L'Avenir Agricole et Rural 20 février 2014 à 08h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

Etats généraux de l’agriculture - Les Chambres d’agriculture de Champagne-Ardenne font entendre leurs propositions

Le 21 février, en amont du salon de l’agriculture, les membres du Conseil de l’agriculture française se réunissent pour des états généraux. Régis JACOBE, Président de la Chambre d’agriculture de Champagne-Ardenne, expose les propositions des Chambres d’agriculture.

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Régis Jacobé
Régis Jacobé - © Reussir

Emploi

En novembre 2013, la FNSEA demande au gouvernement la tenue des Etats généraux de l’agriculture pour «redonner confiance aux paysans, des perspectives à l’agriculture française». Ce sera chose faite ce vendredi 21 février 2014 à Paris, en amont du Salon International de l’Agriculture : les membres du Conseil de l’agriculture française, dont les Chambres d’agriculture font partie, animeront ces états généraux pour faire le diagnostic de l’agriculture française et interpeller les ministres qui ont annoncé leur venue.

Dans un contexte économique mondialisé où l’Union européenne envisage à nouveau de libérer ses échanges avec les Etats-Unis et où l’argent public se raréfie – rappelons que la Champagne-Ardenne va perdre 137 MÄ d’aides annuelles PAC -, le Conseil de l’agriculture française souhaite que le Gouvernement lui apporte des réponses sur trois thèmes majeurs : l’emploi, la simplification administrative et la modernisation des exploitations et des usines agroalimentaires.

Pour Régis JACOBE, Président de la Chambre d’agriculture de Champagne-Ardenne, l’agriculture champardennaise est elle aussi face à son destin et à la recherche d’une nouvelle compétitivité qui passe par des mesures gouvernementales et des investissements en matière de :

«Nous demandons plus de souplesse pour l’embauche de saisonniers demandant une approche spécifique. L’objectif est d’éviter la simplification et la mécanisation des productions tendant à supprimer la main d’œuvre ou le développement des travailleurs détachés. Dans notre région, en 2010, les saisonniers représentaient 124 533 salariés, soit 5,6 % des emplois régionaux et 5,3 % des UTA agricoles France. Un vecteur non négligeable d’emplois alors que la France peine à réduire son taux de chômage».

Simplification administrative

«La Champagne-Ardenne est région pilote en matière de simplification des ICPE (installations classées pour la protection de l’environnement). La profession compte bénéficier de cette dynamique qui fera se lever les barrières à l’investissement qui pèsent actuellement sur les exploitations».

Le coût de la main d’œuvre salariée en France pèse aussi sur la compétitivité des exploitations agricoles : le delta entre le taux horaire d’un salarié agricole en France et celui d’un salarié allemand est de 14 % (13,3 Ä/h en France contre 11,7Ä/h en Allemagne), voire encore plus important avec l’Espagne ou l’Italie. Il est donc souhaité de simplifier les démarches des agriculteurs employeurs par l’extension du TESA (titre emploi simplifié agricole) à tous les salariés agricoles, y compris les CDI, ou encore de diminuer les charges salariales, par exemple en supprimant les charges de prestation familiale.

Modernisation

Les Chambres d’agriculture de Champagne-Ardenne sont porteuses de projets pour accompagner la recherche et l’innovation en agriculture. En liaison avec le pôle Industries & Agro-ressources et les collectivités locales, le réseau des Chambres, via la Chambre de la Marne, envisage la création d’une plateforme de recherche agronomique spécifique aux sols de craie pour concevoir des systèmes culturaux innovants. Des programmes comme Phyt’Eau-Réf, les fermes DEPHY sont déjà en place et le programme Auto’N sur l’autonomie azotée des sols de craie a été lancé à l’automne 2013. Les Chambres sont aussi présentes dans le GIEE «Pour une agriculture porteuse d’avenir dans le Barrois» qui expérimente l’agriculture de conservation. D’autres axes de recherche sont en gestation en matière d’autonomisation des élevages par exemple. Toutes ces actions montrent, selon Régis JACOBE, que « Nous ne manquons pas d’idées pour emmener l’agriculture champardennaise vers plus de compétitivité. »

Une évaluation des besoins en investissement de la filière élevage de la Champagne-Ardenne a été réalisée récemment par la Chambre régionale. Ils sont estimés à 300 MÄ d’ici à 2020 pour moderniser et mettre aux normes les bâtiments ainsi que maintenir la compétitivité des élevages.

Selon Régis JACOBE il s’agit «d’un véritable plan de compétitivité pour l’élevage champardennais nécessaire pour maintenir de l’élevage dans la région et donner un signal fort aux autres acteurs de la filière pour que, eux aussi, investissent localement. De ces investissements dépendent le maintien ou le déclin de la filière».

Et d’ajouter : «Richesse de notre pays, la production agricole restera compétitive si les Politiques publiques mises en place en matière agricole sont ambitieuses, équilibrées et pérennes. La compétitivité des exploitations doit tous nous guider dans nos décisions».


DETAILS DES BESOINS EN INVESTISSEMENTS DE L’ELEVAGE CHAMPARDENNAIS D’ICI A 2020 :

Pour près de 100 MEuros les investissements concernent de manière transversale toutes les filières de l’élevage :

• La diversification via la production d’énergies renouvelables par méthanisation des effluents d’élevage ou la construction de bâtiments d’élevage à toiture photovoltaïque pour des investissements estimés entre 50 et 75 MEuros.

• La mise aux normes des exploitations suite au 5e programme de la Directive Nitrates qui représenterait 30 MEuros d’ici 2016, essentiellement pour le secteur laitier qui représente 2 430 élevages en Champagne-Ardenne (2,7 % du cheptel national) et la production avicole en cycle court (animaux présents moins de 2 mois).

•La recherche d’une meilleure autonomie alimentaire estimée à 10 MEuros par l’augmentation des capacités de stockage, la fabrication d’aliments à la ferme principalement pour les porcs et les volailles, l’aménagement des accès quotidiens au pâturage pour les élevages laitiers.

• La recherche d’une meilleure performance énergétique avec des investissements évalués à 5 MEuors pour aménager l’existant. En Champagne-Ardenne, 10 MEuros ont déjà été engagés dans le cadre du plan de performance énergétique (PPE) sur des bâtiments avicoles et des installations de traite.

• La diversification dans la transformation pour valoriser les productions animales nécessitant 4 MEuros d’investissement.

•L’amélioration des conditions de travail, de sécurité et d’accueil des salariés temporaires et permanents à hauteur de 3 MEuros.

Les besoins d’investissements spécifiques à chaque filière sont majoritaires pour maintenir ces élevages en région :

• La filière laitière pour accélérer la restructuration et la modernisation des élevages et aborder sereinement la fin des quotas laitiers (entre 120 et 150MEuros).

• La filière vaches allaitantes pour la construction et l’aménagement des bâtiments (entre 15 et 20 MEuros).

• La filière engraissement bovin pour développer la production régionale (7,5 MEuros).

• La filière ovine pour développer les élevages en région, investir dans l’aménagement de l’existant et l’amélioration de la productivité (2 MEuros).

• La filière avicole pour le développement et la modernisation de quelques ateliers (10 à 15 MEuros).

Sans oublier l’accompagnement de projets dans des filières animales présentes de manière dispersée sur le territoire (équine, caprine, cunicole, palmipède…).


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