilibrés. Il a ainsi annoncé des rencontres prochaines avec les représentants nationaux pour mettre en place des mesures de contrôle. La FNSEA dénonce le dispositif “prédateur” de la LME qui a certes supprimé les marges arrières mais a accordé dans le même temps aux distributeurs la possibilité de négocier le prix d’achat. Chaque fournisseur est donc obligé de dégrader son prix catalogue et continue d’être bien souvent sollicité pour participer à des promotions et autres coopérations commerciales plus ou moins justifiées. De plus la FNSEA constate que des conditions générales de vente (qui ne s’appliquent que sur les produits de marques et non sur les MDD) font l’objet d’avenants plus ou moins licites. La FNSEA demande enfin que les coefficients multiplicateurs (ex. fruits et légumes) soient imposés. La FDSEA et les JA de Haute-Marne ont de leur côté décidé d’acheter de l’espace publicitaire dans les publications locales pour continuer de communiquer sur les marges et la vraie valeur des produits.

JLB

 

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2522 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 2522 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui