L'Avenir Agricole et Rural 30 avril 2009 à 11h58 | Par F.Thevenin

FDCUMA 52 - Dans ce monde qui change, les CUMA restent unlieu stable

L'assemblée générale de la FDCuma a été l'occasion de dresser le bilan de l'année 2008 mais aussi, et surtout, de «restituer» la place des Cuma au sein d'une agriculture qui bouge. Le tout sous la présidence de Dominique Guenat, son président.

Abonnez-vous Réagir Imprimer

La volonté du conseil d'administration de la FDCuma est d'être le plus souvent possible à l'écoute des Cuma en s'appliquant au quotidien à leur côté.
Le réseau départemental est désormais en phase de croisière. Il se restructure progressivement avec la disparition des petites Cuma sans avenir réel et l'augmentation régulière d'activité pour les plus dynamiques. Trois dissolutions ont été réalisées en 2008 et aucune n'a été créée. La Haute-Marne compte désormais 75 Cuma !
Au fil des projets, le chiffre d'affaires moyen progresse pour dépasser les 41 000 euros par an. Un tiers des Cuma réalise deux tiers du chiffre d'affaires total et seules 7 Cuma font moins de 5 000 euros de CA. Tant en chiffres d'affaires qu'en investissements, les Cuma haut-marnaises sont légèrement supérieures à la moyenne nationale.
En parlant chiffres, il faut savoir que le suivi comptable conventionné avec le CER France 52 a été réorganisé pour la réalisation des comptes 2008 avec un recentrage des activités sur deux personnes basées à Montigny pour les Cuma nord et centre et à Langres pour le sud.

Les investissements


Après de forts investissements en 2005/2006, l'année 2007 était revenue dans la moyenne. En 2008, cette constatation se confirme avec une somme totale d'investissements de 2,16 millions d'euros.
Le renouvellement régulier des machines représente près de 60 % des achats en nombre et en montant. Mais, 34 outils nouveaux sont également apparus dans les Cuma et principalement dans le domaine des épandages de fumier et lisier, le travail de sol et le semis rapide.
En 2008, seuls quelques gros automoteurs ont été renouvelés du fait que le parc est globalement récent et en bon état. La valeur moyenne par outil le démontre avec seulement 25 300 euros.
Les outils de récolte qui représentent habituellement une part importante sont seulement de 19 % sur cet exercice. Mais, près de 50 % des Cuma ont investi en 2008 prouvant ainsi une bonne dynamique.
Toujours en 2008 et comme les années précédentes, l'accès aux prêts bonifiés est inexistant. Principalement, les prêts à taux normaux ou des Agilor financent les achats. Les taux d'intérêts moyens ont augmenté et peuvent être estimés entre 4,5 et 5,2 % selon les durées. Ces taux représentent un surcoût de frais financiers à couvrir mais, pour 2009, la situation devrait être meilleure puisque le taux directeur de la banque centrale européenne est de 1 %. Les banques n'ont plus qu'à suivre !

 

Les soutiens financiers

 

Le soutien financier du Conseil Régional a incité de nombreuses Cuma à s'engager dans des projets touchant à des sujets sensibles en matière d'organisation comme le semis sans labour ou la pulvérisation.
La tendance constatée en 2008 reste au niveau élevé des années précédentes avec 14 dossiers présentés pour 130 700 euros. La moyenne d'un dossier s'élève à 9 335 euros expliquant ainsi la présence de plus gros matériels pour lesquels le plafond de 15 000 euros a été atteint. Il convient d'ajouter 7 dossiers de prise en charge de parts sociales Jeunes Agriculteurs pour 8 944 euros.
Côté Conseil Général, en 2007, des modifications importantes dans le schéma de soutien aux Cuma sont intervenues. En 2008, elles ont été complétées avec l'élargissement à tous les matériels de binage simple ou mixte ainsi qu'aux outils de désherbage mécanique grandes cultures. Aucun dossier sur ces thèmes assez particuliers n'a été déposé sauf celui de la Cuma Union Fertile 52 pour l'achat d'une bineuse avec guidage soutenu à hauteur de 3 000 euros.

 

L'animation et les actions technique

Le souhait des responsables de la FDCuma est de suivre les Cuma dans leur quotidien. Le temps consacré aux réunions en tous genres est donc une priorité et représente l'activité principale de décembre à mai. Ce constat laisse peu de place pour entreprendre d'autres actions de grande envergure.

Malgré tout, la FDCuma avait décidé de fêter ses 60 ans en 2008 en impliquant de nombreuses Cuma et en partenariat avec le pôle Edgard Pisani, à Choignes. Deux jours de rencontre ont permis de montrer comment les Cuma avaient évolué ces dernières années.
Par ailleurs, la FDCuma est présente chaque année sur les manifestations des JA. Des documents de référence comme le barème d'entraide sont également mis à jour chaque année. La FDCuma dispose également d'un logiciel d'analyse des charges de mécanisation Mécagest-Pro et utilise aussi la méthode Déciméca.
La FDCuma est donc en mesure de réaliser des études précises qui concernent aussi bien des projets individuels que collectifs.

Les évolutions du réseau

La mise en place du Haut Conseil à la Coopération Agricole est effective depuis 2008 et se traduit par des modifications sur le suivi des Cuma.
Après plus d'un an de discussion, le Réseau Cuma Nord Est a vu le jour en décembre 2008. Cette structure régionale présidée par Pascal Perrot, haut-marnais et ancien président de la FDCuma Haute-Marne, regroupe 26 départements du quart nord-est de la France qui veulent s'engager dans une logique de réseau et définir des actions communes.
La FRCuma Nord Bassin Parisien va donc disparaître. Une embauche sera effective en mai 2009 avec un rôle de coordination des départements entre eux et la mise en place d'actions pouvant être communes. Le prochain Guide Prix de Revient sera le premier document coordonné par cette nouvelle structure.
A la FRCuma Champagne Ardenne, plusieurs réunions ont également eu lieu pour définir la pertinence de cet échelon. La volonté des FDCuma qui la compose est de maintenir son existence. La Marne essaie de se fédérer et de se structurer. Les Ardennes viennent d'embaucher un nouvel animateur comme l'a fait l'Aube l'an dernier et la Haute-Marne garde les compétences de son animateur, Eric Aubry.
La FRCuma Champagne Ardenne est et sera le lieu de débat avec toutes les autres instances que sont la Région, l'Ademe, la fédération des coopératives et la Chambre régionale d'Agriculture.

En résumé, en conclusion

Les Cuma de Haute-Marne continuent leur structuration en devenant, dans de nombreux cas, des groupes locaux, proches des exploitations et indispensables à leur développement. Globalement, les règles de fonctionnement des Cuma sont un enjeu important sur le plan réglementaire avec la création du HCCA (Haut Conseil à la Coopération Agricole) et sur le plan interne pour garantir une clarté des règles de vie entre adhérents.
Problème : les Cuma accroissent les services qu'elles proposent alors que les adhérents ne se bousculent pas pour prendre un poste au bureau. Pour Dominique Guenat, il est donc indispensable d'informer et d'accompagner au quotidien tous les présidents pour que chaque groupe soit clair dans ses décisions.
Selon le président de la FDCuma, « de nouveaux sujets comme le coût de l'énergie, la main d'oeuvre salariée, la cohérence globale des chaînes d'outils méritent aussi une information régulière ».
Il conclut : « la FDCuma reste attachée à des partenariats et des actions techniques concertées qui permettent de mieux répondre aux demandes. La réglementation change. Les marchés sont fluctuants. L'avenir est incertain. Dans ce contexte, les Cuma restent un lieu stable au sein duquel peuvent s'engager des réflexions à moyen terme avec

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2521 | novembre 2018

Dernier numéro
N° 2521 | novembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui