L'Avenir Agricole et Rural 06 mars 2009 à 11h21 | Par F.Thevenin

ENSEIGNEMENT - LYCEE AGRICOLE DE DROYES SOUS TENSION

Le lycée d'enseignement agricole privée de Droyes traverse une zone de turbulence d'ordre financier. Grâce à un effectif en hausse pour l'année scolaire 2008/2009 et une rigueur budgétaire renforcée, la barre peut être redressée dans les mois à venir.

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La 46ème assemblée générale du lycée de Droyes a servi de transition avec une nouvelle direction et une nouvelle présidence.
La 46ème assemblée générale du lycée de Droyes a servi de transition avec une nouvelle direction et une nouvelle présidence. - © FREDERIC THEVENIN

En l'absence de Christophe Thiéblemont, démissionnaire pour « des raisons personnelles » après 7 ans de présidence, Olivier Fetet, directeur diocésain, a pris son rôle d'autorité de tutelle en menant les travaux de l'assemblée générale du lycée de Droyes.
Il parle de l'année qui vient de s'écouler, pour le lycée, comme d'une année de transition. Le lycée a vécu le départ de son « ancestrale » directeur, Jean-François Van Hoorne, et l'arrivée d'une nouvelle directrice, Patricia Ganzin. Olivier Fetet évoque également, pêle-mêle, la réforme en cours des filières de formation, le « relatif » faible effectif en nombre d'élèves de l'année 2007/2008, les difficultés économiques...
Le directeur diocésain parle d'une année « compliquée ». Heureusement, la saison 2008/2009 pourrait se dérouler dans de meilleures conditions si des mesures drastiques sont prises. Premier bon signe : l'effectif a augmenté de 20 % ! Grâce à cette tendance significative et prometteuse, les investissements prévus de longue date vont pouvoir se concrétiser. Le tout avec le soutien du CREAP et les projets du CNEAP qui s'occupe de l'enseignement agricole privé au niveau national.

Un idéal
Olivier Fetet rappelle le rôle essentiel de l'enseignement agricole privé pour les familles et, en particulier, pour les élèves. Pour lui, il permet de décliner un idéal et une réalité pour des jeunes en développant des talents et en insérant des individus dans un monde professionnel qui passionne.
Pour l'équipe éducative, le challenge a relevé est énorme avec des conditions d'accueil, de travail et d'hébergement qui doivent toujours s'améliorer afin de fournir le meilleur enseignement possible. Le défi est de coller aux réalités et aux exigences de la société, de cultiver l'esprit de liberté et de responsabilité, de pratiquer les contrats et les partenariats et de développer une ambition humaine et éducative.
Au sein du lycée, « chaque personne est considérée comme telle » pour l'épanouissement des individus et dans un esprit de solidarité. Le but est de « développer l'intégralité des êtres dans toutes ses dimensions ».

Pour l'avenir, les axes dans l'enseignement privé restent les mêmes :

renforcer une ambition éducative en faisant grandir chacun
intégrer les exigences sociétales à tous les projets
enrichir les partenariats et développer les réseaux vivants
optimiser l'organisation.

Olivier Fetet appelle à innover, à oser, à écrire une nouvelle page pour les jeunes. Pour lui, l'occasion en est donnée avec le changement de directeur et le changement de président en la personne de Didier Maîtrehenry qui vient d'être élu en lieu et place de Christophe Thiéblemont. Il est accompagné d'un bureau complet avec, comme vice-présidentes, Marie-Cécile Sido et Elisabeth Brouillard.

Redressement impératif
Cette nouvelle équipe a fort à faire... Les résultats financiers 2007/2008 du lycée de Droyes sont désastreux (- 135 000 euros) à tel point qu'une procédure d'alerte a été lancée près du commissaire aux comptes. Celui-ci a rempli son rôle en tentant d'expliquer ce dérapage et en trouvant des solutions afin de lever cette procédure.
Parmi les explications, diverses raisons sont avancées : la hausse des charges de personnel, la hausse des provisions pour créances douteuses, la baisse des effectifs... qui ont engendré une forte chute de la trésorerie et une capacité d'autofinancement négative. La baisse des effectifs est sans doute le plus grave car elle engendre la baisse des cotisations et des subventions passant le lycée en dessous du seuil de rentabilité.
Parmi les solutions, la première bonne nouvelle est la hausse du nombre d'élèves qui est passé, en septembre 2008, de 109 à 123. Ce redressement sera accompagné de mesures draconiennes en baissant les charges de personnel (suppression d'un poste hors enseignement envisagé), en tirant les prix sur la restauration et diminuant les créances douteuses. Toute l'équipe de Droyes est mobilisée pour que la situation se redresse...

Les effectifs en septembre 2008

13 élèves en 4ème de l'enseignement agricole, 16 élèves en 3ème, 26 élèves en seconde professionnelle, 28 élèves en terminale BEPA, 21 élèves en 1ère Bac Pro et 19 élèves en terminale Bac Pro... ils étaient 123 à faire la rentrée 2008 au lycée agricole privé de Droyes soit une hausse de 20 % par rapport à l'année précédente.
Cette augmentation des effectifs en formation initiale touche la classe de 4ème et 3ème de l'enseignement agricole ainsi que les classes de la filière cheval. Cependant, la filière de la production végétale reste en souffrance du fait d'une baisse de la démographie champardennaise mais aussi d'un système éducatif général encore frileux pour démontrer l'intérêt de l'enseignement agricole auprès des familles et des jeunes.
Pourtant, 9 milliards d'êtres humains en 2 050 à nourrir et générant ainsi un besoin en professionnels important... De plus, certaines familles en ont une vision « extrêmement restrictive et plutôt négative » comme si l'enseignement agricole était réduit à la finalité de former au métier d'agriculteur et ou d'éleveur. L'enseignement agricole reste en grande partie « l'oublié » du système d'orientation.
Rappel des taux de réussite : 77 % au brevet des collèges, 82 % au Bepa et 100 % au Bac Pro !

Les encouragements de Bruno Sido

Venu en tant que parent d'élève et après avoir félicité son épouse pour son entrée au conseil d'administration, Bruno Sido, sénateur et président du Conseil Général, a confié aux personnes présentes que les problèmes financiers que connaît le lycée ne sont pas vraiment un problème.
Pour lui, il est toujours possible de redresser la situation. Il assure le lycée du soutien des collectivités qui l'entourent. « Nous avons besoin des lycées agricoles privés car l'enseignement général ne sait pas accueillir tous les enfants. Certains ont des problèmes d'adaptation et ils trouvent ici une formule pour réussir. Vous tirez le meilleur des jeunes ».
Bruno Sido parle du devoir de maintenir et de favoriser ces établissements : « il faut rester dynamique et enthousiaste et ne pas sombrer dans le pessimisme ambiant ». Il conclut : « en s'adaptant, l'enseignement agricole privé a toute sa place dans la palette de l'enseignement en France».

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