L'Avenir Agricole et Rural 13 décembre 2012 à 09h59 | Par L'Avenir Agricole et Rural

FRSEA - ELEVEURS ET CÉRÉALIERS ONT UN SORT LIÉ

Philippe PINTA, Président d’ORAMA est venu défendre devant le CAF de Champagne Ardenne le projet de fonds de modernisation céréaliers-éleveurs (FMCE) lancé en octobre. Cette démarche, qui repose pour le moment sur le volontariat, nécessite un engagement clair des organismes stockeurs.

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L’essentiel des débouchés des céréaliers reste l’alimentation animale. Il en est de même pour les producteurs d’oléagineux avec les tourteaux issus des usines de trituration, le plus souvent annexées à des unités de production de biodiesel. Il est dès lors dans l’intérêt des filières animales et végétales de se développer en phase, en se redonnant de la visibilité et de la stabilité.

 



Une cotisation volontaire de 2 Euros/tonne

Sous l’égide de la FNSEA, en accord avec les associations spécialisées concernées, un fonds d’intervention a été imaginé au cours de l’été 2012 dans le but de financer des actions structurantes contribuant à l’amélioration de la compétitivité de l’élevage français. ORAMA a ainsi proposé une cotisation volontaire de 2Ä/Tonne qui abondera le FMCE. Cette contribution serait prélevée à partir de la prochaine campagne céréalière. Si tous les volumes sont au rendez-vous (environ 50 Mt) ce fonds sera doté de 100 MÄ. Pour tendre vers cet objectif il est nécessaire que toutes les coopératives se mobilisent ainsi que les négociants. Le principe proposé par ORAMA serait de n’exclure du prélèvement que les livreurs ayant manifesté leur volonté de ne pas participer à cette action de solidarité.

L’idéal serait d’instaurer une Cotisation Volontaire Obligatoire (CVO) temporaire mais les Pouvoirs Publics n’y semblent pas actuellement disposés. La question des polyculteurs- éleveurs est par ailleurs posée,. Mais Philippe PINTA y répond en rappelant «que le jeu est collectif aussi pour les éleveurs entre eux». En effet le FMCE a vocation à accompagner les producteurs dans des investissements structurants. Or il est dans l’intérêt de tous les éleveurs de conserver une filière locale dynamique avec des outils de transformation suffisamment approvisionnés. Dans le cas contraire, des desserts de production risquent de s’installer.

 

Réactiver la contractualisation

Cette initiative, financièrement modeste comparativement à l’ensemble des taxes qui  étaient payées sur les céréales à la fin des années 80 (environ 15 Ä/Tonne), fait partie d’une politique globale dans laquelle la contractualisation doit tenir une place importante. Celle-ci a été concrétisée par un accord interprofessionnel  entre les filières végétales et animales le 15 juin 2011. Concrètement , il s’agit pour les fabricants d’aliments du bétail, d’anticiper les variations de cours.

A ce jour des outils  existent déjà sur les marchés à terme et les Organismes Stockeurs sont aussi incités à ne facturer  que les charges administratives, (environ 1,40 Ä/tonne)  lorsque des sociétaires, ou des clients, se font livrer des céréales pour l’alimentation de leurs élevages. Cette procédure permet de limiter les coûts d’intermédiation tout en sécurisant les échanges sur les volumes, la qualité et le paiement.

D’autres accords de filières peuvent renforcer ces échanges,  tel est le cas historiquement des pulpes de betteraves comme l’a rappelé Olivier DE BOHAN Président de Cristal Union. Certains membres du CAF souhaiteraient que la filière biodiesel  fortement implantée dans la région puisse aussi favoriser ce type de partenariat.

 

Les produits animaux ne sont pas à leur prix !

Les graines sont actuellement sur un marché porteur mais leur niveau de prix n’est pas directement la cause des difficultés des productions animales, particulièrement le lait ou de la viande de ruminants qui consomment peu de céréales. Le problème vient plutôt du tourteau de soja, bien qu’il soit (heureusement) concurrencé aujourd’hui par des volumes conséquents des tourteaux de colza.

Mais chacun s’accorde aussi à dire que la solution durable est dans la revalorisation des denrées animales. C’est un autre défi lancé par la profession agricole, dont  l’Observatoire des prix et des marges des produits alimentaires, créé par la Loi de Modernisation de l’Agriculture de juillet 2010, est aussi un des leviers d’action.

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