L'Avenir Agricole et Rural 24 mai 2013 à 10h55 | Par E.D.

FOIRE DE CHAUMONT - Un pôle agricole attractif

Malgré la baisse de fréquentation sensible au niveau de la Foire de Chaumont, le pôle agricole a réussi à capter du public grâce à la présence de nombreuses espèces d’animaux, à des ateliers pédagogiques sur l’agriculture durable et à un concours photographique. La Table Haut-Marnaise, point de ralliement du monde rural, a servi près de quatre cents plateaux-repas.

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La métHANISATION EN PLEIN BOOM : Développer l’expertise locale en matière de maintenance des unités de méthanisation, obtenir un agrément sanitaire pour commercialiser ses pellets, délivrer des certificats verts au lieu de payer les déchets à ses fournisseurs... Rien n’arrête Philippe Collin, pionnier de la méthanisation. (© E.D.) Inauguration © E.D. Académie de cuisne © E.D. Charolaise © E.D. Porcs © E.D. Compacteurs © E.D. Concours photos © E.D. Coq Meusien © E.D. Stands © E.D. Herse © E.D. Limousines © E.D. Porcs © E.D. Resta Semoir de la CUMA Départementale Vélo © E.D.

Méthanisation et déchets

Le projet de Philippe Collin est à mi-chemin entre le monde agricole et l’industrie. Il a opté pour la voie de l’infiniment mélangé à partir du lisier de son troupeau laitier sur fosse caillebotis toute l’année.

Ce nouvel atelier a donné lieu à l’embauche d’un salarié qui a progressivement acquis un savoir-faire en terme de maintenance. Un contact direct avec les fournisseurs de pièces de rechange permet de réduire les coûts d’exploitation. Philippe Collin, membre de l’association des Méthaniseurs de France envisage de proposer de la prestation de service aux unités de proximité et pourquoi pas faire de la formation. L’an passé, il a assuré 50 jours de visite.

Approvisionnement

L’approvisionnement du méthaniseur en matière fermentescible est un enjeu central. Actuellement, la moitié des intrants sont d’origine agricole agricoles (2800 tonnes de lisier, 40 ha d’ensilage d’herbe, 20 ha d’ensilage de maïs) et 50 % provient de l’extérieur, majoritairement de l’industrie agro-alimentaire. Mais les déchets considérés il y a peu par les industriels comme des centres de coûts ont aujourd’hui un statut de co-produits.

Philippe Collin, pour obtenir des approvisionnements doit raisonner en terme de services et de proximité en mettant des bennes à disposition chez ses fournisseurs. Il récupère les déchets de pâtisserie dans une usine située à trente kilomètres avec une réactivité que n’ont pas les plus grands collecteurs de déchets. Il a mis en place un système de «certificat vert» qui satisfait pleinement le responsable environnement et permet de récupérer de la matière gratuitement. Il se positionne aussi sur des contrats ponctuels (défauts de fin de chaîne).

Le gisement des déchets est important ; d’après une étude conduite auprès de 60 collectivités, les déchets fermentescibles s’élèvent à 60 gr par repas. La méthanisation est deux fois moins chère que l’incinération. Le problème réside dans la prise en charge du transport de ces déchets.

Philippe Collin a obtenu, en pleine crise du concombre il y a deux ans, un agrément sanitaire qui garanti l’hygiènisation des déchets contre les risques de salmonelle et d’échérichia coli, via le passage de la matière durant une heure dans un séchoir à 70 degrés.

Diversification

Le séchoir qui fonctionne avec la chaleur du méthaniseur a permis de sécher 250 tonnes de maïs grain pour des producteurs en AOC Grand Cru dont le cahier des charges prohibe l’ensilage de maïs. Ceux-ci peuvent ainsi réintégrer le maïs dans leur assolement.

Il produit également des granulés à base de substrat (la fraction solide obtenue après prélèvement du digestat). Ceux-ci n’étant pas homologués en France, ils sont vendus au Luxembourg en tant que déchets et reviennent sur le territoire français avec un code produit pour l’amendement agricole à un prix trois fois supérieur(!). La situation en passe de se débloquer sur le plan réglementaire, permettrait une vente directe «en circuit court», plus lucrative pour le producteur.

En projet, le lycée agricole de Choignes travaille sur la mise en place d’une unité de méthanisation par voie sèche (25 % d’humidité), de plus petite taille, adaptée à recevoir les fumiers pailleux de la ferme des Antes ainsi que les apports de l’agglomération chaumontaise issus de céréales, tontes de pelouses, etc. mais sans culture dédiée. La valorisation de la chaleur se fera par le lycée, voie discontinue durant la période de pâturage. Dimentionnement quatre silos, en vider un tous les quinze jours. Le projet est freiné par des formalités administratives, car le terrain concerné appartient au Conseil Régional. Ce dernier ne pouvant s’auto-octroyer les subventions européennes dont il a la gestion, il faut procéder à la cession du terrain, ce qui va prendre encore plusieurs mois.

La question du raccordement direct au gaz de ville permettrait de valoriser 100 % du méthane sans déperdition d’énergie. La réglementation impose néanmoins la contrainte de l’hygiénisation du biogaz, ce qui génère un coût d’exploitation supplémentaire de 80 000 euros/an pour l’épurateur, prohibitif pour tout méthaniseur agricole. De plus pour des raisons techniques, les canalisations de gaz ne sont pas dimensionnées pour accueillir plus de gaz, à moins d’installer une poche tampon... ?


Produire plus et mieux : les réponses du réseau CUMA

Thierry Courageot est venu témoigner de son expérience au sein de la CUMA de l’Etoile concernant la gestion des menues pailles. Attelé à sa moissonneuse, le dispositif limite les rejets d’adventices, par conséquent les traitements phytosanitaires. Il valorise la matière obtenue, riche en graminées, en litière pour son poulailler de poules pondeuses.

Dans certaines régions où la paille est chère, la menue paille pourrait également constituer une solution de paillage en élevage bovin, à condition de composter la fumure obtenue avant épandage.

En outre, le pouvoir hautement méthanogène de la menue paille apporte une réponse partielle au problème des cultures énergétiques et constitue un débouché supplémentaire pour une filière encore balbutiante. En raison de forts aléas climatiques subis sur le plateau de Marbéville, l’agriculteur n’a pas encore pu prendre la pleine mesure de l’intérêt de ce dispositif, mais il a d’ores et déjà constaté un effet bénéfique sur la prolifération des adventices après la récolte de cultures précoces comme les escourgeons et les pois. Il a pu faire l’impasse sur un anti-graminées dans le colza qui a suivi.

BINEUSE AUTO-GUIDEE et DéSHERBINEUSE

Le binage permet de s’affranchir ou réduire certains désherbants, d’aérer la couche superficielle du sol, d’améliorer l’infiltration de l’eau et de réduire le ruissellement tout en réchauffant le sol.

Cet outil appartient à la CUMA départementale Union Fertile et est utilisé par cinq à dix exploitations selon les années. Elle permet de désherber par un binage les inter-rang dans divers types de culture. Cependant un bon guidage est indispensable, notamment pour les cultures de céréales.

 

 

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