L'Avenir Agricole et Rural 29 mai 2008 à 00h00 | Par F.Thevenin

ENVIRONNEMENT - L'AVENIR DU CLIMAT EN QUESTION

Lors de sa dernière réunion d’information, le Crédit Agricole a souhaité inviter Jean Jouzel, climatologue et glaciologue, afin qu’il parle du climat actuel et, surtout, de celui de demain.

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Avant tout propos, Jean Jouzel précise que l’effet de serre est un phénomène totalement naturel et indispensable. Il est une manifestation physique et bénéfique. Sans lui, la vie ne serait pas possible sur Terre !
Par contre, l’inquiétude vient de son aggravation avec l’augmentation, depuis 200 ans, de la présence de trois gaz incriminés : le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote. Par exemple, le gaz carbonique a augmenté de 60 % et la concentration en méthane n’a jamais été aussi importante !
Glaciologue, Jean Jouzel précise que les analyses sont particulièrement parlantes et visibles lors de carottages sur les glaces polaires. Ces analyses permettent de remonter le temps sur 800 000 ans grâce à des forages de 3,5 km. Elles montrent les différentes variations de température et il apparaît que la dernière période froide date de 20 000 ans. Aujourd’hui, la Terre serait dans une période chaude mais, problème, « bien plus chaude que toutes les précédentes de 5 à 6 ° ».

Responsables !

En 1990, l’émission de gaz carbonique dans le monde était estimée à 6 milliards de tonnes par an. En 2005, l’estimation est de 8 milliards. Les responsables de cette augmentation sont connus : l’utilisation du pétrole, l’utilisation du charbon, l’utilisation du gaz naturel, la déforestation, les puits de végétation... Les émissions de méthane sont essentiellement naturelles, viennent des hydrocarbures, de l’élevage de bovins et des décharges.
En France, en 2004, l’émission de gaz carbonique était estimée à 1,7 million de tonnes. Par rapport à d’autres pays, la France est raisonnable grâce au développement du nucléaire dans les années soixante-dix !

Les principaux responsables sont connus :

- transports (26 %)
- industrie manufacturée (20 %)
- agriculture (19 %)
- résidentiel, tertiaire, institutionnel et commercial (19 %)
- industrie de l’énergie (13 %).
Mais, il est intéressant de constater qu’en 15 ans, les évolutions sont très différentes selon les secteurs. Pour les transports et le résidentiel, l’augmentation est de plus de 22 ans ! Pour l’industrie, grâce à des efforts et des adaptations techniques, la baisse est de 21 % et pour l’agriculture, la baisse est de 10 % !
L’avenir

Pour l’avenir, il est clair que plus les émissions de gaz à effet de serre seront élevées ; plus les concentrations seront importantes et plus la température montra. D’après des prévisions alarmistes, en 2040, l’émission de gaz carboniques serait de 20 milliards de tonnes. Il est donc urgent de bouger !
D’après Jean Jouzel, le climat des 20 prochaines années et joué. Il dépend assez peu du comportement des Hommes dans les 20 ans à venir. Il est trop tard et il faut prévoir, sur ces 20 ans, une hausse des températures d’un demi-degré.
Par contre, le climat de la fin du siècle dépend de l’attitude actuelle des humains. Sans action, la hausse des températures augmenterait de 8 à 10° d’ici 2 099. Avec des actions, la hausse sera de 3°.
Les conséquences sont déjà connues : plus de sécheresses du fait d’une plus grande évaporation, plus d’inondations du fait de précipitations intenses, plus de cyclones tropicaux, plus de vagues de chaleur et moins de périodes froides. En France, pour l’agriculture, une hausse de 1 à 2° ne causera pas de pertes de productivité mais une hausse de 3° fera s’écrouler les rendements du fait de manque d’eau. Il va falloir créer de nouvelles espèces et penser à utiliser des OGM…
Pour lutter, l’ONU s’est mobilisée en organisant la Convention Climat de 1992. L’objectif est de stabiliser l’effet de serre pour maîtriser le réchauffement. Le tout, dans une dynamique de développement durable qui ne parle pas de régression économique.
Il faut donc, en premier lieu, stabiliser l’émission de gaz carbonique en passant de 7 milliards de tonnes à 3 milliards. En France, via le Grenelle de l’Environnement, les actions seront menées sur le logement, sur l’urbanisme, sur l’énergie et sur les transports. L’objectif français est de diviser par 4 ses émissions.

En Europe, les émissions doivent baisser de 30 % d’ici 2 020. L’utilisation des énergies renouvelables doit augmenter de 20 % et la consommation énergétique doit baisser de 20 %.

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