L'Avenir Agricole et Rural 13 décembre 2018 à 09h00 | Par L'Avenir Agricole et Rural

ENSEIGNEMENT : LA LANGUE DES SIGNES PREND LA PAROLE À LA MFR

Dans le cadre de leur scolarité à la Maison Familiale et Rurale de Doulaincourt, les élèves de Seconde Bac Professionnel Services Aux Personnes et Aux Territoires apprennent la Langue des Signes Française. A l’initiative d’une de leur camarade, ce projet a séduit tous les membres de la classe, pleinement conscients de l’importance de maitriser ce langage pour leur avenir professionnel.

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Emilie est à l’initiative des cours de langue des signes dispensés à la MFR de Doulaincourt.
Emilie est à l’initiative des cours de langue des signes dispensés à la MFR de Doulaincourt. - © EMILIE MICHEL

Exprimer une émotion, un besoin, un avis, un état ou une question : une tâche qui peut sembler simple de prime abord. Mais comment communiquer lorsque l’on est privé de l’audition et de la parole ? C’est pour pallier à cette problématique que la Langue des Signes Française a été créée.

 

Comme n’importe quelle autre langue vivante, elle s’apprend et se parle, que l’on soit entendant ou non. C’est le cas des élèves de Seconde de la Maison Familiale et Rurale de Doulaincourt, qui s’initient à la Langue des Signes Française dans le cadre de leur programme scolaire.

 

Pour ce faire, elles peuvent compter sur le dynamisme de Sophie DRIEUX-DERVAUX, animatrice au sein de l’association Langres Signes. «Nous proposons des cours destinés à tout le monde ! C’est un plus de pouvoir communiquer avec des personnes malentendantes, et c’est pour cela que nous œuvrons à la promotion de cette langue pleine de vie», déclare-t-elle.

 

Apprendre à s’exprimer sans la parole

Dans la salle de classe, il règne en effet une atmosphère joyeuse lorsque les élèves se mettent à signer, tantôt une comptine, tantôt l’alphabet. «C’est très visuel ! On utilise beaucoup le mime et les expressions du visage. Et parfois, on épelle complètement un mot, comme notre prénom par exemple», explique Noëlla.

 

Peu à peu, les gestes se font plus fluides, les jeunes filles prennent de l’assurance et laissent s’exprimer leur énergie au service de ce nouvel apprentissage. Le tout sous le regard bienveillant de Christine BESANCON, la directrice de l’établissement : «Au bout de seulement quelques séances, je trouve les élèves particulièrement motivées et investies. Nous sommes fiers de leur proposer cette compétence complémentaire, qui leur servira dans leur future vie professionnelle. En outre, la langue des signes est un formidable vecteur d’ouverture aux autres, qui permet de mettre de côté la différence au profit de la communication».

 

Une compétence en plus pour le service à la personne

Pour ces jeunes filles qui se destinent à travailler dans le service à la personne, maîtriser ce type de langage est en effet un réel atout, que ce soit pour la petite enfance, les personnes handicapées ou âgées.

 

«Nous sommes en train d’apprendre le Baby Signe, qui permet de communiquer avec de très jeunes enfants, pas forcément sourds ou malentendants. Notre animatrice nous a expliqué que les enfants sont capables de communiquer par gestes, bien avant de pouvoir le faire oralement», raconte Inès.

 

«En effet, l’utilisation de gestes issus de la Langue des Signes Française permet aux enfants “préverbaux” de disposer rapidement d’un large vocabulaire pour s’exprimer et être mieux compris de leur entourage en attendant que la parole se mette en place», précise Sophie DRIEUX-DERVAUX.

 

«De même, nous saurons comment réagir face à des personnes âgées qui perdent peu à peu l’audition. Ce qui sera très pratique si nous souhaitons travailler en EHPAD», ajoute Laura.

 

Une élève à l’initiative du projet

Un joli projet qui n’aurait pas vu le jour sans l’initiative d’une élève en particulier, Emilie. Touchée par un petit garçon de quatre ans, rencontré lors d’un stage en immersion professionnelle dans une école maternelle, elle découvre la langue des signes.

 

«C’était l’année dernière, en classe de Troisième. Ce petit garçon n’entendait rien du tout, même avec ses appareils auditifs. Au début, j’étais très malheureuse pour lui. Et puis, petit à petit, j’ai appris à communiquer avec lui, avec des gestes. Parler avec ce petit garçon en langue des signes est une expérience humaine très forte. C’est un peu comme si je me mettais à sa place : oublier les mots pour laisser s’exprimer une autre forme de communication», explique-t-elle. Une véritable révélation pour l’adolescente, qui s’inscrit peu après à des cours de Langue des Signes Française. Avant de proposer aux membres de sa classe d’apprendre elles aussi ce nouveau langage.

 

«Les filles ont tout de suite adhéré à ce projet, confirme Christine BESANCON. Les cours se sont mis en place dès la rentrée et tout le monde s’implique à fond !»

 

Volontaires et engagées dans cette démarche d’ouverture sur le monde, elles sont porteuses d’un message de tolérance et d’altruisme, propre à la philosophie des Maisons Familiales et Rurales.

 

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