L'Avenir Agricole et Rural 04 mai 2012 à 11h01 | Par Jean-Louis BLONDEL

FDSEA - Gel des cultures … et du prix du lait

Le conseil d’administration de la FDSEA s’est réuni le 24 avril pour faire le point sur l’actualité économique et climatique. Le début de campagne est difficile surtout pour les céréaliers qui ont à faire face à un gel sans précédent.

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Dès qu’elle a eu connaissance des dégâts du gel la FDSEA 52 a alerté les Pouvoirs Publics et les Instances Nationales. Les interventions convergentes des départements de l’Est de la France, lors du dernier congrès de la FNSEA, ont permis une mobilisation nationale qui devrait déboucher sur des assouplissements réglementaires.

Une longue attente sur les dérogations MAER

Lorsqu’une calamité agricole impacte fortement un département, il est possible d’invoquer l’événement exceptionnel qui permet aux agriculteurs de déroger au cahier des charges imposé par les MAE. Cette règle édictée dans les circulaires est relativement simple à comprendre mais elle est apparemment plus compliquée à appliquer. Le Préfet doit recevoir des ordres du Ministre, lequel se couvre auprès la Commission Européenne. Or, Bruno LEMAIRE, n’a pas fait preuve d’une grande diligence en la matière. En effet, une délégation de la FNSEA a dû se rendre à Bruxelles pour obtenir des garanties sur la mise en œuvre de cette dérogation. En principe, les instructions écrites doivent être données aux DDT de Haute Marne et Lorraine pour le 6 mai au sujet de la mesure rotationnelle ; cette dernière n’étant pas applicable aux autres départements en raison de leur rendement de référence qui était supérieur à 60 quintaux. Les agriculteurs devraient ainsi pouvoir choisir la meilleure solution entre la déclaration de la nouvelle culture semée ou l’ancienne qui sera dès lors mentionnée sur l’imprimé vert « liste des engagements », lequel sert de référence pour vérifier le respect des conditions de rotation sur la durée du contrat de 5 ans ; le but étant de conserver les 32 € sur l’ensemble de la surface contractualisée.
Pour ce qui concerne la conditionnalité et les DPU, il n’y aura pas de difficulté particulière dès lors que les trous de cultures ne seront pas colonisés par des adventices indésirables (chardons).


SCHMALLENGERG, les moutonniers doivent être aidés


Autre fléau qui touche la Haute Marne en ce début d’année : l’épidémie de SCHMALLENBERG, qui a lourdement impacté les élevages ayant eu des agnelages au cours du premier trimestre. Là encore, la FDSEA 52 a tiré, à plusieurs reprises la sonnette d’alarme et n’entend se contenter de promesses. Des moyens doivent être débloqués pour venir en aide aux éleveurs qui ont subi des pertes anormales. Le dossier a été à nouveau évoqué lors du congrès de la FNO qui s’est tenu la semaine dernière.


Intermarché abandonne la filière locale


Le conseil d’administration prend acte de la décision de la chaîne Intermarché d’abandonner la filière locale pour privilégier son abattoir breton (SVA). Certains magasins continuent de proposer des animaux haut-marnais mais ces derniers traversent deux fois la France avant de revenir sur les étales, sans aucune plus-value particulière pour l’éleveur. Les directeurs d’Intermarché, qui avaient été invités à échanger sur ce problème, ont tout simplement décliné l’invitation se retranchant derrière leur discipline d’enseigne.   
Le conseil d’administration a décidé d’informer le consommateur sur la réalité des circuits de la viande bovine. Une communication positive sera faite par ailleurs sur les GMS, en particulier LECLERC de Chaumont et Langres ainsi que les bouchers et les restaurants qui s’approvisionnent localement.

Un marché du lait atone


Richard BOURBON a expliqué que le Bassin Laitier avait permis de maintenir le litrage dans le département. 82 % des éleveurs qui avaient droit à du lait gratuit, en ont demandé et obtenu. Autrement dit, seuls 18 % des éleveurs ne se sont pas estimés en capacité de développer leur production. Ce chiffre n’est pas alarmiste, il confirme la volonté des éleveurs haut-marnais de maintenir un haut niveau de production départementale. Les TSST qui ont été accordés avec une transparence limitée à 2 seront proposés pour l’année prochaine avec une transparence totale. C’est du moins le souhait de la FDPL 52.
Globalement, la production haut-marnaise, suit la tendance nationale qui est en augmentation. Cette évolution n’est probablement pas sans incidence sur le prix qui se tasse notamment en raison des indicateurs « produits industriels » et « tunnel Allemagne », ce dernier entraînant une décote de 9 €/tonne. autrement dit, l’écart avec l’Allemagne est actuellement de 19 €/t. Le prix du mois de mai devrait être de 306,15 € intégrant le lissage des 12,50 € qui avaient été décidés au cours du premier trimestre. En effet, la profession agricole avait souhaité que prix ne puisse pas descendre en dessous de 300 €. Selon Richard BOURBON, cet objectif sera difficile à maintenir de même que l’objectif d’être aux alentours de 320 € sur l’année.
La FDPL se félicite toutefois de l’accord obtenu à l’arraché avec LACTALIS suite à une mobilisation exemplaire des éleveurs et particulièrement de la délégation haut-marnaise.
Cette quasi-stagnation du prix n’est pas satisfaisante pour le Conseil d’Administration qui rappelle l’augmentation des charges.


Refonte nécessaire du PAD


Le Conseil d’Administration constate que le Projet Agricole Départemental n’est plus d’actualité et mérite pour le moins un toilettage. La mise en œuvre du Plan Régional de l’Agriculture Durable (PRAD) et sa déclinaison départementale peuvent être l’occasion de lancer cette réflexion. Le PRAD doit fixer les grandes orientations de la politique agroalimentaire et agro-industrielle en région. Des réunions de travail vont avoir lieu prochainement à ce sujet ; la Haute-Marne défendra notamment le maintien de ses filières animales tout en accompagnant le développement de la production avicole et des énergies renouvelables.
Le Conseil d’Administration a aussi fait le point sur les dossiers ouverts dans le cadre de la campagne syndicale à savoir : le répertoire « départ-installation » ; le développement de « l’assurance revenu », le guichet grande diversification et le développement de la méthanisation.


Elections de la Chambre d’Agriculture en janvier 2013


Christophe FISCHER a rappelé que les élections à la Chambre d’Agriculture se tiendront comme prévu en janvier 2013. La campagne électorale commencera officiellement le 7 janvier et s’achèvera le 30 janvier. Un arrêté ministériel du 12 mars 2012 fixe l’agenda des différentes étapes (cf encadré). Evidemment la campagne syndicale commencera au cours du second semestre 2012. Vincent COURTIER, Président des Jeunes Agriculteurs confirme la volonté de faire une liste commune avec la FDSEA. La règle de parité « homme-femme » n’est pas encore fixée, il est probable qu’elle soit de 1/3-2/3, proportionnellement au nombre d’agricultrices en activité.


Un protocole dégâts de gibier inacceptable


Le Conseil d’Administration estime inacceptable. la concession faite aux chasseurs dans le protocole national à propos des seuils d’indemnisation de 3 % ou 250 € par parcelle est excessive. La double pénalité de la prise en charge des frais d’expertise lorsque ces seuils ne sont pas atteints déclenche de violentes réactions. La FNSEA a été alertée, Christophe FISCHER ainsi que d’autres présidents départementaux, sont intervenus à ce sujet lors du dernier congrès. Mais il faut aussi régler la cause de problème, à savoir la surpopulation de sangliers. La FDSEA aidera la Fédération des Chasseurs et la DDT à mettre en place une politique contraignante dans les points noirs. Les Commissions Locales de Concertation doivent permettre un vrai débat à condition que les représentants agricoles aient bien en main tous les éléments chiffrés du dossier avant les réunions, ce qui est rarement le cas. Evidemment, une diminution de la population rend incompatible les restrictions de tirs que s’imposent eux-mêmes les chasseurs. Le Conseil d’Administration a aussi rappelé l’utilité de la prévention et s’est inquiété de l’insuffisance des clôtures disponibles pour protéger les nouvelles surfaces réensemencées en maïs grain.
Dans les questions diverses il a aussi été abordé le sujet des contrôles « conditionnalité » qui sont souvent pointilleux et la situation du Service de Remplacement qui est en amélioration mais reste en recherche de vacataires pour satisfaire toutes les demandes. Le Conseil avait aussi pris acte de la bonne collecte des adhésions 2 012 qui est en augmentation de 13 %.

Dates clé pour les élections à la Chambre d’Agriculture

- Avant le 1er juillet 2012 :
affichage de l’avis annonçant la révision
des listes électorales
- 30 novembre 2012 :
date limite de dépôt des listes définitives
- 2 janvier 2013 : date limite de dépôt des listes
de candidatures
- 31 janvier 2013 : date de
clôture du scrutin
- Avant le 6 février :
recensement des votes.

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