L'Avenir Agricole et Rural 09 avril 2009 à 16h37 | Par F.Thevenin

EUROGENETIQUE 2009 - LE MEILLEUR DU GRAND EST

La nouvelle édition d'Eurogénétique était placée sous le signe de la jeunesse, du high tech et du meilleur des vaches de la zone Grand Est. Présentation et palmarès.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La concurrence entre les régions était forte et intence (© FREDERIC THEVENIN) COUM VELIA DU GAEC DE LA COUMIERE A EFFINCOURT, CHAMPIONNE JEUNE

La Ville d'Epinal tient « énormément » à son rendez-vous annuel Eurogénétique et elle le prouve : nouveaux parkings à proximité du site, grand ring au sein de la toute nouvelle salle de sport et accueil convivial pour tous les professionnels et les éleveurs.
Cette année, cette nouvelle édition était placée sous le signe de la jeunesse et des nouvelles technologies. Une fois encore, Eurogénétique a montré son attachement aux jeunes avec des étudiants et élèves de différentes écoles à l'organisation des concours et avec, en particulier, « l'Ecole des Jeunes » qui permet de former chaque année de 30 à 40 jeunes aux techniques de clippage et de présentation.
Depuis 2002, 300 passionnés ont suivi cette formation ! A l'occasion de cette édition 2009, les 30 meilleurs d'entre eux se sont retrouvés pour se disputer le Master Euro Jeunes.

High tech

Les dernières technologies étaient également au cœur d'Eurogénétique avec un pôle professionnel organisé par les Chambres d'Agriculture du Grand Est autour du thème très actuel : les robots de traite. Ces outils du XXIe siècle étaient accompagnés par d'autres robots plus petits et tout aussi innovants : le robot qui pousse le lisier et le fumier sur les aires d'attente et le robot qui pousse les fourrages sur les tables d'alimentation.
Les différentes animations et conférences ont permis de faire le tour des questions que se posent les éleveurs. Par exemple, une autre innovation a largement été évoquée dans les allées : la sélection génomique et l'arrivée des premiers taureaux évalués grâce à leur ADN. Une révolution sur laquelle l'Avenir Agricole reviendra bientôt.

La Haute-Marne en concours
Côté, vaches, la Haute-Marne s'est encore illustrée grâce à de bonnes performances. Le meilleur résultat vient du Gaec de la Coumière, à Effincourt, avec Coum Velia. Fille de Merchant, petite fille de Derry, cette vache née en août 2004 a produit, en première lactation, 10 824 kg. Elle a été récompensée pour ses aplombs, sa mamelle et son caractère laitier extrême.
A noter que les Prim'holsteins étaient notées par Erik Hansen, éleveur au Danemark. De par ses origines, il avoue une petite préférence pour les vaches sans gabarit exceptionnel mais avec de bons aplombs.

Les éleveurs présent à Epinal s'interrogent sur l'intérêt d'investir dans un robot. Aucun ne rejette, a priori, le procédé.
Les éleveurs présent à Epinal s'interrogent sur l'intérêt d'investir dans un robot. Aucun ne rejette, a priori, le procédé. - © FREDERIC THEVENIN

Les robots de traite étaient l'un des sujets abordés à Eurogénétique, lors d'une conférence, avec trois exemples à l'appui.

 

Et si j’installais un robot ?

Avec 1 500 installations en France et 20 % des neuves, le robot de traite n'est plus un effet de mode mais une réelle tendance qui a envahi les exploitations laitières. Le Grand Est n'échappe pas à la règle nationale...
Les raisons de ce succès sont connues : la suppression d'une astreinte quotidienne, la volonté de prendre davantage de week end et de vacances et le désir d'être en phase avec la société afin d'attirer de jeunes éleveurs. Faut-il le rappeler ? 60 % des éleveurs laitiers ne prennent jamais de week end et de vacances....

Le travail en question

D'après des études, la préoccupation numéro un des éleveurs laitiers est la charge de travail. Pour l'avenir, ils expriment tous la volonté de maintenir ou d'améliorer leur confort de travail ; loin devant la volonté de pouvoir produire plus. En fait, ils n'ont pas de problème de volume de travail mais plutôt de gestion de pointe de travail. Le travail d'astreinte pour un producteur de lait est estimé à 40 heures par UGB lait et par an.
Si la traite n'est pas considérée comme une tâche pénible par les éleveurs, d'autres travaux apparaissent plus lourds : le paillage, le raclage, le curage, les soins et la manipulation des animaux. Alors, dans ce contexte, si une technique peut alléger le métier, elle est regardée avec attention. Le robot de traite fait partie de ces techniques...  
Cette volonté est d'autant plus réelle que, dans les exploitations du Grand Est, le lait est souvent accompagné d'une autre production. Les quotas sont moins élevés que dans d'autres zones plus spécialisées mais les superficies et le travail sont plus importants. Quant au produit brut par UMO, il est égal aux autres grâce à ces superficies et à ces heures de travail.
Pour l'avenir, 53 % des éleveurs expliquent qu'il va se passer des mouvements au sein des exploitations avec des départs, des arrivées ou des remplacements. Nouveau : 36 % des éleveurs imaginent avoir recours à un salarié et 20 % pensent investir dans un robot de traite. D'ailleurs, il est amusant de constater que désormais, le robot est mis en balance avec le salarié...

6 marques de robots

Face à l'augmentation des effectifs, à l'augmentation du potentiel des VL, à la volonté de réduire les astreintes et pour une meilleure gestion individuelle des animaux, 6 marques proposent des robots de traite dont 4 sont installées sur la région Grand Est : Lely, Delaval, Fullwood Packo et Boumatic.
Fin 2007, la France comptait 600 robots. Fin 2008, 1 500 étaient recensés et fin 2009, 2 500 sont prévus en dépit du contexte actuel avec un prix du lait en chute libre.
Ces robots, quelle que soit la marque, intègrent de nombreuses composantes comme l'identification électronique, les compteurs à lait, un système de fin de traite, un système de tri du lait et des vaches... Dans leurs choix, les éleveurs doivent prendre en compte de nombreuses données : le service après vente et la maintenance, la progression et les évolutions techniques, l'implantation du robot dans le bâtiment, la circulation des hommes et des vaches et le contrôle des installations. Les robots vont encore plus loin en mesurant la qualité du lait, en suivant la repro, en apportant de nombreuses infos sur les vaches, le troupeau, le robot, l'exploitation.
Aujourd'hui, la nouvelle génération de robots s'adapte à toutes les races, à toutes les mamelles et à tous les trayons. Elle s'adapte même aux bufflonnes, en Italie... Néanmoins, l'ensemble des techniciens conseille, lors de la mise en place d'un robot, de se former voire de se faire parrainer pour une mise en route planifiée et réfléchie.
Attention, le robot ne remplace en aucun cas l'éleveur. Les heures de traite sont remplacées par des heures de surveillance et d'observation. Le gain de temps est estimé à deux minutes par traite. Pas plus ! Seulement, l'éleveur est plus libre et maître de ses horaires.

Les améliorations techniques des robots rendent les éleveurs confiants et intéressés par cette nouvelle technologie.
Les améliorations techniques des robots rendent les éleveurs confiants et intéressés par cette nouvelle technologie. - © Frederic THEVENIN

Alsace – Vosges, deux exemple

Après la présentation de Raphaël Péchiodat, pour le Gaec du Mausolée, à Faverolles, deux autres exemples d'installation de robots de traite ont été proposés au public.
Le premier concerne une exploitation alsacienne d'un quota de 750 000 litres avec 85 VL. Les 3 associés ont investi dans un robot Lely en juin 2007 sans réflexion préalable et sachant que le bâtiment était adapté à la technique dès 2006. La raison de cet investissement : un problème de main-d’œuvre
Au bout du compte, rien a changé au niveau des résultats techniques du troupeau. La moyenne par VL est restée à 9 200 kg alors que les concentrés, les taux et les cellules sont toujours les mêmes. Pour l'un des éleveurs, le robot s'adapte à tous les objectifs. Seul réel changement : le pic de lactation qui est désormais plus intense et plus fort suivi d'une chute plus sévère et une persistance moindre.
Quant aux éleveurs, leur approche du travail a été complètement réorganisée avec la fin de l'astreinte traite et un contrat de maintenance solide.
Dans les Vosges (55 VL pour 500 000 litres), depuis 2006, le robot de traite Delaval a été choisi avec la volonté de maintenir le pâturage. Les animaux sortent autour du bâtiment (800 m maxi) dans des prés sans eau et sans arbres. Les VL passent donc obligatoirement dans l'étable pour boire, s'abriter de la chaleur et se reposer sur des tapis confortables.
Tous les matins, à 7 h, le troupeau est rentré pour une traite. Elles passent donc toute ainsi au robot une première fois. Comme le maïs est distribué en fin de matinée pour l'après-midi, elles repassent une seconde fois et si besoin, l'éleveur assiste les récalcitrantes. A noter un parage annuel trois semaines avant la mise à l'herbe pour bons déplacements.

 

Robot et pâturage, est-ce possible ?

D'après des études, l'installation d'un robot entraîne systématiquement l'augmentation de l'emploi d'ensilage dans la ration des vaches laitières et la diminution du pâturage. Pourtant, de nombreux éleveurs souhaitent continuer le pâturage. Pour y arriver, il faut alors des parcelles à moins de 500 mètres du bâtiment, une gestion en paddocks, des portes sélectives intelligentes qui sélectionnent les vaches et aller chercher, au moins une fois par jour, les vaches dans le pré.
Comme l'exploitant utilise davantage de conserve avec un robot, il va devoir revoir la revalorisation de l'herbe libérée par les vaches. En fait, il a trois choix : plus de vaches, moins d'herbe ou mettre d'autres animaux sur ces surfaces.
Par exemple, une structure avec 70 VL à 7 200 litres pour un quota de 504 000 litres devra semer 7 ha de maïs en plus pour passer la conserve de 3,8 tonnes à 5,8 tonnes. La valorisation de l'herbe passe de 6 à 4 tonnes. Au bout du compte, la perte sur l'EBE est de 12 000 euros empêchant ainsi d'investir dans un robot.
A l'inverse, si l'exploitant développe un atelier bœuf pour utiliser l'herbe et choisit des vêlages à deux ans, les résultats financiers restent positifs et donnent la possibilité d'investir dans un robot. Il faut donc se poser la question de l'utilisation de l'herbe.
En conséquence, plus le système est herbager, plus l'impact du robot sera important car la part du pâturage baisse et la part du maïs augmente. Une réflexion sur l'impact technique et économique est indispensable.

Palmarès 2009



- Prim'holstein

- Grande Championne : Virgule de l'Earl Knecht à Zilling (57)
- Championne Adulte : Virgule de l'Earl Knecht à Zilling (57)
- Championne Jeune : Coum Velia du Gaec de la Coumière à Effincourt
- Championne Jeune Réserve : Wilt Ada du Gaec de l'Ecluse – Eurl Deru – F. Hance à Hacourt
- Championne Espoir : Bacara du Gaec des Capucins à Vezelise (54)
- Championne Génisse : Championne du Gaec Joassin à Puiseux (08)
- Section 1B : 6. Coum Bora du Gaec de la Coumière à Effincourt
- Section 1C : 7. Jal Balise du Gaec de Jainval à Thonnance-les-Joinville
- Section 1E : 10. Blanche Neige du Gaec de la Roche à Aprey – 11. SP Baby de la SAS Esperou Technologies à Mathons
- Section 2B : 8. Aquarelle du Gaec de la Grivée à Colombey-les-Choiseul
- Section 2C : 1. Wilt Ada du Gaec de l'Ecluse – Eurl Deru – F. Hance à Hacourt
- Section 2D : 1. Coum Velia du Gaec de la Coumière à Effincourt – 8. Vanille du Gaec partiel des 20 Journaux à Montier-en-Der – 10. HR Arianer de l'Earl Renaud-Thiriot à Ceffonds – 11. Ursula du Gaec du Radar à Montreuil-sur-Thonnance
- Section 3A : 7. Bel Verte du Gaec du Chameau à Serqueux
- Section 3B : 1. Twin Uxane du Gaec de l'Ecluse à Hacourt (Meilleure mamelle) – 5. Urcane du Gaec de l'Avenir à Mirbel
- Section 4A : 7. Uskvarna du Gaec de la Grivée à Colombey-les-Choiseul
- Section 5 : 6. Suzy du Gaec de l'Avenir à Mirbel
- Section génisses A : 6. Daphnée de l'Earl Renaud-Thiriot à Ceffonds
- Section génisses C : 2. Coum Didac du Gaec de la Coumière à Effincourt

- Simmental

- Championne Adulte : Univers du Gaec du Creux Bleu à Villecomte (21)
- Championne Adulte Réserve : Taverne du Gaec du Coteau à Biesles
- Championne Jeune : Verveine du Gaec Aubry à Jours-les-Baigneux (21)
- Section 1A : 3. Berceuse du Gaec Saint-Hubert à Pierrefontaines – 4. Atlanta du Gaec du Coteau à Biesles
- Section 2A : 3. Active du Gaec du Coteau à Biesles
- Section 2B : 1. Virginie du Gaec du Coteau à Biesles (Meilleure mamelle)
- Section 3 : 2. Ugénie du Gaec Saint-Hubert à Pierrefontaines – 3. Toscane du Gaec du Coteau à Biesles
- Section 4 : 1. Taverne du Gaec du Coteau à Biesles –  3. Sagesse du Gaec Richard-Roger à Chameroy

- Brunes

- Championne : Adorable du Gaec Chevallier-Jacoillot à Mauvilly (21)
- Championne Réserve : Vermine du Gaec des Brumonts à Montmoyen (21)
- Section 3 : 4. Usine de l'Earl Chevecheix à Darmannes
- Section 4 : 1. Scarlette du Gaec Funcken à Latrecey

- Montbéliardes

- Championne Adulte : Ursula de Jean-Pierre Richner à Brevillers (70)
- Championne Jeune : Almira de l'Earl Laprevote à Venisey (70)
- Section 1B : 8. Anubis du Gaec de Lojanie à Vauxbons
- Section 2B : 3. Vaseline du Gaec Foissey à Colombey-les-Choiseul –  4. Victoire de l'Earl Mille Régis à Gilley – 7. Unique du Gaec de la Levée à Colombey-les-Choiseul – 8. Vendée du Gaec Foissey à Colombey-les-Choiseul
- Section 3 : 7. Urania du Gaec de la Levée à Colombey-les-Choiseul – 9. Une de Lojanie du Gaec de Lojanie à Vauxbons.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. L'Avenir Agricole et Rural se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

L'Avenir Agricole et Rural
La couverture du journal L'Avenir Agricole et Rural n°2526 | décembre 2018

Dernier numéro
N° 2526 | décembre 2018

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Voir tous

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui