L'Avenir Agricole et Rural 19 janvier 2012 à 12h40 | Par ESTELLE DAUPHIN

GÉNÉTIQUE - En route pour la Nouvelle Calédonie

Cinq embryons d’Ugali, la meilleure charolaise de l’EARL Collier fécondés par Artois, vont très prochainement traverser le globe, pour poursuivre leur croissance dans l’utérus de vaches receveuses néo-calédonienne et ainsi démultiplier le progrès génétique.

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La génétique progresse depuis les débuts de l’IA au sein du troupeau de l’EARL Collier.

L’élevage de 150 mères allaitantes atteint des niveaux d’index exceptionnels (IVMAT* moyen de 105,4 et 70% de vêlages issus de l’insémination, données Bovins Croissance). Au fil des générations, la commercialisation de reproducteurs est devenue une activité à part entière, complémentaire à la vente des animaux de boucherie.

L’EARL Collier innove sans cesse, en partenariat avec son entreprise de sélection, en faveur d’une conduite d’élevage facile, dans un contexte d’agrandissement des troupeaux. Les conditions de vêlage, le tempérament et le gène sans corne sont les axes majeurs de l’amélioration génétique en charolais.

Lundi dernier était une journée particulière, puisque Philippe Denis, technicien en transplantation embryonnaire (TE) bovine chez Gènes Diffusion, est venu collecter deux vaches de l’élevage; Duchesse, femelle charolaise homozygote porteuse du gène sans corne de deux ans et Ugali, une vache de huit ans, première du troupeau avec un IVMAT* de 130. Afin de rentabiliser la génétique du troupeau, les associés ont choisi de faire appel au prélèvement embryonnaire.


* Index de Valeur Maternelle au Sevrage.

AVIS D'EXPERT

 

Interview de Patrick Reversé,
directeur technique du schéma
charolais chez Gènes Diffusion

 

Quel est le rôle d’une exploitation comme l’EARL Collier dans le développement de la race ?


L’EARL Collier est un élevage support à deux titres :
- elle permet le contrôle des taureaux sur descendance, via le testage en ferme
- elle participe directement à la procréation génétique : les taureaux Jezabel et Snoopy (meilleurs des années 2000, viennent de chez lui. Ses vaches sont des mères à taureau et les meilleures sont donneuses d’embryons.
Les prélèvements répondent à trois axes prioritaires du schéma de sélection :
- procréer des taureaux à génisses qui produisent de petits veaux mais avec beaucoup de performances jusqu’au sevrage: de la croissance, du développement et un cumul de qualités maternelles
- collecter les vaches du troupeau qui cumulent morphologie et qualités maternelles et les associer à des taureaux à haute diversité génétique, sans perdre en qualité et en fixant ces caractères
- avancer dans le schéma «sans corne» débuté en 1992, grâce à la TE, afin d’obtenir des taureaux homozygotes de haut niveau en collectant tous les ans les vingt meilleures mères à taureaux.

Quel partenariat vous permet d’approvisionner la Nouvelle Calédonie ?

Suite à un appel d’offres en provenance de Nouvelle Calédonie, avec spécificités bien précises sur le niveau génétique des mères, nous avons consulté nos bases et Ugali est un des rares spécimens de la race correspondant. Cinq de ses embryons ont été congelés et seront très prochainement expédiés.
La collecte pour faire des taureaux à génisse et des sans corne est financée entièrement par Gènes Diffusion. A partir du budget alloué pour cet axe de recherche, nous collectons les meilleures femelles sans cornes/an, dont Duchesse est l’un des fleurons. Le même principe s’applique au schéma de sélection des taureaux à génisse ; on collecte une soixantaine de très bonnes femelles d’un niveau comparable à celui d’Ugali.

Quel est l’avenir du testage en ferme ?

le testage aura encore toute sa place pour entretenir des populations de référence. Nous avons besoin d’avoir des éleveurs très pointus pour nous permettre de continuer à procréer des animaux de haut niveau.

Quels sont les défis à relever pour les races allaitantes ?

Les éleveurs allaitants cherchent à sevrer un maximum de veaux, le plus lourd possible et avec un minimum de frais. Nous avons beaucoup travaillé sur le quantitatif (croissance, morphologie, carcasse, lait...). Aujourd’hui, il nous faut activer le levier de la productivité numérique en améliorant la santé animale : résistance aux maladies, tempérament, mamelle,... Les progrès de la science nous permettent aujourd’hui de lire l’ADN avec un niveau de précision inégalé, grâce à la puce Illumina 54k dont les 770 000 marqueurs permettent de scanner le génome de façon plus précise.

Que conseillez-vous aux jeunes éleveurs ? Investir dans un troupeau de bon niveau ou le créer ?

Je pense que l’insémination artificielle est un bon moyen pour progresser rapidement à un coût raisonnable. Les troupeaux augmentent, les éleveurs, surtout les jeunes ont des attentes sociétales légitimes. Nous devons leur apporter des solutions pour réduire le temps de travail, améliorer la productivité, faciliter la gestion de la reproduction du troupeau.
Le progrès génétique, associé aux technologies de surveillance à distance et à des logiciels de gestion de la reproduction comme Génitor pour les races allaitantes, devra remplir ce contrat.

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