L'Avenir Agricole et Rural 22 avril 2020 à 15h00 | Par Jennifer MOREAU

Et si on essayait la betterave fourragère ?

La culture du maïs est de plus en plus compliquée face aux nombreux aléas climatiques que nous rencontrons chaque année. De plus en plus d’éleveurs s’interrogent sur d’autres cultures fourragères à intégrer dans leur assolement : temporaires, sorgho, méteils ou bien la betterave fourragère.

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La betterave fourragère devra être semée sur un sol bien ressuyé et bien réchauffé
La betterave fourragère devra être semée sur un sol bien ressuyé et bien réchauffé - © BETTERAVE FOURRAGERE

A proximité de la Haute-Marne, dans le sud meusien, un collectif d’éleveurs s’est formé depuis 2018. Tout est parti d’une réflexion de Patrice DAILLY, éleveur laitier à Levoncourt, en AOP Brie de Meaux, « pourquoi aller acheter à l’extérieur ce que l’on peut produire sur sa ferme ? » D’autres éleveurs ont envisagé cette culture comme une diversification des apports énergétiques, avec un apport de sucres dans la ration des vaches laitières et une valeur UFL constante contrairement au maïs. Enfin, pour d’autres, la betterave allonge la période végétative puisque récoltable en arrière-saison, ce qui peut aider à faire face aux aléas climatiques.

Exigences de la culture de la betterave
La betterave fourragère est une culture semée au printemps, avec un cycle de 7 à 8 mois environ (environ 2400 à 2800°C), cultivable presque partout en France (sauf si la couche de terre arable est insuffisante). Les sols caillouteux sont problématiques pour le développement des racines et le matériel de distribution, mais des solutions mécaniques telles que l’épierreur existent.

Le travail du sol et le semis

Le travail du sol doit être réalisé avec soin car la qualité de l’implantation conditionnera la réussite de la culture. Pour ne pas affecter le peuplement et le développement racinaire, il faudra éviter les accidents de structure comme la battance, la semelle de labour et le compactage.
Pour le choix de la parcelle, il en faudra une de préférence avec le moins de cailloux possible, pas trop argileuse, ni trop de pente en devers (risques d’écrasements de rangs de betterave lors de l’arrachage car l’arracheuse rippera).

La betterave fourragère devra être semée sur un sol bien ressuyé et bien réchauffé (température minimale du sol de 8°C) à une densité minimale de 95 à 100 000 graines monogermes/ha, sur une parcelle n’ayant pas eu de betteraves depuis 4 ans. Le précédent cultural ne doit être ni un maïs, ni un colza, ni une betterave. Derrière, il est préférable d’implanter un blé. Le semis s’effectue lentement (< 4-5 km/h) avec un écartement de 45 cm entre les lignes et 22 à 24 cm sur la ligne et à une profondeur de 2 à 3 cm dans une terre fine.
Pour le choix des variétés, de nombreuses existent (rondes, allongées, +/- riches en matière sèche, …). Lors du semis, il est préférable de ne pas les mélanger sinon l’effeuillage sera plus compliqué à réaliser lors de la récolte (plus d’infos sur www.betterave-fourragere.org).

Les quantités à distribuer

La betterave fourragère est valorisable par de nombreux animaux.

Avant de commencer à intégrer la betterave, une transition sera à respecter. Chaque semaine, on introduira 1 kg de MS supplémentaire jusqu’à obtenir la ration de croisière qui sera fonction du stock de betteraves disponibles, du taux de matière sèche des autres ingrédients de la ration, de la fibrosité de la ration (cellulose et parois), de la quantité de sucres…
Au-delà de 3 kg de MS par jour, il est recommandé de distribuer les betteraves fourragères en 2 repas afin qu’elles soient valorisées au maximum.

Pour aller plus loin
Sur la zone AOP Brie de Meaux, les éleveurs ayant l’itinéraire « Briard » ont l’obligation d’incorporer 2 kg MS de betteraves à leurs vaches en lactation, chaque jour de l’année. L’accès aux pulpes de betteraves surpressées n’est pas aisé pour tous les éleveurs selon leur localisation géographique et peut-être à terme, sur la concurrence sur ce produit (autres demandes pour pallier à des déficits fourragers, méthaniseurs, …).

Vous pourrez retrouver l intégralité de cet article dans notre édition du 24 avril 2020.

Chez Hervé LIOUVILLE qui récolte des betteraves depuis de nombreuses années, les betteraves stockées à l’intérieur se conservent jusqu’à mi-mai, avant qu’il ne fasse trop chaud.

Le nettoyage des betteraves

Des éleveurs du groupe meusien se sont inspirés de la pratique de l’Earl Lemoine à Commercy dans les années 80 qui était de faire descendre les betteraves sur du treillis soudé (carrés de 10 x 10 cm) pour les décrotter. Cette technique permet le décrottage des betteraves et l’élimination d’une bonne partie des pierres.

Des systèmes plus onéreux existent pour baigner et laver les betteraves mais demeure la question de la durée de conservation des betteraves une fois baignées dans l’eau.

LISTERIA :

un éleveur du groupe a connu des problèmes de listéria venant de betteraves sales stockées à l’extérieur. Dès qu’il les a rentrées sous un bâtiment et qu’elles ont eu le temps de sécher (15 jours environ), le problème de pathogènes a disparu.

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