L'Avenir Agricole et Rural 24 juin 2011 à 10h21 | Par E. DAUPHIN

Filiere ovine - Ça roule pour l’élevage ovin

La COBEVIM a tenu son assemblée générale sur le site de Foulain. Les voyants sont au vert pour la coopérative ovine du Grand Est qui a poursuit son extension en 2010 et annonce une année 2011 prometteuse pour la filière.

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Avec sept partenaires commerciaux parmi les plus importants à travers la France, et en qualité d'organisme certificateur, la coopérative ovine est à même d'assurer la commercialisation de tous types d'agneaux, tout au long de l'année, au profit de ses adhérents.

Evolution en valeur

Cobevim connait une croissance continue de son chiffre d'affaire depuis 2008 et l'année 2011 s'annonce prometteuse, d'après l'activité enregistrée les premiers mois. La reprise de l'investissement reflète le moral des éleveurs alors que le cours des agneaux de boucherie est à la hausse pour la quatrième année consécutive ; le négoce de matériel d'élevage s'est accru de 17,55% en 2010. Quant au chiffre d'affaire global de cobevim, il est en progression de 5,29%.En dépit de variations de charges en augmentation de 2,4% par rapport à 2009 et malgré le lourd impayé de France Agneau, l'excédent de l'exercice s'élève à 67 737 euros.En raison d'une pénurie mondiale, le prix de la laine est en hausse de 35% soit 17 cts de plus. Une progression valable en laines fines et en laines croisées, avec une collecte en progression de 3%, passant de 458 à 472 tonnes sur la zone Grand Est.


La collecte s'étend


Le volume de collecte est en croissance avec 2000 ovins de plus commercialisés en 2010, soit 94837 animaux, dont 83% d'agneaux de boucherie. L'objectif pour 2011 est de dépasser la barre des 100 000 agneaux, comme ça avait été le cas en 2007.Le nombre d'adhérents a également progressé depuis 2009, passant de 146 à 154 élevages collectés, soit 1864 brebis en plus en 2010. La taille moyenne des élevages s'établit actuellement à 449 brebis. Le Président Emmanuel Aubry a annoncé l'extension de la zone de collecte au département de la Marne qui compte désormais un élevage de 340 brebis. Il s'est également réjouit du dépôt de deux dossiers PMBE en Lorraine et d'un dossier en Champagne Ardenne, marquant la reprise des installations en production ovine.

Signes de qualité


Les éleveurs qui respectent le cahier des charges pour produire de l'agneau de qualité française se voient attribuer une plus-value de 20 cts/kg. Les critères à respecter sont un poids de 18 à 20 kg, une couleur claire, des agneaux non gras et bien conformés. 131 480 euros ont ainsi été versés en 2010 aux 113 éleveurs qui ont fourni 35 325 agneaux dans les filières qualité Carrefour (EQC) et Agneaux de nos Régions (ANR). A ce titre, Emmanuel Aubry rappelle que la COBEVIM est habilitée à sélectionner les agneaux ANR et a obtenu la qualité d'organisme certificateur en 2009.Le désaisonnement est toujours un enjeux majeur pour la filière (voir encadré). A ce titre, la COBEVIM verse une plus-value de 45 cts/kg pour les animaux livrés d'octobre à janvier.

Analyse des performancestechniques


Emmanuel Aubry a insisté dans son allocution sur le facteur productivité dans les élevages.«La reconquête ovine passe surtout par la technique de production. L'amélioration de la productivité est plus importante que le critère prix : 20% de productivité en plus donneraient 800 000 agneaux à la filière Ovine-France alors qu'il faudrait un euro par kg de carcasse pour équivaloir à 20 % de productivité en plus».Les résultats techniques laissent apparaître des performances techniques légèrement supérieures  pour l'agneau champ-ardennais avec une prolificité de 150 % contre 145 % en Lorraine, un taux de productivité numérique par brebis de 120% contre 113 % en Lorraine et un prix au kg de carcasse supérieur de 5 cts. En revanche, les lorrains ont un coût alimentaire inférieur avec un prix moyen d'aliment par agneau de 15 euros contre 17,74 euros chez leurs voisins champ-ardennais.

Pas de contractualisation de deuxième niveau


Louis-Marie Lepoureau s'est exprimé au titre de la Fédération Française des Commerçants de Bestiaux (FFCB). En tant que revendeurs auprès de la Grande Distribution, les membres de la FFCB estiment qu'une contractualisation reviendrait à effacer la concurrence alors que chaque transformateur a mis en oeuvre une stratégie de différentiation par des labels de qualité et donnerai droit à la Grande Distribution d'exiger une fourniture régulière de produits, y compris en fin d'année. Une obligation qui mettrait les transformateurs dans l'embarras, compte tenu des contraintes d'approvisionnement actuelles. Un désaisonnement de la production qui pourrait s'amorcer avec la contractualisation de premier niveau qui implique de la part de l'éleveur de remplir un planning prévisionnel. Quoi qu'il en soit, il rappelle la position commune de l'interprofession d'accorder des plus-values aux éleveurs qui produisent des agneaux sous signe de qualité. Qualité Carrefour, Louis D'Or ou encore Agneau de nos régions, le panel est large et c'est aux yeux du transformateur le meilleur engagement de qualité vis à vis du consommateur.
Rappel
Depuis 2010, les éleveurs ovins peuvent bénéficier d’une majoration de leur aide de 3 euros/brebis, en étant adhérent d’une organisation de producteurs commerciale (OPC) ou en s’engageant, par contrat(s) écrit(s), à commercialiser au moins 50 % de leur production mise en marché auprès d’un maximum de trois acheteurs. La filière souhaite ainsi organiser la mise en marché de ses produits. C'est ce qu'on appelle «la contractualisation de premier niveau».L’éleveur doit aussi s’engager à fournir un prévisionnel de mise en marché, pour la totalité de sa production, aux opérateurs avec lesquels il a contractualisé, et désigner un de ces opérateurs pour faire remonter l’information à Interbev ovins.L’objectif de ces prévisionnels est de permettre à la filière d’avoir une idée, même imprécise, de la production par bassin et de son évolution au cours de l’année à venir, afin d’aider au positionnement des opérations de promotion de l’agneau auprès des consommateurs.

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