L'Avenir Agricole et Rural 01 avril 2016 à 08h00 | Par P. Clausse 08

ESB : savoir garder raison

Quelques jours après la confirmation d’un cas avéré d’ESB dans les Ardennes, la FDSEA s’exprime.

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Le cas ardennais est le premier en France depuis la disparition de la maladie.
Le cas ardennais est le premier en France depuis la disparition de la maladie. - © F D'Alteroche

Emballement médiatique

On pourra se dire que les Ardennes n’avaient pas besoin de ce coup du sort. En fait, c’est l’ensemble du monde de l’élevage qui se serait bien passé d’un coup de projecteur médiatique imprévu, au moment où l’ensemble de la production traverse une période déjà si difficile sur le plan économique.

La FDSEA 08 avait choisi de ne pas s’exprimer lorsqu’elle a appris qu’une suspicion d’ESB concernait les Ardennes. Le syndicat avait considérer qu’il fallait attendre de savoir si la suspicion était avérée avant de se lancer dans des commentaires alarmistes.

La confirmation est venue plus vite que prévue. Alors que le cas suspect a été annoncé le mardi 22 mars par le ministère de l’agriculture, il n’a fallu attendre que 48 heures pour avoir la confirmation du Laboratoire européen de référence quand habituellement les délais s’étalent de 8 à 10 jours.

On pourra d’abord s’étonner du mode de communication du ministère de l’agriculture. Qu’il s’agisse de l’annonce de la suspicion ou de la confirmation du cas d’ESB, dans les deux cas la FDSEA a été informée par les média nationaux prévenus par un communiqué du ministère envoyé dans les rédactions parisiennes. Pas très confortable comme situation. On pourra aussi s’étonner de l’emballement médiatique suscitée par une information pour le moins négligeable en comparaison d’une actualité autrement plus dramatique et lourde de conséquences. Faut-il sans doute voir dans cette schizophrénie de l’information les séquelles encore bien présentes des deux crises de la vache folle de 1984 et de 2000. Il était important de dédramatiser la situation ce à quoi s’est employée la FDSEA auprès des nombreux journalistes qui l’ont contactée.

Un «non-événement»

Car, il faut le dire, la mise en évidence d’un cas d’ESB est un «non-événement», sauf bien sûr pour les éleveurs qui en sont les premières et seules victimes.

En effet, s’il fallait résumer la situation et les conséquences, cela se ramènerait à quatre constats très simples :

• Le cas d’ESB dans les Ardennes est un cas sporadique isolé comme il en est apparu trois autres depuis 2015 ; un en Irlande et deux en Grande Bretagne.

• L’apparition de la maladie ne suscite aucune inquiétude pour la santé publique.

• La maladie n’est pas transmissible d’animal à animal et ne présente donc aucun risque de contamination pour les troupeaux avoisinants.

• La maladie ne présente aucun danger pour le consommateur qui peut continuer à consommer de la viande.

• Enfin les seules conséquences concernent la modification du statut de la France de «pays à risque négligeable» et son retour au statut de «pays à risque maîtrisé». Avec un impact sans doute très marginal sur les exportations vers les pays tiers.

Finalement, le principal enseignement à tirer, et il est très rassurant, c’est que la traçabilité et les contrôles mis en place fonctionnent à merveille et permettent de détecter sûrement et rapidement toutes les anomalies, et de prendre toutes les mesures adéquates.

Rester solidaire

Plus que les conséquences collectives de ce cas d’ESB, ce sont les conséquences pour les éleveurs directement concernés qui retiennent prioritairement l’attention de la FDSEA. D’abord l’impact psychologique et le choc moral. Il est nécessaire de rappeler que les éleveurs ne sont en rien responsables de cette situation qui peut arriver n’importe où, n’importe quand et chez n’importe qui. La FDSEA appelle l’ensemble de la profession à faire acte de solidarité à l’égard des familles touchées. Ensuite, il y a les impacts financiers. L’Etat, par la voix du préfet, s’est engagé à ce que les animaux abattus soient intégralement indemnisés. La Fédération y veillera particulièrement.

Des investigations épidémiologiques sont en cours pour déterminer l’origine de ce cas d’ESB. Il n’est pas certains qu’elles aboutissent à une conclusion certaine. Mais si elles permettaient rapidement d’écarter de manière formelle la contamination par l’alimentation, ce serait une excellente nouvelle pour rassurer l’opinion publique et pour dédouaner l’éleveur de toute responsabilité.

CAS D’ESB - Les mesures prises

Au niveau de l’élevage

Les bovins nés un an avant ou après l’animal atteint, ainsi que sa descendance, sont abattus. Dans le cas présent, cet abattage concernerait une soixante de bovins et serait progressif pour les vaches gestantes.

Au niveau des autres élevages

Aucune disposition particulière n’affecte les cheptels voisins.

Au niveau de la consommation

La liste des parties susceptibles de transmettre la maladie et écartées de la consommation humaine est élargie pour apporter une garantie maximale contre la transmission à l’homme par voie alimentaire.

Au niveau européen et mondial

Le Statut de la France passe de «pays à risque négligeable» à «pays à risque maitrisés». Certains Etats pourraient utiliser cette évolution règlementaire pour restreindre les importations sur leurs territoires de bovins français.

Au niveau des exportations

L’impact sur les importations sera faible. A ce jour, seule l’Afrique du Sud a émis un certificat sanitaire pour fermer ses frontières aux exportations bovines françaises.

Au niveau épidémiologique

Une enquête a été lancée pour déterminer le mode de contamination de l’animal atteint.

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