L'Avenir Agricole et Rural 26 octobre 2017 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

GLYPHOSATE : HORISON BIEN PÂLE

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THIERRY LAHAHE, Directeur de Publication
THIERRY LAHAHE, Directeur de Publication - © T MORILLON

Et en plus on a les noms. Oui, on a les noms des bien-pensants, acteurs de la décroissance, démolisseurs du pragmatisme, anti «tout», même du bon sens. Ils sont fiers d’afficher le fait de mettre l’agriculture en danger car c’est cela qu’ils défendent en votant contre l’utilisation du glyphosate. Certains allant jusqu’à affirmer sur des grandes ondes que le glyphosate est également responsable de la destruction des abeilles…

J’avais un prof d’histoire qui nous répétait «quand on ne sait pas on se tait», surtout quand on est censé être un «responsable» politique.

Je crois que jamais encore nous n’avons senti les pouvoir publics aussi éloignés de la réalité agricole. Impressionnant, les voilà vent debout contre un des herbicides les moins nocifs ! Cela veut sûrement dire que pour les suivants, leurs heures sont comptées. Impressionnant de les rencontrer, de les voir valider les conséquences d’une telle décision à savoir :

 

- baisse de rendement donc baisse du PIB français (2 milliards / an)

- recours plus important à d’autres herbicides,

- régression immédiate de l’agriculture de conservation,

- baisse de la compétitivité des exploitations agricole…

 

Je n’avais pas compris que cela faisait partie de leur projet politique (mais en réalité je le craignais).

Mes propos vous choquent ? Et bien tant mieux parce qu’ils sont l’expression de la colère, mais surtout de l’écœurement des agriculteurs envers des politiques bobos écolos, éloignés de toute réalité, incapable de faire preuve du moindre discernement. On aurait tellement pu faire mieux en termes d’environnement, avec un projet commun où l’on parlerait aussi d’économie, pour que ce projet soit durable.

 

Encore une fois, je vais tenter d’expliquer ce qu’est le glyphosate. C’est un désherbant utilisé sur l’ensemble de la planète, validé par plus de 50 agences de surveillance étatiques. Son utilisation et son efficacité se résument à épandre un litre de produit sur une surface équivalente à un terrain de foot. Sa tolérance, à ne pas confondre avec ça nocivité, dans nos eaux françaises est l’équivalent d’une goutte dans une piscine olympique.

 

L’agence d’évaluation sanitaire, francaise ainsi que celle des 27 autres états membres de l’Union européenne ont conclus qu’aucune preuve scientifique ne pouvait permettre de classer le glyphosate comme cancérigène. A contrario, ces agences émettent des doutes sur :

- les boissons chaudes (plus de 65°)

- tous les sodas riches en sucre ou en aspartame

- le barbecue trop cuit

- le pop-corn au micro-ondes

- la téléphonie mobile

- les ondes wifi, bluetooth...

 

J’en reste là, mais la liste comporte encore des centaines d’autres substances!. Nos chers décideurs ont du boulot pour venir à bout de toutes ces substances malfaisantes. Alors voilà, si vous croisez un député pâle, qui boit de l’eau froide au restaurant et qui communique avec des signaux de fumée (doucement sur les signaux de fumée car ils sont classés «probablement cancérigènes»), c’est certainement qu’il aura voté contre le glyphosate.

 

Mais au-delà de tout ça, c’est surtout ce sentiment que l’on veut nous faire passer, nous agriculteurs, pour des pollueurs irresponsables, alors que nous avons assuré l’autonomie alimentaire de nos pays. C’est-à-dire bien souvent aussi sa stabilité économique et politique (ça, c’est les restes de mes cours d’histoire). A écouter bon nombre de discours, on prend trop souvent les agriculteurs pour ce qu’ils sont loin d’être, pour rester poli.

 

Une chose est sûre c’est que les agriculteurs, bien plus que d’autres, sont pleinement conscients de la nécessité de la préservation des espaces naturels, mais aussi des espaces cultivés. Nous sommes avant tout pleinement conscients de la nécessité de préserver la nature car nous vivons et travaillons avec elle tous les jours. Cette proximité nous donne un gros avantage : nous la connaissons ! Et je crois que bien des décideurs politiques en sont restés trop longtemps éloignés pour continuer à bien la comprendre.

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