L'Avenir Agricole et Rural 12 avril 2007 à 00h00 | Par F.Thevenin

ENERGIE - DU BOIS ENERGIE AUX BIOENERGIES

La 4ème réunion du comité de pilotage de la mission Bois Energie 52 a eu lieu à la Maison de l’Agriculture, en présence de l’ensemble des structures et institutionnels liés à cette mission.

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La première mission Bois Energie 52 s’est terminée en juin 2006, avec le départ de son animateur, Sylvain Villar. Depuis, il a été remplacé par Christelle Boiget et du fait de l’évolution des demandes et des recherches dans ce domaine, la mission s’est élargie à d’autres problématiques. Du coup, avec l’accord et le financement de l’Ademe et du Conseil Régional, elle a changé de nom pour Mission Bioénergies.
Pour Jean-Louis Courtoux, président de la Chambre d’Agriculture, «en 4 ans, le parcours est impressionnant» avec un cours du pétrole élevé, le fort développement des énergies renouvelables et la hausse du prix du bois après les effets de la tempête. De plus, les projets de biocarburants de deuxième génération se développent.
Le tout est appréciable pour le monde agricole mais peut créer des tensions sur la matière première «bois» en asséchant le marché et en déstabilisant  la filière.
Jean-Louis Courtoux insiste sur le fait que le bois énergétique doit rester un sous-produit et qu’en cas de problèmes de ressources, l’agriculture sera directement touchée. La mission Bioénergies s’intéresse donc à ces données et à la biomasse en générale afin de gérer le sujet de manière générale. L’Ademe et la Région sont d’ailleurs dans cette logique puisque leur budget est passé, pour le contrat 2007/2013, à 26 millions d’euros au lieu des 17 du précédent plan. Face à la demande grandissante, ces financeurs seront plus exigeants sur la qualité des projets et sur leur rendement.

Bilan Bois Energie

En attendant ce nouveau plan et cette nouvelle donne, Christelle Boiget a effectué un bilan de la mission Bois Energie sur les 20 derniers mois. Les animations et visites ont été multiples, de l’inauguration de la chaufferie de Prangey au forum de l’environnement du lycée agricole de Choignes. Au total, plus de 3 500 personnes ont été «touchées» et sensibilisées avec, comme plus grand succès, la foire Bois et Energie qui a comptabilisé plus de 2 000 entrées.
Au-delà des animations, la mission s’occupe également de l’accompagnement des projets. Ils concernent des particuliers à Vaux-sur-Blaise, Essey-les-Ponts, Frécourt… ou des communes comme Leurville et des institutions comme le 61ème RA de Semoutiers.
Côté approvisionnement, la filière se développe en dehors du département et dans le département avec le Comptoir des bois, la société Bougueret, Entrin52, les Ateliers du Viaduc, Emmaüs, Champ Rouget BE, Nicolas Bienfait et ONF Energie.
Durant ces 20 mois, les installations de chaufferies sont nombreuses pour un total de 2 365 kW : le collège et lycée de Fayl Billot (750 kW), la Grange du Relais à Colombey (100 kW), des particuliers à Aulnoy-sur-Aube, à Poinson-les-Granges, à Villars-en-Azois ou à Dommarien, la scierie Arbot et la fromagerie Remillet à Genévrières.

Opportunités pour
le développement
du bois énergie

Pour l’avenir, le développement des Bioénergies passe par des partenariats. Par exemple, l’Ademe et la FNCofor (Fédération nationale des communes forestières) prévoient la mise en place, en France, de 1 000 chaufferies bois en milieu rural entre 2007 et 2012, soit 500 MW, 80 000 TEP substituées et 3 millions de tonnes de CO2 évitées.
Autre engagement : celui de la Caisse des Dépôts et Consignations avec des projets domestiques de réduction des émissions de CO2. L’objectif est de capter les émissions diffuses de gaz qui ne sont pas prises en compte dans le transport, l’industrie ou encore l’agriculture.
EDF s’occupe également de la maîtrise de la demande énergétique en Meuse et en Haute-Marne qui deviennent, ainsi des départements pilotes. L’entreprise propose trois offres ; l’une pour les propriétaires occupants avec des prêts à taux zéro pour les vitrages performants, les isolations, les chaudières à condensation, les poêles et chaudières bois ; une autre pour le logement social et une dernière pour le patrimoine des collectivités locales.

Perspectives de
développement

Afin de pérenniser les Bioénergies, il est essentiel, pour la mission, de conforter les approvisionnements en énergie. De multiples projets naissent en Haute-Marne et dans les départements limitrophes. Ils viennent de particuliers (500 tonnes), de collectivités (4 000 à 5 000 tonnes) ou d’industries comme Bongrain et Farm’frites. Des appels à projets sont également lancés dans des domaines différents comme la gazéification du bois ou les biocarburants de deuxième génération.
Ces filières d’approvisionnement se font à différentes échelles (industrielle, intermédiaire ou locale) et il est très important de les sécuriser en diversifiant le type de ressource (forêt publique ou privée, industrie de première ou deuxième transformation, bois de rebut…) et en multipliant les plates-formes de stockage comme des stockages «tampon» ou des plates-formes collectives qui permettent de sécuriser l’approvisionnement d’une chaufferie en projet, de capter les gisements diffus de petits bois, d’assurer une source d’appro sur un territoire et de créer une dynamique pour l’installation de chaufferies bois.

Le bilan du plan Bois Energie 2000/2006
est le suivant…

En France :

- 1 400 chaufferies collectives pour 300 000 TEP (tonnes équivalent pétrole) et 670 MW
- 450 chaufferies industrielles pour 700 MW
- 60 sociétés bois et 300 organismes professionnels impliqués
- Objectif : doublé le bois énergie d’ici 2010

En Champagne Ardenne :

- 76 installations de chaufferies automatiques au bois dont 37 dans l’industrie et 39 dans le collectif et tertiaire
- 187 MW de puissance totale
- 288 000 tonnes de bois consommées par an
- 63 000 tonnes de CO2 économisés par an

En Haute-Marne :

- 25 installations de chaufferies
- 14 244 tonnes de bois consommés par an

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