L'Avenir Agricole et Rural 03 mars 2016 à 08h00 | Par T. Morillon

Favoriser l’émergence de projets maraîchers

La première session de l’année a eu lieu le 29 février. Il a notamment été question du développement des cultures légumières et maraîchères dans notre département avec l’intervention des responsables de PLANETE Légumes.

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La chambre accompagne les projets de cultures légumières, certaines productions étant totalement absentes en Haute-Marne, pourtant la demande est bien présente.
La chambre accompagne les projets de cultures légumières, certaines productions étant totalement absentes en Haute-Marne, pourtant la demande est bien présente. - © T.M.

Les différentes orientations de la Chambre d’Agriculture lui permettent d’obtenir un résultat positif sur l’exercice 2015, il sera utilisé pendant l’année pour renforcer son accompagnement technique et économique auprès des élevages. Un appui déjà commencé l’année dernière, en accompagnant les éleveurs suivis par Pôle Elevage dans leur déclaration d’aides au transport de fourrages, ce plan de conseil gratuit sera amplifié en 2016. Cet engagement a été inscrit dans la motion relative à la situation des exploitations d’élevage et voté par l’assemblée. En revanche, les prochaines années vont mettre à rude épreuve les budgets : impact de la crise de l’élevage sur le volume de prestations, pressions sur les crédits de subventions et d’imposition…

Compétitivité, performance et innovation

Pierre Lammert et Fabien Digel, respectivement président et directeur de Planète Légumes, ont présenté leur association. Il s’agit de l’unique station d’expérimentation légumière du Grand Est et compte 500 adhérents (la moitié est des maraîchers), dont 48 en Champagne-Ardenne. Elle est peu représentée dans notre département avec seulement 4 adhérents.

Son objectif est d’accroître la rentabilité des moyens de production des exploitations, des techniciens viennent visiter ces dernières au moins une fois par an. L’association diffuse ensuite ses connaissances techniques par l’intermédiaire de flashs (insectes, présence de maladies, traitements…), envoyés par mail et sms ou par des publications aux adhérents : guide de variétés, de désherbage et de binage ou pour la protection des légumes. Elle élabore aussi des fiches techniques pour chaque production. Une quarantaine d’expérimentations est réalisée tous les ans : «Ce sont les producteurs qui décident de l’orientation des essais, ils se font directement chez eux» explique Pierre Lammert.

Planète Légumes adapte les productions en fonction des exigences qualitatives des consommateurs et innove régulièrement pour lancer des nouveaux segments de marché. L’association est aussi tournée vers l’agroécologie, elle s’engage à respecter les ressources en eaux, à encourager une agriculture respectueuse de l’environnement et a accompagné la production biologique (45 exploitations adhérentes dans le Grand Est). Planète Légumes* essaye également de développer les échanges sur la filière légumière entre les pays frontaliers (Suisse, Belgique…) et l’Allemagne. «Si on veut être bon chez nous, il faut regarder ce qui se passe ailleurs» indique Fabien Digel.

L’importance des débouchés

Selon les spécialistes, il existe un potentiel maraîcher important en Haute-Marne, d’autant plus qu’il y a un manque d’offres dans ce domaine, par exemple le drive fermier de Chaumont ne peut pas proposer suffisamment de légumes. Thierry Bosserelle, agriculteur dans les Ardennes, s’est battu pour avoir un technicien maraîchage en Champagne-Ardenne, il cultive 40 ha de légumes. Pour lui, la présence de débouchés est un facteur déterminant : «Il n’y a pas souvent de problèmes au niveau du climat ou du type de sol, mais il faut de l’eau. Aujourd’hui, on dispose de moyens techniques suffisants quelles que soit les conditions avant de savoir où je vais produire, je préfère savoir à qui je vais vendre, après je m’adapte au terrain».

Pour atteindre le seuil de rentabilité, environ 5 ha sont nécessaires en bio, à condition de faire de la vente directe, il faut davantage de surface si la production est destinée à la grande distribution. Pour cultiver 1 ha de salade, 300 h de travail sont nécessaires et 700 h pour 1 ha de poireaux. L’investissement est estimé à environ 50 000 Ä pour produire de la salade, à condition d’être déjà équipé (pulvé, tracteur). La marge brute est comprise entre 8 000 et 12 000 Ä (selon le mode de commercialisation) pour 1 ha de culture légumières.

Formation à Fayl-Billot

Le Centre de Formation Professionnel et de Promotion Agricoles de Fayl-Billot propose depuis 2011 un Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole en maraîchage biologique. Chaque année, entre 6 et 8 personnes se laissent tenter par cette formation «Nous voulons produire localement pour fournir la restauration, mais nous avons des difficultés pour trouver des stagiaires et les faire rester» explique Yann Sorel, directeur de l’établissement.

Un dispositif unique est mis en place : un espace-test pour essayer son projet en maraîchage biologique. Ouvert aux titulaires d’un BPREA (ou équivalent), les porteurs de projet sont pris en charge sur l’exploitation du lycée horticole comme stagiaires de la formation continue, dans le cadre d’un dispositif de pré-installation, pour une durée de 6 mois à 1 an.

Il est ainsi possible de tester ses capacités en situation réelle et d’affiner ses compétences pratiques avant de s’installer. On peut mettre en application ses connaissances, tout en les enrichissants. Ce dispositif concerne 2 à 3 personnes par an.

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