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Valeur vénale des terres agricoles de 1997 à 2010

Le statut de la terre conditionne son prix

Le prix des terres et des prix libres a évolué plus rapidement que les terres louées sous l’influence des achats des non-agriculteurs, même si les agriculteurs restent encore très majoritaires.

25 août 2011 Jean-Louis BLONDEL Vu 870 fois

Depuis 1997, les prix des terres labourables et des prairies naturelles libres de toute location ont augmenté de 66 % en euros courants et de 35% en euros constants. Pour les terres et près en location, au moment de leur cession, l’augmentation est nettement moindre, respectivement de 51 % et de 23 %, selon Agreste Primeur qui vient de publier une étude sur l’évolution de la valeur vénale des terres agricoles entre 1997 et 2010.  Ainsi le prix des terres  labourables et des prairies naturelles vendues libres s’élevait en 2010 à 5230 euros courants par hectare, contre 3620 euros pour le prix des terres louées. Soit un écart de 30 %.Pour Agreste Primeurs, l’écart de prix entre le prix des terres s’explique d’abord par le statut locatif des terres. Mais ce n’est pas la seule raison. Ainsi un fonds situé dans une commune à dominant élevage bovins viande est 10 % moins cher que le même fonds localisé dans une commune spécialisée en céréales, oléagineux et protéagineux. Le prix de l’hectare varie aussi selon la l’implantation géographique : une parcelle située dans un pôle urbain est 8 % plus chère que si elle était située dans le rural profond. Et le prix à l’hectare est aussi 8 % plus élevé pour les terres labourables que pour les prairies naturelles.De leur coté, sur le marché libre, les agriculteurs se portent moins acquéreurs que par le passé, tout en restant largement majoritaires, observe Agreste Primeur : en 2010, ils achetaient les deux tiers des surfaces vendues libres contre les trois quart en 1995. «A plus court terme leur présence sur le marché des terres et près libres est très liée à l’évolution de leur revenu : elle augmente après les bonnes années et réagit à la baisse quand la conjoncture devient morose» estime Agreste Primeur. En revanche, ils restent très largement majoritaires sur le  marché des fonds vendus loués, puisqu’ils interviennent dans 90 % des transactions en 2010 comme en 1995, en raison du statut du fermage.

4,5 hectares

Entre 1995 et 2010, la taille moyenne des parcelles vendues libres sur laquelle ont porté les transactions a progressé de 7 % pour s’établir à 4,5 ha. En fait, elle a particulièrement augmenté dans les régions de grandes cultures telles que Champagne-Ardenne (+41 % et 8 ha), le Centre (+35 % et 7 ha), la Picardie (+29 % et 5,6 ha). Un phénomène lié certainement à l’agrandissement des exploitations selon Agreste Primeur qui joue à la fois sur l’offre – les exploitations mises en vente sont de plus en plus grandes -  et sur la demande. Pour ce qui est des fonds loués, l’augmentation de la surface moyenne est encore plus importante : +10 % pour atteindre 4,6 hectares en 2010. Une évolution à mettre en corrélation avec l’évolution de la taille moyenne des exploitations françaises qui a crû de près de 30 % entre 2000 et 2007, en passant de 41 à 54 hectares.

 

Une tendance un peu différente en Haute-Marne

En Haute-Marne, le marché foncier suit la tendance nationale dans une moindre proportion. Par ailleurs, la tendance est plutôt au rapprochement des valeurs des terres libres et des terres louées ; l’écart était de 16 % en 1999, il n’est plus que de 8 % en 2010.

 

METHODOLOGIE

Jusqu’en 2008 les Services de la Statistique et de la Prospective (SSP) du ministère de l’Agriculture, établissaient leur propre tableau en s’appuyant sur les données fournies par la SAFER et les dires de différents experts.De 2008 à 2011, une rénovation méthodologique de grande ampleur a été menée conjointement par le SSP et la SAFER avec l’appui de l’INSEE. Les séries nouvellement présentées sont désormais communes alors qu’au paravent le ministère et la SAFER travaillaient sur bases légèrement différentes.Cette réforme aboutit aussi à un regroupement de nos 10 régions naturelles en 3 zones comme on peut le constater à la lecture des tableaux ci-contre.Pour les terres et les prairies naturelles libres, un seuil minimal de 70 ares a été appliqué afin de réduire la prise en compte des achats de terres agricoles pour des usages de loisirs.

 


 

 
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