L'Avenir Agricole et Rural 13 août 2020 à 07h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Fromage / Un nouveau cahier des charges pour le Brie de Meaux

Afin de répondre aux attentes sociétales, l’Union interprofessionnelle de défense, de gestion et de contrôle du Brie de Meaux a fait évoluer le cahier des charges du fromage. Il s’agit des plus grandes modifications depuis la création de l’AOP.

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Les fabricants et les affineurs seront soumis à plus de contrôles.
Les fabricants et les affineurs seront soumis à plus de contrôles. - © AAR

Tout le monde connaît le Brie de Meaux, ce fameux fromage à pâte molle et croûte fleurie, dont le lait est collecté en Seine et Marne, ainsi que sur une partie des départements de l’Aube, du Loiret, de la Marne, de la Meuse, de l’Yonne et de la Haute-Marne. À noter que sur les 293 producteurs de lait habilités pour le Brie de Meaux, 95 proviennent de notre département. La Haute-Marne est donc un acteur important dans la production de ce fromage, dont 6 500 tonnes ont été vendues en 2019.

Le premier cahier des charges a été mis en place en 1980, permettant de définir l’aire de production, mais aussi les caractéristiques de l’AOP Brie de Meaux : lait cru, moulage exclusivement à la pelle à Brie, salage au sel sec, affinage lent… L’ensemble des acteurs de la filière , regroupé au sein de l’Union interprofessionnelle de défense, de gestion et de contrôle du Brie de Meaux a récemment fait évoluer le cahier des charges. L’organisation, qui regroupe l’ensemble des acteurs de la filière (éleveurs, collecteurs, affineurs, transformateurs laitiers et fermier…), veut « renforcer le lien au terroir de l’AOP » et mettre en place des nouvelles règles plus proches des attentes sociétales : interdiction de certains aliments pour les animaux, meilleure traçabilité…

 

Des conditions d’élevages renforcées

Le cahier des charges veut améliorer la qualité du Brie de Meaux. Dans ce cadre, ce sont les éleveurs qui devront faire le plus d’efforts. À présent le troupeau laitier doit être constitué à 80 % d’animaux nés sur la ferme ou provenant de troupeaux situés dans l’aire géographique de l’AOP. La ration alimentaire doit maintenant être diversifiée avec au minimum 3 ingrédients, dont 2 obligatoires : herbe en frais ou conservée (4 kg) et la pulpe de betterave ou la betterave fourragère (2 kg). L’aliment principal ne peut dépasser 60 % de la ration de base en matière sèche, sauf si c’est de l’herbe. Néanmoins cette règle des trois constituants ne s’applique pas aux vaches laitières en production mises au pâturage si certaines conditions sont respectées comme 150 jours de pâturage par an minimum, 20 ares par vache…

La liste des fourrages grossiers et des concentrés autorisés dans la ration alimentaire a été définie. Tous les autres fourrages sont interdits, ainsi que les OGM. Le cahier des charges demande également une meilleure autonomie alimentaire : au moins 60 % de la matière sèche de la ration doit provenir de la ferme et au moins 85 % de l’aire géographique de production.

Les fabricants et les affineurs seront soumis à plus de contrôles : un autocontrôle par chaque opérateur pour vérifier le respect du cahier des charges, un contrôle interne réalisé par l’Union interprofessionnelle du Brie de Meaux et un contrôle externe par un organisme certificateur indépendant. Enfin, un contrôle organoleptique des fromages sera réalisé au moins quatre fois par an pour chaque transformateur.

Ce nouveau cahier des charges s’applique depuis le 22 juillet dernier. Tous les acteurs de la filière ont trois mois pour se réengager et mettre en place les nouvelles règles de production, sous peine de perdre leur habilitation.


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