L'Avenir Agricole et Rural 15 mai 2015 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

FDSEA 52 CONTRACTUALISATION DANS UN MARCHÉ SEGMENTÉ

La commission élevage FDSEA-JA s’est réunie sous la présidence conjointe de Vincent COURTIER et Cyril GROSS. Dans une conjoncture morose les éleveurs essaient de comprendre le marché et de s’adapter.

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Cyril GROSS et Vincent COURTIER ont multiplié les initiatives pour défendre le «Produire Français - manger français».
Cyril GROSS et Vincent COURTIER ont multiplié les initiatives pour défendre le «Produire Français - manger français». - © jl blondel

EMC2 Elevage avait été invité à présenter ses différentes démarches de contractualisation avec les principales entreprises d’aval.

 

Une exportation intermittente

Comme la plupart des marchés agricoles celui de la viande bovine est fortement dépendant de la mondialisation. Ainsi actuellement, la Turquie ouvre ses frontières aux jeunes bovins vifs de moins de 300 kg, ce qui lui permet de maintenir une partie de la valeur ajoutée sur son territoire en faisant aussi tourner ses abattoirs. Cette conjoncture crée un appel d’air sur cette catégorie d’animaux même si les volumes restent sans commune mesure avec le débouché italien. Ce contexte a toutefois des effets pervers sur l’engraissement local voire italien. Mise à part cette catégorie, le cours des bovins est dans une morosité durable avec des cotations proches de celles de 2012 alors que la viande était à son plus bas niveau. Fait aggravant : les animaux de bonne qualité, mis à part quelques niches telles que les races blonde d’aquitaine et limousine, sont délaissés. Les abatteurs recherchent de la viande à moindre coût pour la transformer en steaks hachés qui représente aujourd’hui plus de 50 % du débouché. D’autre part, la standardisation de l’offre en libre-service ne permet pas une bonne valorisation des animaux lourds. L’idéal serait d’abattre des babys entre 380 et 450 kg mais seulement un animal sur deux entre actuellement dans ce critère.

La demande nationale est plutôt atone et le débouché de qualité se rétrécit avec une concurrence européenne, voire mondiale, très active. Les acheteurs, à savoir les abatteurs, exploitent ce contexte pour faire pression à la baisse sur les cotations et la profession agricole estime que le marché n’est plus transparent. Des actions ont ainsi été conduites en début de semaine devant les différents abattoirs d’envergure nationale.

Les producteurs espèrent que l’exportation permettra de redonner un coup de pouce comme cela a été le cas en 2013. Dans le même temps, les intermédiaires, tel que EMC2 Elevage, cherchent à organiser des relations contractuelles afin d’apporter de la sécurité et de la rentabilité indispensable au maintien de la filière.

François SCHMITT en premier plan et Jeremy MONSEL ont témoigné sur la politique de contractualisation proposée par EMC2 Elevage.
François SCHMITT en premier plan et Jeremy MONSEL ont témoigné sur la politique de contractualisation proposée par EMC2 Elevage. - © JL Blondel

EMC2 propose une large palette de contractualisation

Jérémy MONSEL, agriculteur à Cirey les Mareilles est venu présenter son témoignage sur la mise en place d’un « Cap 200 » proposé par EMC2 Elevage. Ce contrat lui permet de sécuriser une bonne partie des marges d’exploitation, avec un encadrement technique de la coopérative qui assure la viabilité économique du dispositif par des engagements auprès de l’abatteur tant sur les volumes que les cours. Des initiatives identiques ont été prises par la coopérative sur les jeunes bovins laitiers, des jeunes bovins charolais ou encore dans des niches plus spécifiques telle que la démarche Bleu Blanc Cœur (BBC) qui valorise les viandes riches en OMEGA3. La coopérative propose aussi des solutions pour les animaux finis à l’herbe. Sur les femelles, la contractualisation est plus limitée. La coopérative propose des races croisées avec la race herford qui présente le gros avantage d’avoir une finition rapide. La plus value peut atteindre 30 à 60 ct/kg.

Jérémy MONSEL a présenté ses chiffres pour ses premiers lots qui sont très encourageants de l’ordre de 190 Ä/animal avant rémunération du travail. Dans ce contrat, EMC2 garantit la mortalité sur les 15 premiers jours et finance à 0 % l’investissement cheptel. Le suivi technique concerne l’alimentation et la conception du bâtiment sachant que l’éleveur reste totalement libre de ses achats.

La Commission Elevage a écouté avec beaucoup d’intérêt ces exemples de contractualisation tout en considérant qu’ils ne représentaient qu’une faible part du volume. Néanmoins pour EMC2 ce type de commercialisation constitue d’ores et déjà une part prépondérante de son activité. La complexité du marché de la viande bovine, l’évolution des pratiques alimentaires et la grande diversité de l’offre obligent à renforcer la filière. C’est aussi dans cet esprit que la Commission Elevage a multiplié ses démarches auprès de la restauration hors foyer pour promouvoir le débouché français. De même, les Jeunes Agriculteurs ont prévu des actions auprès de la Grande Distribution avec un stickage «viande de nulle part» sur les produits carnés dont l’origine n’est pas mentionnée.

 

Des éleveurs inquiets pour leur référence

La réforme de la PAC est globalement bénéficiaire pour le département avec la réintégration des vaches allaitantes non primables, environ 1/3 du troupeau haut-marnais. Mais individuellement les éleveurs peuvent subir un gros préjudice si leur référence 2 013 est mal calculée. Ce sera le cas des éleveurs qui ont repris des exploitations et/ou augmenté leur troupeau. La fin de la prise en compte des génisses dans l’effectif primable (jusqu’à 40 % avant la réforme), va aussi générer quelques déconvenues. La Commission Elevage demande que la réserve puisse être activée pour tous les éleveurs ayant augmenté leur troupeau depuis 2013. Autre sujet de préoccupation : le second pilier qui au travers de la prime à l’herbe et de l’ICHN va être profondément remanié. L’écart de traitement entre les éleveurs situés en zone défavorisée et les autres va fortement s’accentuer et les exploitations de polyculture élevage ne vont pas trouver leur salut dans les autres MAE Système qui leur paraissent inaccessibles, soit en raison du  taux de chargement (MAE herbe) soit en raison des IFT (MAE Polyculture Elevage). A cela s’ajoutent les réfactions inhérentes au paiement redistributif (plus de 52 ha). Ce contexte ne peut que renforcer la morosité ambiante et déclencher des actions syndicales.

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