L'Avenir Agricole et Rural 22 août 2013 à 10h06 | Par Jean-Louis BLONDEL

Fête de l'agriculture - Une belle fête à Thilleux

D’une année sur l’autre, les Jeunes Agriculteurs de Haute-Marne confirment leurs compétences pour l’organisation des fêtes de l’agriculture. Celle de Thilleux dimanche dernier a été un réel succès avec 7000 visiteurs, des divertissements renouvelés et un parc d’exposants impressionnant. C’était aussi le concours régional de labours.

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La fête de l’agriculture de Thilleux a fait le plein dimanche dernier. (© E.D.) Vauthier Sepac © JLB Maquette © JLB Maquette © JLB Inauguration © JLB Machinisme © JLB Discours © JLB Préfet © JLB Anciens présidents © JLB Buvet © JLB Maquillage d'enfants © JLB Machinisme © JLB Diversification © JLB Ets BUGNOT © JLB Ets CORMAT © JLB Matériel ancien © JLB Jeux © JLB Publics © JLB Labour © JLB Régis Jacobe © JLB Miss © JLB Fête © JLB

Vincent COURTIER, Président des Jeunes Agriculteurs, a rappelé lors de son propos d’inauguration la finalité de la manifestation qui est à la fois festive, professionnelle et syndicale. Il a félicité Adrien MATRION qui a su mettre sur pieds, dans un temps record, cette fête de l’agriculture, plus précoce que d’habitude, qui s’est télescopée avec les travaux de moisson tardifs. Il a aussi salué la mémoire de Jean-Charles ROBERT, organisateur méritant de la fête de 2010 dans le canton de Poisson.

Le «cercle», le «centre» puis les «Jeunes Agriculteurs»

Le Syndicalisme 

«Jeune»

a fêté cette année son

60ème anniversaire. Constitué en 1953, le Cercle des Jeunes Agriculteurs dont le Président fondateur a été Jean PETIT de Sarrey, s’est ensuite intitulé le CDJA (Centre Départemental des Jeunes Agriculteurs) en 1961 puis

«Jeunes Agriculteurs de Haute Marne»

en 2002. Les statuts ont évolué vers davantage d’autonomie par rapport au syndicalisme aîné mais la règle des 35 ans est restée inchangée. Vincent COURTIER a rappelé que les JA restaient la force d’avenir du monde agricole. À ce titre la politique d’installation est le sujet de préoccupation majeur. Malgré une conjoncture difficile, la Haute-Marne continue d’installer une quarantaine de jeunes agriculteurs/trices par an. Les aides à l’installation sont certes indispensables mais il faut aussi que le contexte économique et politique soit favorable, avec des perspectives encourageantes. Certains indicateurs sont encourageants, telles que la demande mondiale, ou la valorisation de la biomasse, mais d’autres le sont moins et chacun a en tête la réforme de la PAC, particulièrement sa déclinaison nationale. Thierry LAHAYE, président de la FDSEA, a ainsi fait part de son inquiétude à propos de la surprime des 52 premiers hectares qui risque de faire perdre 10m€

 

à la ferme Haute-Marne. Cette mesure ne va pas sauver l’élevage, contrairement à ce que voudrait faire croire le Ministre de l’Agriculture. Bruno SIDO s’est dit prêt à interpeller le gouvernement sur ce dossier et à accompagner le syndicalisme haut-marnais dans ses démarches pour faire reconnaître la particularité des zones intermédiaires.

Un Préfet ouvert au dialogue

Prenant grand plaisir à répondre à l’invitation pour sa deuxième fête de l’agriculture (il venait tout juste d’être nommé l’an dernier, le Préfet Jean Paul CELET a rappelé la place éminente d l’agriculture dans le département, mais aussi dans la balance commerciale nationale. Il a entendu les revendications du syndicalisme sur les questions environnementales et a assuré que son bureau restait ouvert pour évoquer toutes les difficultés liées à la réglementation qui se complexifie. Il propose aussi d’évoquer avec la profession agricole le développement des emplois jeunes car il estime que l’agriculture reste un

«métier d’avenir»

.

 

 


«LE DÉCLIN DE L’ÉLEVAGE, C’EST FINI»

Régis JACOBE, président de la Chambre d’Agriculture Régionale de  Champagne Ardenne

Avenir Agricole et Rural: quels sont les principaux sujets d’inquiétude qui risquent d’affaiblir l’agriculture champ ardennaise?

REGIS JACOBE: La première préoccupation à court terme est la baisse des cours des graines qui aura un fort impact sur le résultat d’un grand nombre d’exploitations. Cette dégradation va être amplifiée par la réforme de la PAC dont les arbitrages nationaux peuvent nous coûter cher. Nous devrons être particulièrement attentifs au remplacement de la PHAE surtout dans les zones où il ne sera pas possible d’activer une ICHN.

AAR: dans quel état d’esprit abordez-vous cette première rentrée agricole?

RJ: La Chambre Régionale doit aider l’agriculture champardennaise à rebondir. Je vois 3 défis à relever:

1) développer la valeur ajoutée notamment au niveau de l’élevage,

2) continuer d’installer et d’embaucher avec l’objectif de maintenir la population active actuelle,

3)  assurer une dynamique de développement sur l’ensemble du territoire.

 

AAR: Avec quels objectifs, méthode et moyens?

RJ: Pour ce qui est de l’élevage, nous devons déclarer la fin du déclin et profiter de nos atouts régionaux, qui sont nombreux. Nous avons en effet une position privilégiée avec un volume important de produits (et coproduits) végétaux, une proximité de grands bassins de consommation (Île de France, Benelux) et une industrie agroalimentaire diversifiée tant en amont qu’en aval. Nous avons aussi des surfaces d’exploitation qui nous permettent une certaine intensification. Les services techniques des chambres d’agriculture continueront d’accompagner les agriculteurs dans l’amélioration de la productivité particulièrement celle des surfaces herbagères.

Nous pouvons, et peut-être même devrons-nous, gérer davantage d’effluents d’élevage. Des potentialités existent dans les productions hors sol. La Champagne Ardenne n’a pas vocation à rester un «bouche-trou» pour l’approvisionnement d’un marché trop concentré sur certaines régions et finalement peu compétitif face à la concurrence intracommunautaire.

Le lait et la viande bovine sont aussi des marchés porteurs d’avenir.

Les éleveurs doivent rester fiers de ce qu’ils font. La Champagne Adenne doit aussi être fière d’eux.

AAR: concrètement qu’elles vont être vos prochaines initiatives?

RJ: je participerai à la conférence Interbev de la foire de Châlons où ce thème sera débattu; il y aura aussi un événement lors de la foire de Sedan, la semaine suivante. Je vais ensuite proposer de réunir tous les acteurs de l’élevage pour étudier les pistes de développement dans un esprit de solidarité territoriale. Les distances ne sont pas, à mon avis, des obstacles insurmontables. Des mutualisations, des optimisations logistiques, voire des compensations économiques sont toujours possibles.

La méthanisation des effluents d’élevage est aussi une opportunité à saisir, la Champagne Ardenne doit prendre rang rapidement dans le projet des 1000 méthaniseurs annoncé récemment par le gouvernement.

 

AAR: Les moyens de la Région ne sont-ils pas limités?

RJ: Forcément. c’est pour cette raison qu’ils doivent être utilisés avec une bonne efficacité économique. Je trouve par exemple, que les crédits consacrés à la biodiversité sont disproportionnés par rapport à ceux engagés dans le domaine de la production. J’ai aussi partagé l’étonnement du Président BACHY faisant le constat de la sous-consommation des subventions européennes lors de la dernière assemblée générale de la FRSEA Champagne Ardenne.

Il faut faire l’inventaire de ce qui a marché, de ce qui a mal fonctionné et se fixer des objectifs avec une évaluation régulière. Je souhaite associer à la réflexion tous les acteurs économiques pour les aider à développer des stratégies gagnantes sur tout le territoire champardennais.

Propos recueillis par JLouis Blondel

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