L'Avenir Agricole et Rural 26 février 2014 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

FORMATION DE PARAGE - Parer, c’est essentiel

Pour aider les éleveurs à diagnostiquer les problèmes de boiterie dans leur élevage et apprendre les gestes du parage, la Chambre d’Agriculture et EMC2 COPAM organisent depuis plusieurs années des sessions de formation au parage des bovins

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Comprendre le fonctionnement d’un pied de bovin par la dissection.
Comprendre le fonctionnement d’un pied de bovin par la dissection. - © T Morillon

Marc Delacroix, vétérinaire praticien et pédicure bovin, avec l’appui de Xavier AUBRY, technicien de la Chambre d’Agriculture et Laurence GUENY, technicienne EMC2 COPAM,  a animé deux sessions de  trois journées de formation au parage chez M. Bruno DIDIER  à Lécourt et au GAEC du Père à Mussey-sur-Marne et une session de perfectionnement au GAEC de la Genevoise. Au programme, comprendre l’utilité de cette pratique, limiter l’apparition des boiteries et intervenir en cas d’urgence.

 

Observer pour prévenir.

Entre 80 et 90% des boiteries sont d’origine podale chez les bovins. Selon Marc Delacroix: «Une vache qui boite produit moins de lait, c’est 200 Ä de perdu en moyenne. Quand une bête boite, il faut systématiquement lever la patte, parer (parage fonctionnel) et gérer les lésions, (parage curatif)».

Le parage fonctionnel est très important; il permet de redonner de bons aplombs en rééquilibrant les charges sur chaque onglon et entre les onglons d’un même pied.. Dans les exploitations, du fait de facteurs divers liés à l’alimentation, le bâtiment, la conduite d’élevage (gestion des transitions, gestion des maladies du peri-partum, gestion des boiteries par l’éleveur) les onglons peuvent se déformer, le poids de l’animal se trouve alors mal réparti et les lésions apparaissent. S’ajoute le problème de la maladie de Mortellaro qui envahit les élevages et dont il est très difficile de se débarrasser.

À partir de 15% de boiteries dans un élevage, il peut être utile de faire un audit boiteries. Mais avant tout, étant donné l’ampleur des problèmes, les éleveurs doivent intégrer dans leur activité «normale» une gestion minimale des boiteries à savoir:

1/ détecter au plus vite les animaux boiteux même légers

2/ au plus vite lever le pied et parer

3/ référer si le problème dépasse les compétences de l’éleveur.

«Cela implique de s’affranchir des problèmes de lever de pattes et de connaître un minimum de repères et de gestes pour ne pas faire d’erreur grossière de parage comme malheureusement c’est trop souvent les cas. Il faut donc se former, c’est ce que nous faisons durant ce stage. Pour acquérir ce minimum, 3 jours de formation (non consécutifs) sont nécessaires.» explique Marc Delacroix.

Laurence GUENY, technicienne EMC2 COPAM, insiste sur la qualité des rations et les risques acidogènes des rations (excès d’amion, manque de protéïnes, de fibres) ainsi que sur le déficit énergétique en début de lactation qui amplifient les problèmes immunitaires et favorisent les boiteries.

Un diagnostic d’élevage doit accompagner un bon diagnostic de parage.

 

Reconnaître les problèmes.

Trop souvent, les éleveurs entament un traitement (antibiotique, anti inflammatoire) sans examen préalable et passent à côté de beaucoup de pathologies qui ne nécessitent pas de telles médications. L’exemple le plus parlant est le panaris. Il a trois caractéristiques essentielles: une enflure symétrique, une boiterie franche et une apparition brutale. Si ces trois signes sont réunis, le panaris est probable et un traitement antibiotique par voie générale (hors contexte bio) est indiqué. C’est le seul cas de boiteries où l’antibiothérapie peut être indiquée d’emblée. En cas d’ulcère par exemple, un parage fonctionnel suivi d’un parage curatif autour de la lésion suffira dans la plupart des cas et sans médications, mais à condition de ne pas s’y prendre trop tard et de bien faire. «L’ennemi du pareur, c’est de trop parer. Il faut enlever que ce qu’il faut, là où il faut et ne pas vouloir blanchir toute la corne. Il faut apprendre les repères en particulier à regarder et tâter au bon endroit avant d’enlever la corne» explique Marc Delacroix.

Lors de ce stage, on apprend à affûter les outils: une rénette doit couper comme une lame de rasoir. Chacun s’approprie les gestes du parage avec les outils de base (rénettes et pince coupe onglon) et les meuleuses électriques. Les règles de sécurité sont imposées et rappelées en permanence. Il est absolument nécessaire de porter des gants anti coupure quand on se sert d’une meuleuse avec un outil coupant.

Le port de lunettes protectrices est fortement conseillé. Un apport théorique sur les lésions permet d’apporter des solutions précises pour chaque cas, mises en pratique au gré des vaches parées.

Lors de cette formation ont donc été discutés les principes de gestion individuelle des boiteries par un apport théorique (un tiers du temps) et pratique (deux tiers du temps).

La gestion des boiteries à l’échelle du troupeau a été introduite, mais fait l’objet d’une formation à part entière.


De la pratique en apprenant les bons gestes.
De la pratique en apprenant les bons gestes. - © T Morillon

Témoignages.

Les agriculteurs sont très satisfaits de cette formation :

« Cela fait vingt ans que je pare et j’étais dans l’erreur, j’ai appris les bons gestes à adopter ».

« Je parais sans savoir pourquoi, maintenant, j’ai compris pourquoi c’est indispensable. La pratique m’a permis d’observer davantage la position des pieds et à me poser les bonnes questions ».

« Je ne pensais pas que le parage était aussi important pour le cheptel, je serai plus attentif ».


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