L'Avenir Agricole et Rural 15 mai 2014 à 09h32 | Par L'Avenir Agricole et Rural

FESTIVAL DE L'ÉLEVAGE - Des brésiliens en Haute-Marne.

Un groupe de brésiliens est en quête d’un nouveau modèle économique. Après avoir visité plusieurs pays, ils se sont rendus en France, à cette occasion, le Président de la Chambre d’Agriculture leur a présenté le contexte agricole départemental.

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Pierre PATRIAT (2ème à gauche), le beau-frère de Christophe FISCHER, est agriculteur dans le Mato Grosso depuis plus de 30 ans.
Pierre PATRIAT (2ème à gauche), le beau-frère de Christophe FISCHER, est agriculteur dans le Mato Grosso depuis plus de 30 ans. - © T Morillon

La pression de Monsanto.

Une délégation brésilienne était de passage pendant la manifestation. invitées par la Chambre d’Agriculture de Haute-Marne, cette vingtaine de personnes composée d’agriculteurs et de responsables politiques agricoles est en recherche d’alternatives pour leurs cultures. Dans leur pays, ils sont confrontés à ce qu’ils appellent un « abus de position dominante » de la multinationale américaine Monsanto. Cette dernière devient de plus en plus gourmande sur les royalties des semences et a des décisions politiques contestables, sans concertation avec les agriculteurs.

 

La particularité du système français.

Cette délégation brésilienne veut adapter la semence fermière dans son pays et voyage à plusieurs endroits afin d’en connaître la législation : les États-Unis, l’Inde, la Chine et la France. Après un passage à Paris et en Bourgogne, ils sont venus dans notre département où ils ont visité des exploitations, des coopératives et la Chambre d’Agriculture. Christophe Fischer leur a présenté l’agriculture française et la situation haut-marnaise, en précisant que « Nous ne sommes pas dans les mêmes rapports ».

En effet, les différences entre ces deux pays sont nombreuses : superficie, population, type de sol, gestion du domaine agricole… Le président leur a également expliqué le fonctionnement d’une Chambre d’Agriculture, qui a la particularité d’être un établissement public qui fonctionne comme un organisme privé. La plupart de leurs questions étaient sur la fiscalité, la gestion, les budgets, les aides, le revenu ou encore le système d’élection du président de la Chambre. Ils se sont interrogés également sur la différence entre le rôle des syndicats et celui de la Chambre d’Agriculture.

De tous les pays visités, la délégation brésilienne préfère le système français, la législation lui semble la plus adaptée à son territoire. Au Brésil, le pouvoir est trop centralisé, l’Etat décide, contrôle et condamne, alors qu’en France, il délègue les compétences et régule sans intervenir. Les représentants d’associations veulent s’inspirer et importer le modèle français d’organisations agricoles au Brésil.

 

Syndicalisme et Cogestion

Thierry LAHAYE a présenté le réseau FNSEA, fort de ses 40 associations spécialisées et de sa présence sur tout le territoire. Il a précisé que le syndicalisme majoritaire français avait comme principales préoccupations actuellement la mise en œuvre de la réforme de la PAC et la gestion des contraintes environnementales. Il a répondu à de multiples questions sur la gestion de la main-d’œuvre, les modalités de financement du syndicalisme et son positionnement par rapport aux OGM.

 

La délégation brésilienne a précisé que le droit du travail, contrairement à ce que l’on pouvait imaginer, était extrêmement encadré, notamment en ce qui concerne la durée. La participation du syndicalisme français dans différentes Organisations Professionnelles Agricoles permet à des élus professionnels de conserver la maîtrise de la politique agricole bien que celle-ci soit largement dictée par les instances européennes. Le Président de la FDSEA 52 a expliqué que le syndicalisme départemental reste le point névralgique du réseau FNSEA car il permet d’avoir une bonne proximité, avec le relais des syndicats locaux. La cotisation à l’hectare ainsi que les services à l’adhérent assurent une autonomie financière à près de 80 % ; le solde étant assuré avec des partenariats et un retour du financement national lié aux résultats des élections aux Chambres d’Agriculture. La défense professionnelle est un point sensible pour les agriculteurs du Brésil qui doivent aussi organiser un contre-pouvoir face aux ONG qui dénoncent la déforestation et les pratiques culturales intensives.



La SAFER un outil intéressant

Thierry BUSSY, Président de la SAFER Champagne Ardenne, a présenté le rôle de sa structure dans la gestion du foncier, un sujet sensible pour la délégation brésilienne qui est aussi confrontée à une politique de redistribution vers les « sans terre » qui n’ont malheureusement pas les compétences requises pour mettre en valeur les parcelles qui leur sont attribuées. « On ne nous demande pas notre avis » proteste le représentant de la délégation, M. PATRIAT, « au moins la SAFER est gérée de manière paritaire avec la profession agricole ». Le Président a rappelé que la SAFER était destinataire de toutes les ventes de foncier mais qu’elle n’était intervenue que sur moins de 10 % de la surface (1 868 ha sur 21 714 ha notifiés en 2013). De plus, sur ces interventions il n’y a eu que 3 % de préemption (51 ha). « La préemption est un moyen de dissuasion plus qu’un moyen d’intervention » a précisé Thierry BUSSY qui déplore cependant les failles juridiques dans le dispositif ; une anomalie qui va être en partie corrigée par la prochaine loi d’avenir. La délégation brésilienne a été très impressionnée par le niveau de prix des vignes d’appellation champagne qui varie entre 850 000 Ä et 1,4 MÄ/ha. Ainsi les 17 ha de vignes acquis par la SAFER représentent la moitié du chiffre d’affaires de cet organisme (environ 30 MÄ). La SAFER a aussi pour objet d’accompagner les collectivités locales dans une gestion la plus économe possible du changement de destination des terres.

Il a ar ailleurs été précisé aux visiteurs que le statut du fermage était un outil précieux pour juguler la spéculation et maintenir un coût d’accès au foncier compétitif..

 



REMERCIEMENTS

Quatre concours se sont déroulés les 8 et 9 mai derniers au Lycée Agricole Edgard Pisani à Choignes dans le cadre du Festival de l’Elevage organisé par la Chambre d’Agriculture et les Syndicats de race Holstein et Montbéliarde : Le concours inter départemental de la race Holstein avec 45 animaux provenant de Haute Marne et bien sûr de chez nos amis Aubois, le concours départemental de la race Montbéliarde avec 55 animaux sur 72 inscrits, le concours Inter Régional Génisses Holstein avec 98 animaux sur 163 inscrits et le concours du meilleur présentateur du Grand Est qui rassemblait 61 participants.

Avant toute chose, un grand, un très grand MERCI au Lycée Agricole Edgard Pisani, à son Directeur Monsieur Yann Sorel, à Stéphane, responsable de l’exploitation, à Jordan et à tous ceux qui ont œuvré dans l’ombre (Philippe, Francis, Corinne, Marie, Sébastien, tout le personnel et les élèves du Lycée Agricole...) pour que cette manifestation soit un grand succès.

Merci à nos deux juges, Monsieur Alain Hogges, directeur de l’AWE en Belgique pour la race Holstein et Monsieur Fabrice Garneret éleveur dans le Doubs pour la race Montbéliarde, qui nous ont offerts tous deux un jugement de grande qualité.

Merci à tous nos partenaires sans qui nous n’aurions pas pu mener à bien ce projet : Conseil général, Conseil Régional, Chambre d’Agriculture, EDE, Synest, Semex, Talon SARL, Groupama, GDS, SAS Graillot, Eurl PH Deru, SARL Aubry, FDSEA, Aube Aliment, Emc2 Elevage, Bovec, Sarl Vauthier Sépac, Fromagerie Ermitage, Bongrain, Nodimat, Sodiaal Union, Richard Manutention SAS, Sanders Grand Est, Jeunes Agriculteurs, FDPL, Bonda Nutrition Animale, Bric, Philicot SAS, Alfalor, Néolait, Agribat concept, Géne diffusion, Fdsea, Red Black, Elitest, Vivescia, Crédit Mutuel, CER France...

Vraiment, quatre concours de grande qualité, les juges ont mis tour à tour en avant le grand professionnalisme de nos éleveurs, mais également la qualité génétique des animaux présentés. En espérant que nous puissions reconduire ce genre de manifestation dans les prochaines années.

Brigitte TOLEDO

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